"Je ne suis pas d’accord" : cela va en surprendre plus d'un mais Stephen King préfère ce remake au thriller d'action original
par Aude Mackau
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On l’associe aux récits les plus effrayants, mais Stephen King réserve son admiration suprême à un thriller d’aventure. Un choix surprenant d’autant plus que l’écrivain préfère cette version au célèbre classique français dont elle reprend l’histoire.

Quel long-métrage pourrait occuper la première place dans le cœur de Stephen King ? Sa réputation inviterait à chercher du côté des histoires de fantômes, des monstres ou des maisons hantées. Pourtant, l’auteur de Shining et de Ça a réservé cet honneur à un film dont le danger tient dans un chargement de nitroglycérine : Sorcerer, également connu sous le titre Le Convoi de la peur.

Sorti en 1977, ce thriller de William Friedkin reprend une histoire déjà portée à l’écran par Henri-Georges Clouzot dans Le Salaire de la peur. Une comparaison que le romancier assume pleinement, quitte à contrarier les admirateurs du classique français.

Sorcerer
Sorcerer
Sortie : novembre 1978 | 2h 01min
De William Friedkin
Avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal
Spectateurs
4,2

Stephen King donne l’avantage à Friedkin

Invité par le British Film Institute à présenter une sélection de films en septembre 2017, Stephen King avait annoncé sa préférence avec une franchise désarmante :

“Mon film préféré de tous les temps, cela vous surprendra peut-être, est Sorcerer, le remake de William Friedkin du Salaire de la Peur du grand Henri-Georges Clouzot. Certains diront peut-être que le film de Clouzot est meilleur : je ne suis pas d’accord.”

L’écrivain ne tourne pas pour autant le dos au cinéma de Clouzot. Juste après Sorcerer, il cite Les Diaboliques, sorti en 1955. Le réalisateur français conserve donc une place de choix dans ses goûts cinématographiques, même si King lui préfère Friedkin lorsqu’il s’agit de départager leurs deux versions du même récit.

Cette sélection rappelle combien les goûts du romancier dépassent le surnaturel. Depuis la publication de Carrie en 1974, ses livres ont nourri des adaptations aussi différentes que Misery et Stand by Me. Au cinéma comme dans ses écrits, la peur peut prendre de nombreux visages.

Un voyage où chaque secousse peut être fatale

Dans Sorcerer, quatre hommes de nationalités différentes, recherchés dans leur pays, se retrouvent en Amérique du Sud. Pour tenter d’échapper à leur situation, ils acceptent une mission extrêmement périlleuse : transporter de la nitroglycérine à travers la jungle.

Le trajet devient une succession d’épreuves au cours desquelles le moindre choc peut provoquer une catastrophe. Avec notamment Roy Scheider, Bruno Cremer et Francisco Rabal, William Friedkin fait de cette traversée une lutte éprouvante contre le terrain, l’épuisement et la peur. Le film affiche aujourd’hui une note spectateurs de 4,2 sur 5 sur AlloCiné.

À l’origine de cette aventure se trouve le roman Le Salaire de la peur, signé Georges Arnaud. Clouzot l’avait adapté en 1953 avec Yves Montand. Friedkin, lui, tenait à présenter son long-métrage comme une nouvelle lecture du livre plutôt que comme une reprise du film français.

Le film auquel Friedkin ne voulait rien changer

L’enthousiasme de Stephen King rejoint celui du cinéaste lui-même. Malgré une filmographie comprenant French Connection et L’Exorciste, Friedkin accordait une place à part à Sorcerer.

Dans un entretien pour Yahoo ! en 2014, il expliquait à quel point le résultat correspondait à ses intentions :

“J’adore le film. De tous les films que j’ai réalisés, c’est mon film préféré. C’est le seul film [...] où je ne changerais pas un seul plan. Et c’est le film qui se rapproche le plus de ma vision.”

Cette satisfaction artistique n’a pourtant pas empêché un lourd revers commercial lors de sa sortie. Longtemps resté dans l’ombre des succès de son réalisateur, Sorcerer a progressivement été redécouvert et défendu par des spectateurs séduits par son atmosphère et sa mise en scène.

L’histoire a depuis connu une autre version : en 2024, Netflix a proposé Le Salaire de la peur de Julien Leclercq, avec Franck Gastambide et Alban Lenoir. Directement rattachée au film de Clouzot, cette adaptation a reçu un accueil nettement moins favorable.

Pour découvrir le long-métrage que Stephen King place au-dessus de tous les autres, Sorcerer est proposé en DVD et Blu-ray. Le Salaire de la peur de 1953 est, quant à lui, disponible en VOD. De quoi se faire sa propre opinion sur les deux films.

Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
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