Ça parle de quoi ?
Au cœur des terres reculées de l’Oklahoma rural, Amziah King, personnage charismatique au talent musical hors du commun, veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît soudainement, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.
Les moissons du miel
Cela faisait quelques années que Matthew McConaughey ne s'était plus illustré dans nos salles de cinéma : cinq si l'on prend en compte sa dernière apparition en chair et en os, dans The Beach Bum d'Harmony Korine qui était sorti le 22 juin 2021 ; deux si l'on considère aussi ses prestations vocales, et le fait que c'était lui qui incarnait Cowboypool dans Deadpool & Wolverine, en juillet 2024. Quoiqu'il en soit, Oklahoma Honey marque le retour de l'acteur oscarisé pour Dallas Buyers Club au premier plan, et ça valait le coup d'attendre.
Révélé en 2020 par The Vast of Night, pépite de science-fiction minimaliste digne de La Quatrième dimension dans laquelle deux personnages enquêtaient sur des mystérieux signaux radio qu'ils pensaient être d'origine extra-terrestre, dans un village du Nouveau-Mexique pendant les années 50, Andrew Patterson monte en gamme et change de registre avec son second long métrage. Mais il garde cette notion de communauté qu'il travaille dès les premières minutes, musicales et inattendues, qui prouvent qu'il sait toujours aussi bien installer une ambiance.
Metropolitan FilmExport
Le synopsis que vous avez pu lire un peu plus haut n'est cependant pas mensonger, car il résume bien l'intrigue d'Oklahoma Honey et donne des indications à celles et ceux qui en prendront connaissance avant de découvrir le long métrage. Les autres pourront en revanche se laisser porter, par la voix de Matthew McConaughey dans un premier temps, puis les différents segments qui s'enchaînent, tantôt triviaux, tantôt dramatiques, avant un retournement de situation qui lance la seconde partie, un peu plus classique, et dans laquelle brille la révélation Angelina LookingGlass, face notamment à Kurt Russell.
Banjo tristesse
Voir des apiculteurs jouer du banjo dans l'Amérique profonde n'était pas dans notre bingo cinéma 2026, mais c'est pourtant ce que nous offre, entre autres réjouissances, ce long métrage qui commence par sortir des sentiers battus, une heure durant, pour mieux nous attacher à ses personnages. Et, aussi improbable que cela puisse être sur le papier, l'entreprise fonctionne à tel point que l'on a l'impression de faire partie de cette communauté et de ce monde, comme un rappel du pouvoir qu'a le cinéma de nous faire voyager depuis notre fauteuil.
Si Matthew McConaughey n'avait plus rien à prouver, Andrew Patterson confirme le talent vu dans The Vast of Night, et on espère désormais qu'il ne faudra pas attendre six ans pour le revoir au cinéma, tout en étant impatients de savoir où il nous emmènera avec son troisième long métrage. En termes de genre, de lieu et d'ambiance.