En 1962, le réalisateur Yves Robert nous offrait ce qui allait devenir un grand classique du cinéma français : La Guerres des boutons. Vu en salles par 10 millions de spectateurs, le film nous entraîne dans un petit village français, où deux bandes de garçons, les Longeverne et les Velrans, se livrent une guerre sans merci.
Leurs affrontements commencent souvent à coups de pierres, de bâtons et de cris. Les enfants ont surtout pour objectif de faire prisonniers leurs adversaires et de leur voler leurs boutons. En effet, perdre ses boutons signifie rentrer chez soi avec ses vêtements abîmés et risquer une sévère punition.
Lebrac, le chef des Longeverne, organise ses camarades et invente différentes stratégies pour vaincre les Velrans. Mais cette guerre provoque de nombreux problèmes avec les parents et les adultes du village. Les garçons cherchent alors des moyens de continuer leurs batailles tout en évitant de se faire prendre.
Peu à peu, leur rivalité devient de plus en plus importante et les entraîne dans des situations amusantes et parfois compliquées. Le film montre ainsi l’enfance, l’amitié et la rivalité avec beaucoup d’humour. À travers cette "guerre des boutons", Yves Robert raconte avec tendresse les aventures et les bêtises de ces enfants.
Malavida
Une expression passée dans le langage courant
Et si cette oeuvre est passée à la postérité, elle le doit en partie à une réplique devenue légendaire, prononcée par le personnage culte de Petit Gibus, incarné par Martin Lartigue. Le garçon prononce cette phrase à plusieurs reprises dans le film.
En effet, après une nouvelle bataille, Petit Gibus se retrouve souvent dans une situation difficile et regrette d’avoir participé à cette aventure. Il déclame alors cette réplique mythique : "Si j'aurais su, j'aurais pas venu." La faute de grammaire rend cette expression particulièrement drôle et mémorable.
Si j'aurais su, j'aurais pas venu.
Elle revient comme une sorte de phrase-signature du personnage de Petit Gibus, notamment lorsqu’il regrette les conséquences des batailles entre les deux bandes. La formule est devenue culte justement parce qu’elle est répétée et qu’elle résume bien son côté naïf, peureux et amusant.
Elle résume parfaitement l’esprit du long-métrage, avec ces enfants qui se lancent dans des aventures comme s’il s’agissait d’une vraie guerre, mais qui finissent parfois par regretter leurs bêtises.
L'origine de la réplique culte
Inventée par Yves Robert et son co-scénariste François Boyer, cette réplique mémorable ne figurait pas dans le roman dont est tiré le film, écrit par Louis Pergaud en 1913.
Fun fact : Il s’agit en réalité de la reprise d’une réplique publiée en 1939 dans la rubrique "Une heure dix avec…" du numéro 61 de L’Os à moelle, le célèbre magazine satirique fondé par l’humoriste Pierre Dac avant la Seconde Guerre mondiale.
À l’époque, Pierre Dac reprenait lui-même une phrase imaginée plusieurs décennies auparavant par le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux. Lors de la sortie, en 2011, des deux remakes de La Guerre des boutons, réalisés respectivement par Yann Samuell et Christophe Barratier, on a pu constater que cette réplique mythique n’avait pas été reprise.
En effet, Danièle Delorme, actrice, productrice et veuve d’Yves Robert, ainsi que coproductrice de la version de 1962, était farouchement opposée à l’idée d’un remake du film de son mari. Elle avait donc interdit aux réalisateurs des deux nouvelles adaptations d’utiliser à nouveau cette phrase culte.
Avait-elle raison, avait-elle tort ? Quoi qu'il en soit, cette formule est depuis passée dans le langage courant, et (presque) tout le monde a la référence quand on prononce ces quelques mots magiques.