Le réel a toujours inspiré Paul Greengrass. Même lorsqu'il signe des thrillers d'action comme ceux de la saga Jason Bourne, cet ancien journaliste et documentariste privilégie une approche réaliste. Et si l'Histoire récente a longtemps été l'un de ses centres d'intérêt (Bloody Sunday, Vol 93, Captain Phillips...), il hésite de moins en moins à remonter plus loin dans le temps : quelques années après la Guerre de Sécession dans La Mission, ou en 1381 dans The Uprising, le film qui nous intéresse aujourd'hui.
Attendu le 11 septembre dans les salles américaines, après un passage que l'on image très probable sur le Lido, à l'occasion de la 83ème Mostra de Venise qui se tiendra quelques jours avant, ce drame historique raconte la révolte de paysans anglais contre le roi Richard II. Et plus précisément le destin de leur leader, un fermier à qui Matthew McConaughey, héros de The Lost Bus du même Paul Greengrass, devait prêter ses traits avant d'être remplacé par Andrew Garfield.
Regarder le passé pour faire écho au présent
Et c'est l'acteur anglais, attendu dans le biopic Artificial sur le fondateur d'OpenAI, que l'on retrouve au coeur de la bande-annonce intense, qui nous fait comprendre pourquoi le long métrage devait initialement s'appeler The Rage, tant la colère des paysans habite ces images, qui ne sont pas sans faire penser à Bloody Sunday, récit par Paul Greengrass de l'affrontement entre des manifestants pacifiques irlandais et les forces de l'ordre britanniques, qui ont fait treize morts le 30 janvier 1972.
Alors que la révolte gronde un peu partout dans le monde, le metteur en scène pourrait revenir un peu moins de sept siècles en arrière pour faire écho à notre présent, tout en nous immergeant dans cet épisode historique assez peu connu en France. Si le résultat est à la hauteur des promesses de sa bande-annonce, The Uprising sera d'autant plus important qu'il s'agira du premier film de son auteur à sortir dans nos salles depuis Jason Bourne en 2016, même si sa date n'a pas encore été fixée.