Vincent Macaigne : 5 ans plus tard, il retrouve le réalisateur de l'un de ses meilleurs films
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Cinq ans après "Médecin de nuit", Vincent Macaigne revient devant la caméra d'Elie Wajeman grâce à "Comète", drame choral situé dans les rues d'un quartier de Paris.

Ça parle de quoi ?

Alors qu’une comète traverse le ciel de Paris, des destins se croisent dans une ronde mystérieuse. Deux amis sillonnent la ville et font le point sur leur vie. Une jeune femme retrouve un père qu’elle n’attendait plus. Une autre vend de la drogue pour le compte de son frère. Ailleurs, deux êtres hantés par la mort se rencontrent. Pendant ce temps, des comédiens répètent une pièce qui fait étrangement écho à ces existences. Une fresque sur les rencontres inattendues et les hasards qui tissent nos vies.

Comète
Comète
Sortie : 15 juillet 2026 | 1h 37min
De Élie Wajeman
Avec Vincent Macaigne, Sandor Funtek, Alexia Chardard
Presse
2,9
Spectateurs
3,8
Séances (89)

Cosmique de répétition

En 2021, Elie Wajeman dirigeait Vincent Macaigne dans les rues de Paris et lui offrait l'un de ses meilleurs rôles avec Médecin de nuit. Cinq ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence. Un peu. Car l'acteur et le réalisateur se retrouvent en effet, pour un nouveau drame en forme de portrait de la capitale française, mais Comète se limite à un quartier, celui de la Gare du Nord dont les rails font office de point de fuite dans l'un des décors de ce récit choral.

C'est aussi là que réside l'une des différences majeures entre les troisième et quatrième long métrage du cinéaste, puisque Vincent Macaigne est plus secondaire dans Comète, où s'entremêlent plusieurs destins sur un laps de temps très court, celui pendant lequel l'astre du titre, symbole de la fugacité de la vie et de la façon dont les chemins se croisent et s'éloignent, est visible dans le ciel parisien.

"Une comète dans le ciel fait que tous les regards se dirigent vers le même point"

"J’aime ce mot. J’aime ce titre", dit Elie Wajeman dans le dossier de presse. "Je savais qu’un élément cosmique allait réunir toutes ces histoires. Ça donnait du poids aux récits. Une idée existentielle des choses. Pas un film 'parisien' mais un film sur une grande ville sous le ciel cosmique. Et puis une comète dans le ciel fait que tous les regards se dirigent vers le même point. C’est beau et simple. On regarde dans la même direction. Une union entre les êtres." Parmi eux : un homme qui retrouve un ami sorti d'un institut psychiatrique, une thérapeute et l'un de ses patients, hanté par la mort comme elle, un fantôme, ou encore une troupe de théâtre, au travail sur une pièce dont le choix n'est pas anodin.

Dulac Distribution

Citant Vanya, 42è rue de Louis Malle comme influence majeure (avec le cinéma de John Cassavetes), Elie Wajeman utilise en effet "Trois soeurs" d'Anton Tchekhov comme le reflet des joies, des peines et des rêves des personnages qui l'incarnent, dans ce segment qui constitue le coeur de sa fiction où le liens se font, se défont et/ou se révèlent au fil des minutes. On pense aussi à "La Ronde" d'Arthur Schnitzler, brillamment adapté par Max Ophüls en 1950, à ceci près que le mouvement du récit n'est pas circulaire mais droit et filant, comme la queue de la comète du titre.

Un opus en forme de balade aux accents dramatiques, cosmiques et métaphysiques, mais humains avant tout, grâce auquel Elie Wajeman confirme son aptitude à faire vivre ses personnages en même temps que les rues de Paris devant sa caméra.

Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.