Revoir des films de Christopher Nolan au cinéma n'est pas la chose la plus compliquée du monde. Régulièrement, même sans qu'un nouvel opus ne sorte, ses longs métrages repassent par ces salles dont il est un fervent défenseur, qu'il s'agisse des classiques Interstellar ou Inception, de sa trilogie The Dark Knight ou même de Tenet, mal aimé à sa sortie mais dont la réhabilitation progressive est en cours.
Dans le même ordre d'idée, Memento y a également eu droit l'été dernier, peu avant que le cinéaste ne nous embarque dans son Odyssée, et Le Prestige viendra y fêter ses vingt ans dans quelques mois. Mais dire que tous ses films ont droit au même traitement serait exagéré : le remake d'Insomnia qui lui avait ouvert les portes de la Warner, est beaucoup plus rare dans nos salles, alors que Following, son premier long métrage, n'y est plus repassé depuis sa sortie, le 1er décembre 1999.
Mais ces vingt-cinq années d'absence seront bientôt de l'histoire ancienne : Motel et ESC vont en effet s'associer pour permettre à Following de faire son retour dans les salles françaises, où il est inédit depuis un quart de siècle maintenant. La ressortie est certes prévue le 14 juillet 2027, donc il va encore falloir s'armer de patience, mais cela n'en reste pas moins une bonne nouvelle.
Et une occasion de (re)découvrir, dans les meilleures conditions, un thriller dans lequel transparaît déjà l'amour de son auteur pour le film noir, ainsi que certaines de ses obsessions, à commencer par la manipulation ou le subjectivité, alors que le personnage principal joué par Jeremy Theobald (interprète principal du court Doodlebug de ce même Christopher Nolan, aperçu ensuite dans Batman Begins et Tenet) s'appelle Cobb... comme Leonardo DiCaprio dans Inception.
Les germes de l'une des filmographies les plus impressionnantes du XXIè siècle
Tourné sur un an, pendant les week-ends, Following ne possède pas le degré de perfection de certains des films suivants de son auteur, mais il faut office de brouillon de son oeuvre à venir, et c'est ce qui le rend aussi passionnant à découvrir rétrospectivement : parce qu'il vous met dans la peau du héros de Tenet lorsqu'il remonte le temps, et que vous pourrez y déceler les germes de l'une des filmographies les plus impressionnantes du XXIè siècle, qui a cumulé avec les sept Oscars reçus par Oppenheimer en 2024.
Rendez-vous le 14 juillet 2027 dans nos salles donc. Soit pile quatre mois après la 99ème cérémonie des Oscars, au cours de laquelle L'Odyssée pourrait offrir une ou plusieurs nouvelle(s) statuette(s) à son réalisateur.