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    Dragon Ball Super Broly : pourquoi faut-il voir le film en VF ?
    17 mars 2019 à 16:00
    Vincent Formica
    Vincent Formica
    -Journaliste cinéma
    Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

    Depuis le 13 mars, le public peut enfin découvrir Dragon Ball Super Broly en salles. L'occasion d'ouvrir le débat : doit-on privilégier la version française ? Eléments de réponse !

    Si au Japon, les Seiyu (comédiens de doublage) ont une aura particulière et sont considérés comme des demi-dieux, il n'est pas faux d'affirmer que nous avons également en France un savoir-faire indéniable en la matière.

    De Roger Carel (Astérix) à Pierre Trabaud (Daffy Duck, Tortue Géniale) en passant par Richard Darbois (Harrison Ford), Med Hondo (Eddie Murphy), Emmanuel Curtil (Jim Carrey) et Céline Monsarrat (Julia Roberts, Bulma), la France a su dénicher des comédiens talentueux, impliqués et sérieux. Peut-on imaginer The Mask sans l'énergie d'Emmanuel Curtil ? Le Doc de Retour vers le futur sans le grain de folie de Pierre Hatet ? Goku sans le charisme et la simplicité de Patrick Borg ?

    PATRICK BORG & ERIC LEGRAND ALIAS GOKU & VEGETA

     

    Les puristes de la VO grinçant des dents à la seule évocation du terme "VF", il convient de rappeler que le but n'est pas de dire si telle ou telle version est meilleure, mais de mettre en avant le travail, trop souvent dénigré, de toutes les personnes impliquées dans le processus de doublage.

    Pour Antoine Nouel, directeur artistique sur Dragon Ball depuis près de 20 ans, le secret d'un bon doublage, c'est de savoir rester naturel. Il faut que toutes les phrases qui sont dites à l'écran sortent du regard et pas de la bouche car, selon lui, l'intention est dans les yeux. "J'aime pas beaucoup le doublage clinique, le doublage parfait, le doublage où on entend toutes les lettres", confie Nouel. "Je n'ai jamais dit : Elle est où votre voiture ? Je dis : Elle est où vot' voiture ? Je sais que c'est une faute, je sais qu'il manque un R mais je m'en fous, on parle comme ça dans la vie", ajoute-t-il

     

    Selon Mark Lesser (voix de Gohan, Trunks du futur, Broly et Joey dans Friends), ce débat opposant la VO à la VF a toujours existé, bien qu'il soit amplifié depuis l'avènement d'Internet. "Il y a toujours eu, même il y a 20 ou 30 ans, des gens qui disaient : Oh non, moi je ne vais voir que la VO au cinéma. Très bien ! Si tu comprends suffisamment. Sauf qu'il y a un peu de snobisme là-dessus pour moi. Je suis à moitié américain, je comprends très bien l'anglais, j'ai une bonne culture américaine... quand il y a eu Friends, je me suis dit que ça ne marcherait jamais, c'est très new-yorkais etc... C'est vrai que cétait diffusé en multi-langues sur Canal Jimmy et des gens regardaient la série en VO.

    Dragon Ball Super : Patrick Borg, Mark Lesser... rencontre avec les voix françaises de Goku et Broly

    N'empêche que le gros succès est venu quand ça a été diffusé sur France 2 en VF. C'est là que ça a vraiment explosé. On a beau bien parler anglais, il y a des trucs qui nous échappent obligatoirement. Le doublage doit venir compenser cela. Il ne suffit pas de bien parler ou comprendre la VO, il faut aussi avoir la culture, connaître le contexte du pays pour comprendre certaines blagues..."

    Mark Lesser pointe une chose intéressante. Forcément, la VO fait perdre des bribes d'infos au spectateur car les sous-titres doivent aller à l'essentiel et ne traduisent pas forcément les subtilités de langage du comédien ou délaissent certaines petites expressions. Le doublage permet aussi de corriger cela et d'apporter un souffle de vie supplémentaire qu'on ne parvient pas à capter en version originale. L'exemple le plus flagrant concerne sûrement Jesse Eisenberg et son débit mitraillette dans The Social Network de David Fincher. La version française permet de saisir toutes les subtilités du personnage de Mark Zuckerberg, grâce notamment au remarquable travail du comédien Donald Reignoux.

    AUDREY SOURDIVE ALIAS CHIRAI

     

    "Le doublage, c'est pas juste écrire un texte qui veut dire la même chose", souligne Mark Lesser. "C'est aussi une adaptation culturelle. On ne peut pas jouer comme les japonais, notre langue ne nous le permet pas", analyse-t-il. L'acteur évoque ensuite la différence entre doubler une personne réel et un personnage animé : "Quand tu doubles un acteur en chair et en os, tu dois t'effacer énormément, tu dois essayer d'être dans l'oeil du comédien. Pour un dessin animé, par contre, ça peut être plus personnel comme interprétation. Tu donnes vie à ce dessin. La voix est vraiment un souffle de vie. Et c'est là la grosse différence."

    Mais il ne suffit pas d'avoir d'excellents comédiens pour faire un bon doublage. Il faut également une bonne traduction et adaptation (Pour Broly, elle a été confiée à Anthony Panetto), une bonne direction artistique, un bon mixage. Ainsi, le travail de l'ingénieur du son est tout aussi important que celui de l'adaptateur ou du directeur artistique. Il est le garant de la perfection sonore de l'ensemble du travail de ses collègues.

    BRIGITTE LECORDIER ALIAS BERRYBLUE

     

    Pour Dragon Ball Super Broly, toute la fine équipe est de de retour sous la supervision d'Antoine Nouel. Patrick Borg se cache derrière Goku et son père, Bardock. Mark Lesser crie toute sa rage avec Broly. Brigitte Lecordier, voix habituelle de Goten, double cette fois Berryblue, assistante du méchant Freezer, lui-même joué par Philippe Ariotti.

    BRUNO MEYERE ALIAS WHIS

     

    Céline Monsarrat interprète à nouveau Bulma, la femme de Vegeta, toujours campé par le légendaire Eric Legrand. Que serait le Prince des Saïyen sans le phrasé nasillard du comédien ? Fun fact : le directeur artistique Antoine Nouel s'est octroyé un petit caméo vocal dans le film. C'est sa voix que l'on entend derrière le dragon sacré Shenron. À noter aussi les performances de Bruno Magne et Bruno Méyère dans les rôles de Beerus, le Dieu de la destruction et son conseiller, le facétieux Whis.

    KAMÉHAMÉHAAAAAA !!!

     

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