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    Star Wars : l'influence du Kagemusha d’Akira Kurosawa sur la Menace Fantôme
    Par Clément Cusseau — 1 oct. 2020 à 18:00
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    Le cinéma japonais a grandement nourri l’imaginaire de George Lucas lorsque ce dernier a créé sa célèbre saga "Star Wars". "Kagemusha" d’Akira Kurosawa, sorti sur nos écrans il y a quarante ans jour pour jour, en est l'exemple.

    Lucasfilm Ltd.

    Il y a quarante ans jour pour jour sortait dans les salles françaises Kagemusha : l'ombre du guerrier, chef d’oeuvre crépusculaire d’Akira Kurosawa, récompensé notamment par la Palme d’or (ex-aequo avec Que le spectacle commence ! de Bob Fosse) et le César du Meilleur film étranger. D’une ambition folle, que ce soit dans l’esthétique époustouflante de ses images ou dans le réalisme de ses scènes de batailles, Kagemusha a marqué la quintessence artistique du légendaire cinéaste nippon et la fin définitive de l'âge d'or du chanbara au cinéma.

    Bien que tourné intégralement en japonais avec des acteurs nippons, Kagemusha a néanmoins été produit avec des fonds américains, par le biais de ses deux producteurs exécutifs de prestige : Francis Ford Coppola et George Lucas. Grands admirateurs de l’oeuvre de Kurosawa, les deux cinéastes du Nouvel Hollywood ont ainsi pu renvoyer l'ascenseur à celui qui a inspiré leurs propres films, en permettant au cinéaste japonais de tourner ce long métrage de grande ampleur sans la moindre concession artistique.

    Car ce n’est un secret pour personne, la saga Star Wars s’est grandement inspirée du cinéma japonais, et notamment des films d’Akira Kurosawa. George Lucas a en effet tout tenté pour convaincre (en vain) Toshiro Mifune – l'acteur muse de Kurosawa – d’accepter les rôles de Dark Vador ou d’Obi-wan Kenobi, tandis que de nombreux aspects de la première trilogie renvoient à l'intrigue de La Forteresse cachée. A cet égard, Kagemusha ne fait pas exception à la règle, en témoigne l’hommage qui lui a été rendu par La Menace fantôme, premier épisode de la prélogie également conçue par George Lucas.

    Dans Star Wars, la reine Amidala incarnée par Natalie Portman a recours a des doublures afin de pouvoir mener incognito des missions de reconnaissance, notamment sur la planète Tattooine où elle fait la rencontre du jeune Anakin Skywalker. Ce subterfuge lui permet par ailleurs de renforcer son dispositif de sécurité, ses suivantes (incarnées notamment par Keira Knightley et Sofia Coppola) jouant le rôle de cibles publiques puisque l’apparence de la jeune souveraine sans son maquillage et ses apparats n'est pas connue de ses ennemis.

    Ce procédé rappelle bien évidemment celui de Kagemusha ; dans le folklore japonais, le kagemusha était le nom donné à un sosie officiel chargé d’assurer le remplacement d’un monarque. Dans le film de Kurosawa, il s'agit d'un simple voleur que l’on propulse doublure du daimyo Takeda Shingen, afin de repousser la nouvelle de sa mort et éviter ainsi que son clan n’apparaisse comme affaibli dans la guerre qui l'oppose à ses rivaux. 

    Toujours dans la prélogie Star Wars, George Lucas a de nouveau rendu hommage au film Kagemusha par le biais d'un épisode dans la quatrième saison de sa série animée Clone Wars : intitulé Le guerre de l'ombre (la traduction littérale du terme kagemusha), il suit Jar Jar Binks chargé de négocier avec le général Grievous après que le Boss Gungan ait été la victime d'un sournois attentat.

    En reliant donc Kagemusha et La Menace de fantôme, George Lucas a ainsi fait perdurer l’influence japonaise dans la saga Star Wars, bouclant au passage la boucle qui lie aussi intimement sa carrière cinématographique à l'oeuvre d’Akira Kurosawa.

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    Commentaires
    • Blasi B
      je n'ai vue de Kurosawa que les 7 samourais, que j'ai adoré!!! et qui a vieillis super bien, on dirait un film récent mais en noir et blanc, en tout cas c'était mon ressentit tout le long du film, une certaine modernité dans la mise en scène ... ou précurseur? (je le préfère d'ailleurs , mais vraiment y'a pas photo, au 7 mercenaires, que j'ai découvert y'a quelques mois pour la première fois et qui m'a sincèrement déçu ... les western ou tout le monde est rasé et ultra propre, définitivement pas pour moi...même si je ne peux nier qu'il y a certaine bonne idée à droite à gauche)bref, des conseils de films de kurosawa à voir absolument.?
    • Blasi B
      j'allais laisser le même commentaire :)
    • Madolic
      Des photos des œuvres du Monsieur aurait peut-être été pas mal, non parce que Amidala ça va on connait ^^
    • Jean-Michel Nguyen
      C'est l'histoire d'un prince d'un pays fictif qui va bientôt recevoir la couronne de roi. Mais son demi-frère, qui vise ce même couronnement, ne l'entend pas de cette oreille et tente de l'éliminer au poison. Au même moment, un bonhomme débarque au pays mais le peuple le dévisage : le bonhomme est le sosie parfait du futur roi. Lorsque le prince fut empoisonné et emmené dans la prison de Zenda, les hautes instances voit en ce sosie un moyen de remplacer le prince afin de ne pas avertir le peuple au sujet de cet empoisonnement.C'est l'histoire du 'Prisonnier de Zenda', roman de cape et d'épée écrit en 1894 par Sir Anthony Hope. Le roman est devenu extrêmement populaire et fut adapté au cinéma (et en plusieurs fois), en comédie musicale, en série TV, ...Le thème du sosie qui remplace temporairement le chef est souvent utilisé au cinéma, quelque soit le genre comme la comédie ('Le Dictateur' (Charles Chaplin, 1940), 'Président d'Un Jour' (Ivan Reitman, 1993) (Kevin Kline était un habitué du subterfuge, voir 'Créatures Féroces' (Fred Schepisi, 1997) et 'Wild Wild West' (Barry Sonnenfeld, 1998)), 'Le Mac' (Pascal Bourdiaux, 2010)) et le drame guerrier ('Kagemusha' (Akira Kurosawa, 1980)).Et il existe un cas véridique : 'The Devil's Double' (Lee Tamahori, 2011), qui s'intéresse au destin de Latif Yahia, sosie de Oudaï Hussein, fils de Saddam Hussein !'Star Wars, épisode I : La Menace Fantôme' (George Lucas, 1999) n'en est qu'une déclinaison parmi tant d'autres.Sur un autre genre, il y eut l'épisode L'Homme au Masque de Fer dans le roman 'Le Vicomte de Bragelonne, ou Dix ans après' (Alexandre Dumas, 1847), mainte fois adapté au cinéma et à la télévision.
    • zarathou
      Je sais qu'on est dans un temps où l'on se plaît à dégenrer à tout va. Mais ne serait-il pas plus juste de qualifier Toshiro Mifune d'acteur fétiche de Kurosawa plutôt que d' acteur muse ? À moins que Klaus Kinski n'ait été lui aussi la muse d'Herzog, Tom Hanks celle de Spielberg, John Wayne celle de John Ford, et Schwarzy celle McTiernan et Cameron. Mis à part ça, merci pour cet article qui met en lumière l'influence considérable de Kurosawa sur le travail de George Lucas.
    • Housecoat
      Exemple de tenue républicaine.
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