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    Les Nuits fauves sur Ciné+ Club : retour sur Cyril Collard et son film emblématique des années SIDA
    30 sept. 2018 à 22:00
    Laurent Schenck
    Laurent Schenck
    -Journaliste rédacteur base de données
    Passionné par les films qui traitent de la criminalité au sens large, Laurent Schenck travaille sur la base de données cinéma du site. Ses missions sont les suivantes : la rédaction de biographies et secrets de tournage, l'enrichissement de castings/fiches techniques et la revue de presse.

    A l'occasion de la diffusion des "Nuits fauves" ce soir sur Ciné+ Club, retour sur le parcours de son réalisateur Cyril Collard, mort peu de temps après la sortie de ce film autobiographique et emblématique années SIDA.

    Les Nuits fauves de Cyril Collard

    Avec Cyril Collard, Romane Bohringer, Claude Winter...

    De quoi ça parle ? Jean a 30 ans. A vouloir vivre trop intensément, il s’est brûlé les ailes. Il est séropositif. La menace qui pèse sur lui et sa rencontre avec Laura, 17 ans, vont bouleverser son existence : il va s’ouvrir au monde, apprendre à aimer les autres, apprendre à aimer la vie…

    Les Nuits fauves est adapté du récit autobiographique de Cyril Collard. Sorti en 1992, ce long métrage fiévreux traitant d'un sujet d'actualité difficile (le SIDA) avait créé la polémique tout en ayant très bien marché en salles (plus de 2.8 millions d'entrées sur le sol français). Son metteur en scène, scénariste et acteur principal décéda du SIDA peu de temps après la sortie du film, en 1993. 

    Né dans le 16ème arrondissement de Paris d'un père ingénieur et d'une mère ex-mannequin, Cyril Collard s'inscrit en math sup au lycée Hoche de Versailles après l'obtention de son baccalauréat puis entre à la prestigieuse Centrale-Supélec. Mais le jeune homme nourrit parallèlement des envies d'écriture et de cinéma. C'est dans cette optique qu'il choisit, en 1979, de laisser tomber son cursus universitaire pour se consacrer à ses passions. Après s'être fait la main en assistant Maurice Pialat sur A nos amours (1983) et Police (1985), il passe derrière la caméra et réalise avec le chorégraphe Angelin Preljocaj Les Raboteurs, un court métrage inspiré du célèbre tableau de Gustave Caillebotte. Une première expérience concluante le poussant à poursuivre dans cette voie, en créant et mettant en scène un épisode de la série policière Le Lyonnais diffusée sur France 2.

    Fin 1992, Cyril Collard accède à la notoriété lorsque sort en salles Les Nuits fauves, qui est l'adaptation de son roman autobiographique du même nom. Film sulfureux sur les années SIDA et le questionnement sexuel, indissociable de la forte personnalité de son auteur, le long métrage sonne à la fois comme un cri de désespoir de toute une génération et un hymne à la vie, qui surprend par sa fougue formelle et sa liberté de ton, très originale pour l'époque. 

    Canal + (France)

    Avec pas loin de trois millions d'entrées en salles sur le sol français, Les Nuit fauves a rencontré un succès très important auprès du public. Atteint lui-même du virus du SIDA, Cyril Collard décéda le 5 mars 1993, soit trois jours avant la Cérémonie des César, où son oeuvre fut récompensée à quatre reprises : Meilleur film, Meilleure première œuvre, Meilleur espoir féminin (Romane Bohringer) et Meilleur montage.

    Pour l'anecdote, Cyril Collard ne souhaitait pas, à l'origine, jouer dans Les Nuits fauves et avait ainsi proposé le rôle de Jean à plusieurs acteurs connus qui le refusèrent, dont Patrick Bruel. C'est en partie pour cette raison qu'il a finalement pris la décision de l'incarner lui-même, mais pas seulement : le metteur en scène voulait que son film soit plus centré sur la passion amoureuse que sur la thématique de la séropositivité, ce qui devait, selon lui, passer par une interprétation légère du personnage. Or, les comédiens qu'il avait envisagés ne pensaient pas jouer Jean autrement que de manière dramatique... "On parle beaucoup de séropositivité et de SIDA, mais c'est avant tout quand même une histoire d'amour/passion et l'évolution d'un type qui part d'un fonctionnement égocentrique et qui à cause de cette passion et de la menace arrive à s'ouvrir. (...) Pour moi c'était le pari du film : au-delà de la forme, du style, il fallait qu'il y ait une énergie vitale qui emporte le tout", avait-il confié lorsqu'il était invité à Bouillon de Culture.

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