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    Gladiator : 20 ans après, l'équipe du film revient sur sa genèse
    Par Léa Bodin — 20 juin 2020 à 09:00
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    Il y a 20 ans jour pour jour, le péplum "Gladiator" désormais culte sortait dans les salles françaises. Retour sur quelques anecdotes méconnues révélées par l'équipe du film à l'occasion de cet anniversaire.

    Universal Pictures International (UPI)

    Le 20 juin 2000, le spectateurs français découvraient Gladiator au cinéma, quelques semaines après sa sortie dans les salles américaines. En mai dernier, pour Variety, une partie de l'équipe de ce péplum couronné de 5 Oscars a accepté de replonger vingt ans en arrière. Le réalisateur Ridley Scott - qui travaille sur une suite dont on ne sait que très peu de choses -, le scénariste David Franzoni et les comédiens Russell Crowe (Maximus), Connie Nielsen (Lucilla) et Djimon Hounsou (Juba), ont ainsi livré quelques anecdotes méconnues sur la manière dont le film a vu le jour.

    C'est un tableau qui a convaincu Ridley Scott de faire le film

    Au moment de proposer le projet Gladiator à Ridley Scott, plutôt que de commencer par lui présenter un script, le producteur Walter Parkes lui a montré la photo d'un tableau : Pollice Verso, une oeuvre peinte en 1872 par le Français Jean-Léon Gérôme. Littéralement, "pollice verso" signifique "pouce en bas", ce qui dans les arènes de gladiateurs signifiait que le public demandait la mise à mort du perdant. On y voir un gladiateur triomphant sous un casque, face à la foule qui son approbation pour que le combattant délivre le coup fatal à son adversaire. Immédiatement, le cinéaste accepte. 

    "Je suis un réalisateur très visuel, explique Scott à Variety. Parkes a sorti une photo d'un tableau d'un homme appelé Jean-Léon Gérôme (...), je l'ai regardé pendant un moment et c'était comme un flash. Lorsque vous avez mon expérience, vous pouvez prendre une décision en un éclair, et normalement elle est la bonne. Alors j'ai dit : 'Je vais le faire.' Parkes a répondu : 'Attendez, vous ne savez pas de quoi parle l'histoire.' J'ai assuré : 'Je m'en fiche, je vais le faire' et c'était tout."

    DR
    Un détail du tableau "Pollice Verso" de Jean-Léon Gérôme (1872)
    Des inspirations venues du cinéma étranger

    L'idée de Gladiator s'est imposée au scénariste David Franzoni au cours d'un voyage à moto à travers le monde. Pendant ce périple, il a été inspiré par les nombreux amphithéâtres et arènes croisés en chemin et par la rencontre à Badgad d'une femme australienne qui lui a fait découvrir l'ouvrage Those About to Die ("Ceux qui vont mourir") de Daniel P. Mannix sur les jeux romains. "Quand j'ai lu le livre, ce n'était pas l'histoire de Gladiator, mais une manière de se connecter à compréhension qui ils étaient et comment ils vivaient, se souvient-il. Il était très clair que le Colisée et les arènes étaient comme des stades."

    Décidés à ne pas faire un péplum classique, le scénariste et le réalisateur se sont tournés vers le cinéma étranger : "Certains des films que Ridley et moi avons regardés et dont nous avons parlé étaient À l'Ouest, rien de nouveau, La dolce vita - pour la bourgeoisie romaine corrompue - et Le Conformiste. Nous n'avons parlé d'aucun de ces films sur l'épée et la sandale. Le seul péplum que je suis sûr que Ridley a vu était Satyricon."

    Gladiator
    Gladiator
    Sortie le 20 juin 2000 | 2h 35min
    De Ridley Scott
    Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris
    Presse
    4,3
    Spectateurs
    4,5
    Streaming

    Les comédiens sont intervenus dans les nombreuses réécritures

    Avant, et pendant le tournage, le scénario n'a cessé d'être réécrit et les comédiens ont pu intervenir et donner leurs idées. Connie Nielsen raconte ainsi que Ridley Scott lui a téléphoné pour lui demander ce qu'elle pensait d'une version du script : "Je lui ai fait remarquer qu'il y avait de gros anachronismes. Par exemple, j'avais une réplique où il était simplement dit l'État policier et j'ai dit : 'Hum, l'État policier ? Voulez-vous que j'utilise cette expression ?' Ou bien 'mettez-la dans un musée'. Je ne pense pas qu'à l'époque les gens employaient le mot musée de la même manière qu'aujourd'hui."

    De son côté, Djimon Hounsou se rappelle que le script initial le présentait comme "le chef des esclaves". Il a alors signalé que selon lui, il "ne devrait pas être la définition de l'esclavage". "L'esclavage n'existait pas à l'époque, précise-t-il. Alors, de quoi parlons-nous vraiment ? D'utiliser des êtres humains pour divertir les autres en combattant et toutes ces personnes étaient considérées comme des esclaves."

    Universal Pictures International (UPI)

    Connie Nielsen se souvient également que son partenaire Richard Harris (Marc-Aurèle) a suggéré que Lucilla utilise un éventail pour la scène où elle et Commode arrivent en voiture à cheval sur le champ de bataille. "Nous nous apprêtions à tourner la scène de la voiture et Harris m'a dit : 'Oh, vous savez, les gens à l'époque ne se lavaient pas, alors je parie que Commode sent terriblement mauvais dans cette voiture. Vous savez ce qu'elle aurait fait, à l'époque, elle aurait pris un petit bouquet d'herbes séchées.' (...) Je suis allée voir Ridley (...) et il s'est dit : 'Absolument, faisons-le.'"

    Le travail de réécriture s'est donc poursuivi, en collaboration avec les acteurs, tout au long du tournage. "Pendant le tournage, j'ai rencontré Russell, commente David Franzoni. On se voyait presque tous les jours pour parler des scènes avant d'aller filmer. Je me souviens qu'une fois, nous étions assis par terre, à dessiner des choses dans le sable. C'était une manière très 60s de faire un film."

    La disparition d'Oliver Reed (Proximo) pendant le tournage

    L'acteur Oliver Reed, qui interprétait Proximo, est mort au milieu du tournage. Alcoolique, il avait promis à Ridley Scott de ne pas boire pendant le tournage, mais il allait se saouler dans un bar de La Valette [à Malte, où était tourné le film, ndr] tous les week-ends. "Un dimanche matin, il est tombé mort sur le sol du pub, raconte Ridley Scott. Il avait probablement bu quelques pintes et a dit : 'Je ne me sens pas bien', il est tombé par terre et il est mort. David Hemmings [qui jouait Cassius] avait promis de veiller sur lui et m'a dit : 'Je suis vraiment désolé, mon vieux.' Joaquin [Phoenix] était très attaché à Oliver et il a été très affecté."

    "Il est dans ce bar et là l'équipe du film arrive. Il met tout le monde au défi d'une sorte de débauche de picole. Il boit, s'évanouit et meurt, se souvient Franzoni. J'ai toujours sa note du pub, d'ailleurs." On est trois semaines avant la fin du tournage et une clause dans le contrat d'assurance permet à Ridley Scott de réaliser les dernières scènes de Reed avec un autre acteur, mais finalement, le cinéaste décide de réécrire le scénario, de faire mourir le personnage et d'avoir recours à des effets visuels et à des retouches numériques pour intégrer son visage sur le corps d'une doublure. Le film lui est dédié. 

    Universal Pictures International (UPI)

    Un tournage éreintant

    Au terme de six mois de tournage, après avoir dépensé un budget de 103 millions de dollars, construit un décor de près de 30 mètres de haut pour reconstituer le Colisée, le film est enfin en boîte. Un expérience d'une intensité rare, éreintante pour toute l'équipe et surtout pour les acteurs. "Quant vous roulez sur le sol dans des séquences de combat gigantesques, avec des centaines de mouvements de chorégraphie, que vous avez affaire à des chevaux, des tigres (...), bien sûr, il y aura des blessures, observe Russell Crowe. Mais quand vous êtes plus jeune, vous êtes en caoutchouc et vous pouvez à nouveau rebondir."

    Lorsqu'il abandonne son armure de gladiateur et quitte le personnage de Maximus, une performance qui lui vaudra de remporter l'Oscar du meilleur acteur en 2001, l'acteur néo-zélandais n'en peut plus : "Je me souviens, quand je suis rentré chez moi après ce tournage et que ma mère m'a demandé : 'Comment te sens-tu ?' J'ai dit : 'Je me sens vraiment comme un joueur de football qui a joué une saison de trop.'"

    La bande-annonce de Gladiator :

    Gladiator Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • Lakota5
      Historiquement pas grand chose ne va, il suffit de quelques années de latin pour le voir...mais c'est quand même un bon film...
    • micuthana ..
      Au vu du prix de la formation d'un gladiateur (combattant expert dans son arme et particulièrement craint car capable d'en découdre face à un légionnaire) cela serait une hérésie commerciale de les tuer après un combat. Les premiers combats étaient souvent face à des condamnés à mort affamé et quasi mort en entrant dans l'arène. Les gros combats entre gladiateur des diverses ludi d'une ville demandait des semaines de tractation pour limité les risques pour les meilleurs gladiateurs. Après ce sont des combats armés donc avec des risques non négligeables de combat qui fini par la mort d'un combattant.
    • Nicolas R
      J'aurais pas dit mieux ! J'adore ce film parce qu'il déchire mais d'un point de vue historique y'a beaucoup de choses qui ne vont pas. Un jour on m'a raconté que pour la partie gladiateurs ils avaient fait appel à des spécialistes de la question, mais ont finis par s'en passer et faire ce qu'ils voulaient car ça rendait pas assez bien en film. La gladiature était très précise (tel combattant n'affrontait pas n'importe qui, etc etc). Il y a même des problèmes chronologiques il me semble. Ainsi que toute l'histoire autour de Ciséron et Commode
    • grisbi
      l'esclavage n'existait pas à l'époque et les gens à l'époque ne se lavaient pas. Quelle inculture ! dire que ce sont ces gens-là qui veulent imposer aux autres leur mode de pensée !Mais c'est un excellent film !
    • palatine chénat
      mmmhh
    • palatine chénat
      Je vous hais tous au plus haut point, vous et votre clique de terroristes vous n’êtes qu'un sale gang d’assassins de bas étage des putains d’enfoirés qui font chier la terre entière et encore je reste poli donc si vous voulez vous adressez à moi, essayez plutôt de causer à mes burnes
    • Gcm B.
      l'histoire du pouce vers le bas est une erreur du justement au tableau sus mentionné. Cette pratique n'existait pas et bien souvent il n'y a avait pas de combats à mort
    • Magellan
      Y'a pas mal de gaffes, d'anachronismes dans ce film, la plus drôle étant la bouteille de gaz visible sur le char lol malgré tout quel film et une BO extraordinaire de Zimmer .
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