4 ans après La Nuit du 12, Anouk Grinberg brille dans un nouveau film sur les violences faites aux femmes
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Premier long métrage réalisé par Rémi Bassaler, "La Dernière patiente" met en scène Anouk Grinberg dans le rôle d'un médecin à la veille de la retraite, qui décide d'aider une femme enceinte manquant de soins.

Ça parle de quoi ?

La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d'héberger la jeune femme et s'engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l’épreuve.

La Dernière patiente
La Dernière patiente
Sortie : 2 septembre 2026 | 1h 20min
De Rémi Bassaler
Avec Anouk Grinberg, Luàna Bajrami, Félix Lefebvre
Presse
3,0
Spectateurs
3,6
Séances (303)

La patiente française

Ce n'est pas nouveau : un acteur ou une actrice porte un bagage. Une personnalité filmique composée, à la fois, de rôles précédents et de ce qu'il ou elle est en-dehors de plateaux, capable de nourrir un nouveau personnage. La notion de contre-emploi repose quasi-intégralement là-dessus, et cela permet à certains comédiens de s'approcher du statut d'auteur, grâce à la récurrence des hommes et femmes qu'ils incarnent, et des thèmes qu'ils abordent à travers eux.

Et Anouk Grinberg nous en offre aujourd'hui un nouvel exemple. Sur le papier, La Dernière patiente semble vouloir se pencher sur l'état du système de santé français avec cette histoire de médecin de banlieue qui, à la veille de sa retraite, prend sous son aile une femme enceinte qui ne bénéficie plus d'aucun suivi. Si le récit prend d'abord la direction attendue, il dévie ensuite pour parler de sororité et de violences faites aux femmes, qui s'exprime sous plusieurs formes, entre la futur exclusion de l'appartement dans lequel excerce Judith, amené à être démoli, ou les agissements du compagnon d'Aïda, joué par Félix Lefebvre.

Tandem Films

Sur ce plan, et comme il le reconnaît dans le dossier de presse, La Dernière patiente fait écho au documentaire réalisé par Rémi Bassaler pendant le développement de ce premier long métrage, où il était question d'une association cherchant de nouvelle manières de réinsérer d'anciens détenus aux profils particulièrement difficiles. Et s'il affirme s'être en partie inspiré de sa mère, qui a été infirmière en Corrèze, pour lui donner vie dans le scénario, le fait de la voir jouée par Anouk Grinberg élève le personnage de Judith.

Car on pense notamment à son rôle, court mais marquant, dans La Nuit du 12, autre film consacré aux violences faites aux femmes, sujet dont elle est encore plus devenue un visage et une voix en France au moment de la sortie de son livre "Respect", en avril 2025, grâce auquel elle affirmait vouloir libérer la parole, et notamment dans le milieu du cinéma. La voir dans ce rôle, aujourd'hui, va donc au-delà de la volonté de représentation affichée par le cinéaste, qui rappelle que peu de fictions mettent en avant des personnages féminins de plus de 50 ans, s'inscrit donc dans la continuité de ce rôle qu'elle tient à l'écran et en-dehors.

"Faire le portrait d’une médecin de 62 ans c’est aussi une manière de combler un manque représentationnel"

Et cela donne encore plus de force à ce film qui réussit à ne pas tomber dans les stéréotypes, en ce qui concerne les personnages de Judith et Aïda (la toujours très juste Luana Bajrami) que l'égalité qui prédomine dans leur relation. Gageons ainsi que cette Dernière patiente sera la première d'une série de réalisations pour Rémi Bassaler.

Maximilien Pierrette
Maximilien Pierrette
-Rédacteur cinéma
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.
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