Impossible d’imaginer la saga Rocky sans Sylvester Stallone. En 1976, l’acteur alors peu connu accède à la célébrité grâce à ce boxeur de Philadelphie dont il a lui-même imaginé l’histoire. Cinquante ans plus tard, Rocky Balboa demeure indissociable de son interprète, au même titre que John Rambo, autre personnage légendaire de sa filmographie.
Pourtant, derrière cette formidable réussite se cache un différend qui a profondément marqué la star hollywoodienne. Car si Stallone a donné naissance à Rocky, il n’a jamais obtenu la propriété de la franchise. Une situation qui a progressivement détérioré ses relations avec Irwin Winkler, producteur historique de la saga, et son fils David.
Des attaques particulièrement virulentes
Sylvester Stallone n’a jamais été du genre à garder ses opinions pour lui. En 2013, il avait notamment provoqué une polémique en traitant Bruce Willis de “cupide et paresseux”, après un désaccord concernant le salaire réclamé par l’acteur pour participer à Expendables 3. Mais ses déclarations à l’encontre de la famille Winkler ont été tout aussi cinglantes.
Dans une publication Instagram supprimée depuis, mais dont les propos ont été rapportés par le site Far Out en 2025, Stallone s’en était directement pris à David Winkler, notamment producteur de Rocky Balboa (2006) et Creed III (2023). Il l’avait alors décrit comme “douloureusement dépourvu de talent”, avant de réserver un jugement encore plus sévère à son père Irwin, qualifié de “remarquablement dépourvu de talent et parasitaire”.
Des mots particulièrement durs, qui témoignent de l’amertume accumulée par l’acteur au fil des décennies.
United Artists
Une franchise qui lui a échappé
À l’origine de cette colère se trouve une question de droits. Malgré son rôle essentiel dans la création et le succès de Rocky, Sylvester Stallone ne détient pas la propriété de l’univers cinématographique qu’il a contribué à bâtir.
Cette situation est devenue d’autant plus frustrante avec le développement de la franchise Creed, centrée sur Adonis Creed (Michael B. Jordan), le fils d’Apollo Creed (Carl Weathers). Après avoir repris son rôle de Rocky Balboa dans les deux premiers volets, Stallone était absent de Creed III, sorti en 2023, dont il avait également critiqué l’orientation artistique.
L’acteur estimait notamment que l’histoire de son personnage et de ses proches aurait pu se poursuivre autrement. Sur Instagram, il avait exprimé son ressentiment en ces termes :
“Sans Winkler, il y aurait eu au moins trois autres Rocky, ce qui aurait été formidable. Après plus de 47 ans de contrôle de Rocky par Irwin, et maintenant de Creed, j’aimerais vraiment récupérer au moins une petite partie de ce qui reste de mes droits.”
Warner Bros. Pictures
Un autre projet autour de Rocky au cœur des tensions
Le conflit avait également ressurgi autour d’un projet de film dérivé consacré à Ivan Drago, le redoutable adversaire soviétique de Rocky dans Rocky IV, interprété par Dolph Lundgren.
Ce spin-off, intitulé Drago, devait permettre d’explorer davantage l’histoire du personnage. Mais l’annonce de son développement avait suscité la colère de Stallone, qui reprochait notamment à Irwin Winkler de poursuivre l’exploitation de la franchise sans lui accorder la place qu’il estimait mériter.
L’acteur avait ainsi manifesté son opposition au projet, révélant une nouvelle fois l’ampleur de ses désaccords avec les producteurs historiques de la saga.
Sylvester Stallone a finalement renoncé à récupérer ses droits
Près de cinquante ans après la naissance de Rocky Balboa, le différend semble toutefois avoir pris une nouvelle tournure. Dans un article publié par Yahoo Finance en octobre 2026, Sylvester Stallone, désormais âgé de 80 ans, a reconnu avoir abandonné l’idée de récupérer les droits de sa célèbre franchise, malgré ses nombreuses tentatives.
Une révélation qui intervient à quelques semaines du cinquantième anniversaire de Rocky, tandis qu’Hollywood s’apprête à revenir sur les origines de ce phénomène cinématographique avec I Play Rocky, un film de Peter Farrelly dans lequel Anthony Ippolito incarne le jeune Stallone.
Amazon MGM Studios
Lors de la présentation du documentaire Sly au Festival de Toronto en 2023, ce dernier confiait déjà à Entertainment Tonight Canada (via NME) : “Je suis soufflé par la longévité de ma carrière.”
Une longévité exceptionnelle, certes, mais qui n’aura pas suffi à apaiser toutes les blessures laissées par les coulisses de son plus grand succès. Ironie de l’histoire : alors que Rocky continue de faire vivre une franchise dont son créateur ne possède pas les droits, c’est désormais la propre ascension hollywoodienne de Stallone qui s’apprête à être portée à l’écran.
Envie de retrouver Sylvester Stallone sur le ring ? Les six films de la saga Rocky, du premier opus sorti en 1976 à Rocky Balboa (2006), sont disponibles sur Prime Video. Quant à Creed, son premier volet est à retrouver sur Canal+. Les différents films sont également proposés en VOD. De quoi (re)découvrir l’une des sagas les plus emblématiques du cinéma !
(Re)découvrez les petits secrets du premier film dans la vidéo ci-dessous :