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    Pourquoi Faire l'amour sort 2 ans après ? Le réalisateur Djinn Carrenard répond
    Par Thomas Destouches — 3 févr. 2016 à 14:30
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    Près de deux ans après sa présentation au Festival de Cannes à la Semaine de la Critique, FLA - Faire l'Amour de Djinn Carrenard, le réalisateur de Donoma, sort en salles. AlloCiné a interrogé le cinéaste sur cette sortie "tardive"...

    ARP Sélection

    AlloCiné : Le film a été présenté à Cannes en 2014 et il sort en ce mois de février 2016. S'il n'est pas inhabituel qu'il y ait un délai entre la présentation en festival et la sortie publique, l'écart est particulièrement grand dans ce cas. Pourquoi a-t-il fallu attendre tant de temps avant de voir FLA ?

    Djinn Carrenard : Salomé Blechmans et moi-même avons pris du temps afin de remonter le film, nous avons organisé des projection-test, laissé décanter les images, nous avons demandé l'avis de collègues réalisateurs, remis toutes les scènes du film au mur. Ce temps a été nécessaire afin d'arriver à une version avec laquelle nous étions définitivement en accord.

    Quel a été votre état d'esprit durant ces deux années pendant lesquelles le film existait sans vraiment exister ?

    Ce n'était pas véritablement deux années, le film a été présenté en mai 2014, il devait sortir en novembre 2014 avec un précédent distributeur, et puis finalement nous avons décidé de le sortir nous-mêmes début 2015. Pendant cette année j'étais très concentré sur le film, et puis je pensais aussi à mes futurs projets. Je pourrais dire que j'étais dans un état d'esprit de transition, car Donoma et Faire l'amour sont un diptyque expérimental, un nouveau cinéma s'ouvre pour moi dorénavant.

    "Donoma" et "Faire l'amour" sont un diptyque expérimental, un nouveau cinéma s'ouvre pour moi dorénavant.

    Si je me réfère aux informations à l'époque de Cannes et celles fournies pour la sortie, la durée du film est passée de 2h45 à 1h59. Là encore, un "remontage" de film après une projection en festival n'est pas exceptionnel. Mais là les coupes semblent importantes. Quelles ont été les motivations pour des changements aussi drastiques ?

    J'aime bien expérimenter au cinéma. Pour Donoma, par exemple, j'avais fait 4 versions successives du film, la 4ème version avait été faite 2 jours avant la sortie en salles, alors même que le film avait déjà été visionné par la presse, qui l'avait aimé. Sur Donoma, j'avais été plus drastique, car j'avais même ajouté de nouveaux personnages entre les versions. J'ai été dans le même état d'esprit pour Faire l'amour : travailler mon oeuvre jusqu'à être complètement en accord avec ce que j'amène au public.

    A quel point le film est différent de celui présenté à Cannes ?

    Très différent. Il est plus concis, plus efficace, on y comprend aussi mieux mes intentions en tant que réalisateur. Je me suis rendu compte qu'il fallait sûrement être plus bref et didactique avec cette inhabituelle histoire d'amour qui met en scène un rappeur. J'ai décidé d'accompagner un peu plus mon public afin qu'il ne se perde pas dans cette vision pessimiste et urbaine de l'amour.

    La nouvelle version de Faire l'amour est très différente, plus concise, plus efficace.

    Après le succès (médiatique et critique) de "Donoma", tourné en mode "guérilla", "FLA" creusait ce même sillon, farouchement indépendant. Est-ce que vous pensez que, compte tenu de l'évolution de la distribution, des films de ce genre ont encore de l'avenir en salles ?

    Je pense que, tôt ou tard, le cinéma effectuera sa révolution numérique. Comme dans l'univers des réseaux sociaux, des VTC ou des locations de logement, je crois qu'il arrivera des protagonistes modernes qui créeront un nouveau modèle qui bousculera tout le système tel que nous le connaissons. L'avenir en salles des films "guérilla" (ndlr : des films faits avec une logique de production beaucoup plus libre que le cinéma "traditionnel") ne fait que commencer, car ils participent à la démocratisation du cinéma, cet univers tellement fermé que tellement de personnes veulent et doivent pénétrer.

    Est-ce que l'avenir de ces films passe par un autre mode de diffusion ou de distribution ? Via le e-cinéma ou la SVOD par exemple ?

    A l'heure actuelle, certains films sortent directement en DVD, cela ne dépend pas de leur budget ou de la façon dont ils ont été produits, mais de l'intérêt que l'on prête au public pour ces films. Je crois que Toy Story 2, par exemple, devait sortir directement en DVD. Ce sera la même chose pour les films "guérilla". De plus en plus de films seront créés, une promotion de plus en plus efficace sera mise sur pieds afin qu'ils atteignent leur public. A ce moment, il se produira un effet de décantation, certains films ne sortiront pas en salles, parmi eux il y aura des films "guérilla" et d'autres non.

    Tôt ou tard le cinéma effectuera sa révolution numérique.

    Quel est votre prochain projet ?

    Mon prochain projet c'est FYMO, une communauté qui promeut l'ouverture d'esprit. Je vais commencer par faire des courts métrages au sein de cette communauté, et par la suite tout ce que je créerai se fera dans le cadre de cette communauté.

    "Faire  l'amour" sort en salles ce mercredi 3 février...

    Faire l'Amour Bande-annonce VF

     

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