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    Les Sept mercenaires : Steve McQueen et Yul Brynner se détestaient sur le tournage
    13 déc. 2020 à 18:00
    Vincent Formica
    Vincent Formica
    -Journaliste cinéma
    Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent Formica découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

    Les Sept mercenaires, chef-d'oeuvre du 7ème art, n'a pas été de tout repos pour Steve McQueen et Yul Brynner. Les deux acteurs ne se supportaient pas sur le tournage du film !

    Sorti en 1961, Les Sept mercenaires est rapidement devenu culte, forgeant sa légende sur celle des Sept Samouraïs, d'Akira Kurosawa. Mis en scène par John Sturges, l'architecte de la future Grande évasion, le long-métrage est désormais un grand classique du 7ème art.

    Toutefois, sous ce vernis de prestige se cache une réalité moins glorieuse, celle de la rivalité entre la star du film, Yul Brynner, et un jeune comédien rebelle de 30 ans, Steve McQueen. Faisons un petit retour en arrière. Nous sommes en mars 1960, à 80km au sud de Mexico, dans la ville de Cuernavaca.

    Les Sept mercenaires
    Les Sept mercenaires
    Sortie le 1 février 1961 | 2h 08min
    De John Sturges
    Avec Yul Brynner, Eli Wallach, Horst Buchholz, Steve McQueen, Charles Bronson
    Presse
    5,0
    Spectateurs
    4,2
    louer ou acheter

    Le jeune Steve McQueen arrive sur les lieux. C'est ici que le tournage des Sept mercenaires va se dérouler. Il pose ses valises à l'hôtel Jacarandes et se crispe déjà. L'acteur apprend que Yul Brynner a droit à sa villa privée et une caravane sur le plateau.

    Brynner, auréolé du triomphe des Dix Commandements et de son Oscar pour Le Roi et moi, est clairement favorisé par la production. Bien qu'il soit encore peu connu, Steve McQueen a du mal à supporter ce traitement de faveur. Malgré tout, le comédien tente de se lier d'amitié avec le monstre sacré au crâne rasé.

    McQueen, qui connaît bien le maniement des armes grâce à son rôle dans la série Au nom de la loi, initie Yul Brynner. Cependant, ce dernier voit très clair dans le jeu du fougueux jeune homme, qui garde pour lui les meilleures astuces sur la façon de se servir d'un colt. Ça part déjà très mal entre eux. Arrive alors le tournage de la séquence de l'enterrement se situant au début du film.

    Steve McQueen apparaît dans cette scène en arrière-plan, mais n'a rien à dire. C'est une séquence entièrement dédiée à Chris, le personnage de Yul Brynner. McQueen commence alors à jouer avec son chapeau ou ses munitions, dans le but de se faire remarquer. Ce comportement agace fortement la star chauve, qui ne supporte pas qu'on lui vole la vedette.

    Le jeune comédien, qui a fait ses armes à l'Actors Studio, sait comment attirer l'attention des spectateurs et ne se prive pas d'en jouer. Même s'il ne parle pas, il sait d'instinct comment un petit geste, une petite grimace, un retrait nonchalant de chapeau, peut inévitablement tirer la couverture à lui.

    "Steve travaillait beaucoup sur les détails. C'est le boulot des acteurs de faire ce genre de choses pour construire un personnage. C'étaient deux personnalités très différentes : autant Yul était un roc, autant Steve était souple et flexible", analyse le réalisateur John Sturges dans le livre de Bertrand Tessier, Steve McQueen, l'envers de la gloire.

    Steve McQueen et Yul Brynner

    Steve McQueen parviendra à rallier à sa cause ses partenaires de jeu en se moquant constamment des caprices de star de Brynner. Ce dernier, non content d'avoir villa privée et caravane personnelle, avait aussi une armée d'assistants pour tout et n'importe quoi, même allumer ses cigarettes. Ce comportement de diva agacera même le taciturne et solitaire Charles Bronson, qui s'amusera des blagues de McQueen.

    Autre exigence cocasse de Brynner : des petits tas de terre pour qu'il paraisse plus grand que Steve dans leurs scènes en duo. Evidemment, McQueen se faisait un malin plaisir à les détruire avant les prises de vues, ce qui avait le don d'énerver son partenaire.

    Les rumeurs des tensions grandissantes entre les deux acteurs montent jusqu'aux oreilles de la presse américaine. Fâché par la tournure des événements, Yul Brynner décide de calmer le jeu avec McQueen : "On raconte dans les journaux que nous nous sommes engueulés. Or je suis une star : je ne m'engueule pas avec les seconds rôles. Je veux que tu appelles le journal et que tu leur dises que cette histoire est un tissu de mensonges", dit-il à Steve.

    Ce dernier rétorque : "Tu sais ce que j'en fais de tes ordres ? Fous le camp !" Cela en dit long sur l'ambiance électrique régnant entre eux sur le plateau. Finalement, Yul Brynner invitera l'équipe du film à son mariage, qui se déroulera pendant le tournage. Steve McQueen ne pointera jamais le bout de son nez.

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    Commentaires
    • Blasi B
      tu peux développer? je ne demande rien de mieux que de voir ce film d'un bon œil :) mais je dois avouer que je ne comprend absolument pas ce que tu veux dire par la...Ma théorie personnel c'est que le film était le film de la fin d'une air, la fin des films à la john wayne avec des cowboy propre sur eux et rasé, beau gosse et sourieur, et une fin sur les chapeau de roux qui a eu l'audace de tuer une partie de son casting, ce qui, je pense devait être plus que rare à l'époque (mais je n'ai aucune certitude... c'est juste que j'ai tendance a imaginer ces films avec un happy end systématique, le fameux cowboy s'en allant vers un soleil couchant) ce qui fait que le film a choqué une partie de son public pas habitué à ça et lui a donner immédiatement un coté inoubliable...Personnellement encore une fois, j'aime le réalisme dans une œuvre, et les western de ce genre en manque cruellement, ce qui me fait automatiquement sortir du film.... (les vêtements propres, les décors plus que visible, les gens rasé, etc... la ou j'adore les western spaghetti justement à cause de leur réalisme...)et la ou j'excuse des séries type star trek d'avoir des décors visible, vue que souvent ce sont des planètes extra terrestre (puis bon, c'est une série) je l'excuse beaucoup moins pour un film type les 7 mercenaires ou il aurait suffit de poser sa caméra dans n'importe quel désert du coin...
    • FlecheDeFer ..
      Ah perso je trouve que les 7 mercenaires capture totalement tout l'esprit cinéma de l'Ouest et transpose un film qui capture lui tout l'esprit cinéma du Japon traditionnel, et ça c'est fort. Les Infiltrés par contre me laisse un peu de marbre, comme quoi tu as raison, les goûts et les couleurs... :-)
    • Last Action Zero
      Je viens juste de voir en replay, un docu d'Arte sur Brynner, qui nuance pas mal ce qui est expliqué dans cet article. Yul Brynner n'était pas favorisé par la production. C'était lui la production... à cette époque, il était une immense star, riche, célèbre, oscarisé et courant aux quatres coin du tiers monde, au profit des plus démunies et désœuvré de la planète. Très influent, il s'est dit que c'était le bon moment de prendre vraiment sa carrière en main, au lieu de simplement attendre les propositions des studios, toujours cantonné aux même type de rôles. Après avoir vu Les 7 Samouraïs, il a eut une révélation, et il a acheté les droits du film, dans l'idée d'en faire une adaptation Western. Une production pour se donner bien sur le premier rôle. Mais surtout dans un registre nouveau pour lui, de manière à casser son image d'acteur de personnage exotique, qui l'enfermait dans un genre de film mourant. Le péplum...Alors, bien sur qu'il a eut droit à une villa, et à une caravane sur le set. Bien sur qu'il donnait des ordres. C'était lui la star. Et il finançait de sa poche une bonne partie du film. C'est même lui qui a choisi le réalisateur, et le casting des premiers rôles. Dans les années 40 et 50, avant de se lancer activement dans le théâtre et le cinéma, il avait œuvré à la télévision américaine balbutiante, en tant que réalisateur et à tous les postes de production, dans un domaine où tout était à inventer. Donc sur le tournage des sept mercenaires, il savait très exactement ce qu'il faisait, et la plus part de ses demandes n'avaient rien de simples caprices extravagants...Bref, Yul Brynner était surement un peu diva, et appréciait sans aucun doute le luxe et la célébrité. Mais il n'était pas aussi prétentieux et imbu de lui même que ça. Quand à cette époque, on prend soin de casser sa belle image marketing toute lisse, en interprétant par exemple sensuellement un travestie, ou un ancêtre détraqué du Terminator, malicieusement grimé en Chris Adams, on ne peut pas l'être vraiment. Il ne faut pas exagérer non plus, en arrangeant la réalité au profit d'un tout jeune Steve Mcqueen, dévoré par l'ambition et la jalousie de n'être à ce moment là, seulement qu'une star du petit écran. Les 7 Mercenaires, c'était avant tout l'idée de Yul Brynner, et son projet personnel, dans lequel il a donné sa chance à de futur grand acteurs en devenir, dont Steve McQueen. Et bien entendu, à ce titre, j'imagine qu'il entendait bien en rester maitre et principal usufruitier. Quoi de plus normal, quand on y a investi son âme avant tout le monde, ainsi que d'énormes capitaux.
    • Might Guy
      Je sais, je l'ai vu .
    • meiyo
      C'est probablement dû aux combinaisons en amiante qu'il portait pour les courses automobiles. Pour Yul Brynner, c'est lié au tabac.
    • meiyo
      Yul Brynner, peu avant sa mort, a enregistré un message vidéo pour dissuader les jeunes de faire comme lui, à savoir fumer. Je l'ai trouvé très émouvant.
    • Blasi B
      j'irais pas jusque la... les 7 samouraïs lui est quand même infiniment supérieur, je trouve... le truc a presque 70 ans et n'a quasiment pas vieillis (peut être grâce au noir et blanc) la ou on ne peut pas, objectivement, dire la même chose des 7 mercenaires...et en adaptation asiatique, les infiltrés de scorcese est pour moi la meilleur transposition du cinéma asiatique en occident... en tout cas ma préféré... mais ça après, c'est les gouts et les couleurs ^^
    • Blasi B
      je me suis fait une rétrospective steve macqueen cet année, ou j'ai vue presque tout les films de sa filmo... j'avais hate de voir ces 7 mercenaires, a cause de son casting all star et de sa réputation... et j'ai été extrêmement déçu.le fait est que c'est un de premiers western que je vois qui ne soit pas un western spaghetti , ou un mimimum réaliste (je sais pas si des films comme 3h10 to yuma , celui de crow et bale, apaloosa ou impitoyable par exemple sont des western spaghetti ...)du coup, le coté théâtrale, les cowboys très kitch, les paysan même et leur tenue d'un blanc immaculé, etc... m'ont sortie du film tout le long... même la mort de certain personnage, qui aurait pu me choquer ou m'interpeller, sont pour certaine tellement abusé et forcé, que ça en perd toute saveur dramatique , car on l'a fortement anticipé (vraiment pour quasi tous je me suis dit avant qu'il meurt bon, bah il va mourir maintenant je suppose)y'a quant même de très bonne chose, je dis pas, comme le fait que la mort est invisible, on entend le coup de feu mais on ne vois pas celui qui a tiré, les personnage ont tous quelque chose de sympa et attachant, mc queen est effectivement assez cool et j'ai beaucoup aimé le fait qu'il ne soit que second rôle , mais aussi mémorable (bon après je me faisait une rétrospective mcqueen donc j'était peut être particulièrement concentré sur lui) , puis bon... Y'a quand même Bronson sans moustache, rien que pour ça ça vaut le coup d'œil :)et qu'on vienne pas me dire que je n'ai pas de gout ou autre, je n'aime tout simplement ce genre de western fordien? Et beaucoup plus fan des spaghetti .par contre, les 7 samouraï, lui, n'a absolument pas vieillis et reste génial encore aujourd'hui.anecdote très cool en tout cas, ça me donne envie de revoir le film rien que pour ça :)
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