Notre-Dame brûle, diffusé ce soir sur TF1, est mis en scène par Jean-Jacques Annaud. Le film reconstitue heure par heure l’invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019.
Ce jour-là, la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Pour sauver le monument, des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque.
Une reconstitution minutieuse
Pour parvenir à mettre en boîte cette histoire de la manière la réaliste possible, Jean-Jacques Annaud et son équipe ont effectué un travail monumental.
Réalisé avec l'ambition d'une fresque spectaculaire, Notre-Dame brûle place le célèbre édifice en tant que rôle principal. Ainsi, Jean-Jacques Annaud pu tourner quelques scènes à l’intérieur mais il a surtout fallu reconstruire à l’identique une partie de la cathédrale en studio.
D'après le cinéaste, le bâtiment restait inaccessible par l’omniprésence de plomb et des risques d’effondrement. "Mais de toute façon, il fallait noyer l’édifice dans la fumée, recouvrir le sol de cendres et de poussière, y faire chuter des tonnes de poutres enflammées, inonder le dallage", explique-t-il dans le dossier de presse.
L'équipe a tout reconstruit à l’identique. Elle a ensuite mis le feu aux décors avec des centaines de tuyères.
"Nous avons reconstruit en studio à l’échelle 1, une grande partie de la nef, les escaliers en colimaçon, les coursives extérieures et la charpente du transept Nord, et l’intérieur du colossal beffroi des cloches de la scène finale. Bref tous ces lieux emblématiques de Notre-Dame qui ont été au coeur de la catastrophe et qu’il fallait absolument montrer avant et pendant l’incendie", confie Jean-Jacques Annaud.
Pathé
La séquence la plus dure à tourner
Une des scènes les plus compliquées à tourner pour le réalisateur a été l'effondrement de la voûte sous le poids de la flèche qui bascule. "C'est vraiment un moment tout à fait dangereux parce qu'on a quand même une surface de je ne sais pas combien de centaines de mètres carrés qui tombent en flammes. Et ça bouffe tout l'oxygène du plateau", souligne le cinéaste.
Vous pouvez avoir un aperçu de cette séquence dans la vidéo ci-dessus, dans laquelle Jean-Jacques Annaud évoque les difficultés inhérentes au tournage de ce genre de séquence périlleuse et très coûteuse.
"Ceux qui restent sur le plateau sont obligés d'avoir un scaphandre quasiment. C'est des scènes qu'on a beaucoup répétées et ça s'est très bien passé. On a évidemment dû la faire en une prise. Si j'avais eu à en faire une autre, je prenais une semaine dans les dents", précise le metteur en scène.
Pour le papa de L'Ours, ce genre de prise est magique : "Au moment de dire action, de donner le top départ à tous les effets spéciaux, ce décor, qui semblait tout simple, sur un ciel calme, se transforme en brasier avec des flammes gigantesques. D'un seul coup il y a une magie et une force sur le plateau", affirme-t-il.
Le réalisateur souligne qu'il s’agissait d’une reconstitution totale puisqu’aucune caméra de surveillance, inexistantes à Notre- Dame, n’a enregistré ce moment. "Les pompiers eux-mêmes, en sous-effectif de leur service audiovisuel ce jour-là, n’ont aucune image de cette scène capitale", révèle-t-il.
Dans la réalité, la voûte est tombée d’une hauteur de 40 mètres, déversant 500 tonnes de poutres enflammées, de mortier et de pierres sur le dallage de la cathédrale. "Cette séquence dure environ 1 minute 30 à l’écran mais elle nous a demandé des semaines de préparation !"
Pour ne pas avoir à refaire cette prise capitale, Jean-Jacques Annaud a tourné avec une douzaine de caméras en simultané, sous des angles différents, certaines étant au milieu du brasier, protégées par ce qu'on appelle des crash box, des boîtes en métal ultra résistantes au choc et à la chaleur.
"Pas une seule de ces caméras ne nous a fait défaut ! En revanche, la puissance du feu a en partie fait cramer le plafond du studio : heureusement nous étions bien assurés", confie le cinéaste.
Pathé
Des décors gigantesques
Pour le travail de construction des décors et des lieux de tournage en studio, Jean-Jacques Annaud et son équipe ont dû trouver les lieux adéquats. Ils avaient besoin de plateaux suffisamment vastes pour accueillir des décors de 25 ou 30 mètres de haut, qui seraient en plus pour la plupart totalement brûlés !
"Nous voulions absolument tourner en France mais le fait est que pas un seul studio n’a les infrastructures nécessaires à ce projet. Deux choix se sont offerts à nous : La cité du Cinéma de Saint-Denis, et Bry-sur- Marne. À Saint-Denis, nous avons tourné en intérieur et à Bry, sur le « back lot » comme on dit, un vaste espace en extérieur", se souvient le réalisateur.
L'équipe du film a aussi eu besoin d'ateliers de menuiserie, de ferronnerie, de sculpture, de moulage de plâtres, etc. Annaud a réussi à obtenir le minimum d’espace vital pour son film en termes d’infrastructures. À la Cité du Cinéma, il a pu compter sur l’expérience des équipes techniques, qui ont l’habitude de ce genre de productions.
"J’ai également bénéficié de l’extraordinaire savoir-faire de Jean Rabasse, chef décorateur exceptionnel. Jean a travaillé sur plusieurs films de Jean-Pierre Jeunet mais également pour Bernardo Bertolucci ou Roman Polanski."
"Nos premières discussions ont été passionnantes et productives. Au-delà de toutes ces difficultés, je gardais en tête l’esprit de ce projet : il fallait le tourner au bon endroit. Là où Notre-Dame a été pensée, sculptée, bâtie. Donc en France", martèle le cinéaste.
Pour superviser la construction des décors, la team de Jean-Jacques Annaud a installé des bureaux de production à la Cité du Cinéma, sur la surface d’un étage. Dessins, maquettes, modélisations 3D, le cinéaste a demandé que l’on reproduise plusieurs versions réduites de Notre-Dame ou de son beffroi, à la manière de jeux de construction en carton ou en bois.