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    Devs (Canal+) : que vaut la série visionnaire signée Alex Garland (Ex Machina) ?
    Par Thomas Desroches (@ThomDsrs) — 6 mars 2020 à 17:00
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    Diffusée dès ce 6 mars sur Canal+, "Devs" est la première série écrite et réalisée par le Britannique Alex Garland ("Ex Machina"), une des figures de la science-fiction depuis quelques années.

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    DE QUOI ÇA PARLE ?

    Lily Chan vit une histoire d'amour épanouie avec Sergei, tous les deux ingénieurs brillants en informatique. Alors que le jeune homme est promu en rejoignant une compagnie annexe à la société Amaya, il est retrouvé mort, immolé par le feu, quelques heures plus tard. Sa petite amie ne croit pas à un suicide et compte bien découvrir la vérité derrière cette étrange société, nommée Devs...

    Devs, écrit et réalisé par Alex Garland, avec Sonoya Mizuno, Nick Offerman, Jin Ha...

    Disponible dès le 6 mars sur Canal+ - Épisodes vus : 2

    À QUOI ÇA RESSEMBLE ?
    Devs - saison 1 Bande-annonce VO

     

    C'EST AVEC QUI ?

    C'est une habituée de l'univers d'Alex Garland. Après être apparue dans Ex Machina et AnnihilationSonoya Mizuno occupe cette fois le rôle principal, Lily, une jeune femme bien décidée à enquêter sur la disparition de son petit ami. Elle est entourée de Karl Glusman (The Neon Demon, Nocturnal Animals), Alison Pill (American Horror Story, Milk), Stephen Henderson (Lady Bird, Lincoln), ou encore la jeune Cailee Spaeny, révélée dans Sale temps à l'hôtel El Royale. Dans la peau de Forest, le directeur de la dangereuse société Devs, on retrouve Nick Offerman avec une partition sombre et inquiétante, loin de son célèbre personnage dans la série Parks and Recreation, Ron Swanson. 

    ÇA VAUT LE COUP D'ŒIL ?

    Deux ans après la sortie mouvementée d'Annihilation (le film avait été abandonné par la Paramount pour le marché international, avant d'être sauvé par la plateforme Netflix, NDLR), Alex Graland fait ses premiers pas à la télévision. Devs, c'est le nom de cette série portée à bout de bras par l'auteur qui a créé, scénarisé et réalisé les huits épisodes de cette saison. Pas de doute, les aficionados de science-fiction trouveront leur compte dans cette histoire 100% Garland et ce, dès les premières minutes. En quelques plans, on reconnaît instantanément le style du cinéaste qui avait su convaincre la presse et le public avec son Ex Machina, sorti en 2015.

    Il faut dire que le metteur en scène s'est entouré de la même équipe que ses deux premiers longs-métrages. On retrouve ainsi le chef opérateur Rob Hardy, ou encore le chef décorateur Mark Digby. Épuré, futuriste et glacial, l'environnement dans lequel se déplace les personnages permet de rendre l'atmosphère de la série encore plus inquiétante et anxiogène. On y aperçoit, par exemple, des structures géométriques, constitués de glaces, une statue imposante et menaçante d'une petite fille, et une étrange pièce, celle de la société Devs, qui n'est pas sans rappeler le décor de Cube de Vincenzo Natali

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    Le décor futuriste et géométrique de la société Devs.

    Si l'esthétique de la série est irréprochable, l'intrigue promet, de son côté, de belles surprises. Parler de Devs sans spoiler, c'est comme marcher sur un champ de mines tant l'œuvre d'Alex Garland enchaîne les rebondissements. Bien que la trame de "l'entreprise néfaste" ne soit pas totalement innovante - on pense, entre autres, à The Skulls ou La Firme de Sydney Pollack avec Tom Cruise -, on se laisse vite happer par ce thriller high-tech, malgré un rythme assez lent et quelques séquences bavardes. Autre point fort, la musique originale composée par Geoff BarrowThe Insects et Ben Salisbury. Ces derniers livrent une composition singulière, semblable à des chants d'église, qui donne un aspect très mystique à la série.

    Pour finir, la distribution y est également très convaincante. Dans un rôle à contre-emploi, Nick Offerman réussit à installer un sentiment de malaise chez le téléspectateur, tout comme ceux qui l'entourent, d'Alison Pill à Zach Grenier (24 heures chrono, Fight Club). La vraie révélation se trouve du côté de Sonoya Mizuno qui, habituée aux seconds rôles, parvient à montrer l'étendu de son talent en jouant ici une héroïne charismatique et pour qui l'on ressent une empathie immédiate. Impossible de ne pas encourager ce genre de projet ambitieux et au concept original, reste à savoir, désormais, dans quelle direction se dirigera Devs au cours de ses prochains épisodes. Quoi qu'il en soit, Alex Garland semble bien parti pour étonner, une nouvelle fois, son monde.

    Redécouvrez la bande-annonce de son précédent long-métrage, "Annihilation" :

     

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    Commentaires
    • Blasi B
      ça donne envie, et j'aime beaucoup ce que fait garland, banquo :)
    • felson
      Peut-être que vous ne prenez tout simplement pas le temps de vous laisser immerger dans ses histoires, c'est sans doute pour ça que vous trouvez ses films 'obscurs' alors qu'il n'y a au contraire rien d'obscur dans ce qu'il fait. Je parlerais plutôt de films puzzles et de voyages à caractère psychédélique qu'il prend soin de laisser à notre propre interprétation.Au passage, vous faites un oubli grave, à savoir Dredd, sorti en 2012 soit entre Never Let Me Go et Ex Machina, que Garland aurait réalisé entièrement (d'après Karl Urban), et qui n'a rien de 'métaphysique'. Et pour ma part, son meilleur scénario est celui de Sunshine, filmé par Danny Boyle et sorti en 2007, trois ans avant Never Let Me Go. Mais celui de Annihilation est tout simplement étourdissant une fois toutes les pièces du puzzle reconstitué.Concernant Ex Machina, qui est bien de la SF - le film parle d'intelligence artificielle - et non un film d'horreur, c'est une variation sur le mythe de Frankenstein (qui met en avant la relation entre un créateur et sa création), tout comme le sont plein d'autres films comme Edward aux Mains d'Argent de Tim Burton avec Johnny Depp, Frankenweenie (un autre Burton), Simone d'Andrew Niccol avec Pacino, May de Lucky McKee, Une Créature de Rêve de John Hughes, L'Amie mortelle de Wes Craven, Her de Spike Jonze, Chappie de Neill Blomkamp etc. on peut ajouter A.I. de Spielberg, Alita Battle Angel du duo James Cameron/Robert Rodriguez et Westworld, le film de Michael Crichton avec Yul Brynner, depuis décliné en série télé. Vous me direz, ce ne sont pas tous des films d'horreur.
    • jhudson
      Ex machina était juste un remake du Monstre de Frankenstein avec un robot a la place (c'est quasiment la même intrigue : la créature qui va se retourner contre son créateur, bref prévisible ) , donc un film d'horreur sauvé par l'interprétation de Alicia Vikander toute en subtilité , la confusion vient surement de la .Il me semble qu'il y a un malentendu ou un probléme de ne pas voir le plagiat d'un classique !Son meilleur scénario était une adaptation d'une œuvre de Kazuo Ishiguro qui a donné le film Never Let Me Go qui était vraiment de la SF intelligente , on ne voyait aucune esthétique SF habituelle (comme Ouvres les yeux d'Amenabar) , mais il avait Mark Romanek a la réalisation , un très bon roman a la base et un Andrew Garfield qui aurait mérité un Oscar .Personne ne mentionne ce film qui est un des meilleurs films de SF de ces dernières années, ce qui a fait par la suite seul n'était pas aussi convaincant, depuis il fait dans le métaphysique plus ou moins obscure, le tout enrobé dans de belles images , chaque spectateur a sa propre interprétation!
    • Naughty Dog
      grand fan de Garland, j'ai adoré ce débutvivement les 6 prochaines semaines !
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