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    Person of Interest sur Salto : une grande série sous-estimée ?
    Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 7 janv. 2021 à 18:00
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    Diffusée entre 2011 et 2016 aux États-Unis, "Person of Interest" est disponible en intégralité sur Salto. L'occasion d'offrir, enfin, la reconnaissance qu'elle mérite à cette grande série sous-estimée signée Jonathan Nolan ?

    CBS

    L'arrivée de l'intégrale de Person of Interest sur Salto est un petit événement en soi. Car c'est la première fois que la série, jusqu'ici disponible en DVD et Blu-Ray, est visible sur une plateforme de streaming en France, depuis sa diffusion sur TF1. Et c'est l'occasion de (re)donner sa chance à un récit qui n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité.

    ON VOUS OBSERVE…

    Tout commence le 22 septembre 2011 sur CBS. Ce jour-là, le network américain lance l'une des grosses nouveautés de sa saison : Person of Interest, fruit de la collaboration entre J.J. Abrams et Jonathan Nolan. A l'époque, le premier sort tout juste du succès de Super 8, un an après le final de Lost. D'ores et déjà établi comme l'un des gros noms du petit écran, il prend de plus en plus d'importance sur le grand et se verra confier les rênes de l'Episode VII de Star Wars quelques années plus tard, après avoir brillamment relancé Star Trek au cinéma. De son côté, le second n'est encore "que" le petit frère de Christopher, dont il a co-écrit plusieurs des longs métrages, MementoLe Prestige et The Dark Knight en tête. Mais son émancipation débute avec cette œuvre dont il est le seul créateur, et qui raconte comment deux hommes vont pouvoir intervenir sur des crimes avant que ceux-ci n'aient lieu, grâce à une mystérieuse machine qui leur donne le nom du coupable ou de la victime.

    Person Of Interest - saison 1 Bande-annonce VO

    Entre son concept, les talents derrière la caméra et ceux qui évoluent devant (Michael Emerson, le Ben de Lost, fait équipe avec Jim Caviezel, le Jésus de Mel Gibson), Person of Interest devient l'une des nouveautés les plus attendues de la saison 2011/2012, et 13,33 millions de curieux sont au rendez-vous outre-Atlantique pour la diffusion du pilote. Lequel s'avère prometteur, mais la suite peine à transformer l'essai. L'ensemble a beau être soigné et bien mené, la série ne parvient pas à s'extraire du format procédural (une intrigue différente par épisode) et ressemble très vite à une version des Experts mâtinée de SF à la Minority Report. Efficace sans être vraiment captivant, malgré les mystères qui entourent les personnages principaux et leur machine, le show va même jusqu'à laisser un cliffhanger sans suite et les téléspectateurs commencent à passer leur chemin semaine après semaine. Rien de catastrophique pour autant, même si le mot "déception" se lit de plus en plus face à cette formule qui n'a pas l'air de vouloir évoluer.

    Mais tout change avec l'épisode 7, qui réussit d'abord à nous prendre par surprise en faisant du sympathique Enrico Colantoni (papa de l'héroïne dans Veronica Mars) le méchant de l'intrigue alors que tout faisait de lui la victime du crime à empêcher. Mieux : son personnage de Carl Elias devient un antagoniste récurrent qui lance pour de bon la mythologie d'un show qui nous happe enfin pour ne plus nous lâcher avant la fin de la saison 5. Si vous faites partie de ceux à qui l'on a vanté les mérites de Person of Interest et qui profitez de sa mise à disposition sur Salto pour la commencer, sachez que vous devrez vous armer d'un peu de patience, car le début est un brin laborieux par rapport à ce que la suite vous réserve. Ne faites pas non plus l'impasse dessus, car vous risqueriez de manquer des informations clés sur Reese (Jim Caviezel) ou Finch (Michael Emerson), ainsi que sur les deux policiers qui s'intéressent de près à leurs activités clandestines. Attendez-vous ensuite à découvrir l'une des grandes séries des années 2010.

    HIT MACHINE

    Sans tourner le dos à son concept (sauf dans la dernière saison, qui fait office de conclusion au récit), ni même quitter les environs de New York qui servent son propos, Person of Interest parvient à trouver le bon équilibre entre ses aspects procéduraux et feuilletonnants, chaque enquête servant, par extension, à faire avancer l'intrigue globale. Et c'est peu dire que celle-ci va devenir de plus en plus complexe au fil de semaines et des arrivées de nouveaux personnages récurrents, à commencer par la géniale Root (Amy Acker). Ni méchante, ni gentille, elle évolue dans son propre camp et les téléspectateurs peuvent s'identifier à elle lorsqu'elle tente par tous les moyens de percer les secrets de cette machine qui l'obsède et avec laquelle elle développe un lien de plus en plus important. Il y a également John Greer, ancien agent secret britannique joué par John Nolan (l'oncle de Jonathan) qui devient l'antagoniste principal avec un dispositif visant à concurrencer celui de Finch dans un but malfaisant.

    Citons également Sameen Shaw (Sarah Shahi), qui rejoint les héros bien malgré elle. La policière Joss Carter (Taraji P. Henson, alors future star d'Empire) et son collègue corrompu Lionel Fusco (Kevin Chapman). Et d'autres protagonistes qui reviennent régulièrement et gravitent autour du duo central, dont la dynamique rappelle par moments celle entre Bruce Wayne et Alfred Pennyworth dans les trois volets de la trilogie The Dark Knight co-écrite par Jonathan Nolan avec son frère Christopher. Ce n'est d'ailleurs pas le seul point commun entre les films et la série, qui se rejoignent également dans leur envie de réalisme (à quelques écarts près) et leur ancrage dans l'après-11 septembre. Le choix de New York comme théâtre de l'action de Person of Interest n'est, à ce titre, pas anodin. Alors que des plans larges et/ou aériens de la ville nous rappellent l'absence du World Trade Center, nous apprenons que Finch a conçu sa machine à la suite d'un attentat, pour empêcher que d'autres événements tragiques du même acabit ne se produisent.

    CBS
    Amy Acker, Michael Emerson, Jim Caviezel, Kevin Chapman et Sarah Shahi

    La puissance de son bébé sera plus forte que prévu puisqu'il réussira à prédire des crimes plus petits mais jugés trop peu importants par le gouvernement, grâce à diverses informations, dont les numéros de sécurité sociale avec lesquels chaque future victime ou coupable est désignée en début d'épisode. Derrière son aspect policier, la série pose des questions éthiques qui gagnent en ampleur en 2013, suite aux révélations du lanceur d'alerte Edward Snowden sur la surveillance globale mise en place par les États-Unis, et les entraves à la vie privée qu'elles constituent. La réalité rejoint ainsi la fiction, et ce qui se présentait comme de la SF devient un peu plus tangible. Dans le show, ce coup de tonnerre se traduit également par l'arrivée de Samaritain, un dispositif résultant de tests menés par les États-Unis après les attentats du 11 septembre, et qui devient le pendant diabolique de celui de Finch. Et, plus encore que dans les saisons précédentes, Jonathan Nolan en profite pour aborder les sujets de l'intelligence artificielle et du libre arbitre.

    Des thèmes clés de son œuvre puisqu'on les retrouve au cœur de Westworld, sa série suivante diffusée sur HBO depuis 2016, et qui ressemble par moments à la petite sœur de Person of Interest. Surtout dans la saison 3, où il est littéralement question d'une machine capable de prédire l'avenir avec un interface blanc qui rappelle celui de Samaritain, tandis que le grand méchant Serac (Vincent Cassel) évoque tantôt Root tantôt John Greer. Dans une série comme dans l'autre, Jonathan Nolan ne noircit pas inutilement le tableau quant à l'intelligence artificielle, dont il sait montrer les bienfaits, même s'il privilégie le libre arbitre. Et il le fait dans une atmosphère froide (glaciale même, pour certains) qui paraît, au premier abord, peu propice aux émotions. Il n'en est pourtant rien.

    Car si l'on pouvait reprocher à Jim Caviezel sa partition quelque peu monolithique au début de Person of Interest, le show parvient vite à corriger ce défaut. Sans rendre Reese plus éxubérant, mais en donnant à son efficacité redoutable et sa manière de détruire des rotules à la chaîne un côté parfois comique que renforce également l'ironie de Finch vis-à-vis de ses méthodes de justicier. La série parvient également à briser sa carapace et à nous toucher en plein cœur lorsqu'elle reste au plus près de ses personnages, et n'hésite pas à en sacrifier. Comme dans cet épisode de la saison 3, centré sur une mort majeure, et qui donne lieu à une longue introduction sans paroles et d'une puissance folle dans le suivant. Ou le midseason premiere de la saison 4, l'exceptionnel "If-Then-Else", qui nous faisait pénétrer au cœur de la machine pour observer les différentes possibilités qu'avaient les héros pour se sortir du traquenard dans lequel ils étaient. Un récit qui brillait autant par son côté ludique que par le pessimisme et l'aspect inéluctable de son dénouement.

    RATTRAPAGE AGAINST THE MACHINE

    Un épisode qui résume bien ce que Person of Interest était : une série avec un concept fort, captivante, complexe, jouissive lors de certaines scènes d'action et capable de nous arracher quelques larmes. Autant de qualités qui auraient pu, qui auraient dû, lui permettre d'accéder au panthéon télévisuel de la décennie passée. Mais non. Jamais récompensé, ni même nommé, aux Emmy Awards, le show a régulièrement bougé dans les grilles de programmation et vu ses audiences baisser à partir de la saison 3, après avoir atteint les 13-14 millions de téléspectateurs en moyenne par épisode les années précédentes. Alors que l'ensemble gagnait en qualité, le public était de moins en moins au rendez-vous. Est-ce parce que sa place aurait davantage été sur une chaîne du câble que sur un network comme CBS, diffuseur des Experts ? Parce que, malgré son concept, sa complexité le rendait plus propice au binge-watching qu'à une diffusion hebdomadaire ?

    Il y a des choses qui, sur le coup, ne s'expliquent pas. Mais ce qui paraît certain, au vu du nombre de fans qu'elle gagne régulièrement, c'est que Person of Interest n'a pas eu la reconnaissance qu'elle mérite et a sans aucun doute été sous-estimée à l'époque de sa diffusion. Son arrivée, en intégralité, sur Salto peut donc permettre de rattraper cela, et de constater à quel point elle reste pertinente une décennie après son lancement.

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    Commentaires
    • Last Action Zero
      D'abord Person Of Interest, qui n'a jamais été une série confidentielle, ne dépasse certainement pas en terme de qualité Lost, Fringe ou Big Little Lies, par exemple. Loin de là, même. Et ensuite, mon raisonnement n'est certainement pas de dire qu'elle appartient à Salto. Juste que TF1, M6 et France Télévision, ont chacun leur propre catalogue de droit de diffusion, et qu'ils puisent allégrement dedans sans débourser un sous, pour mettre au pot commun de Salto, une bonne partie des vieilleries qu'on y retrouve. Sinon, The Blacklist, ce n'est pas une série TF1, mais une série NBC.
    • Joanny
      ça reste une sacrée acquisition dans le sens ou même si la série est à priori restée assez confidentielle (et encore ça se discute), elle dépasse en qualité tout ce qui a pu passer sur TF1. Je ne pense pas que le raisonnement elle est passée sur TF1 donc elle appartient à Salto soit pertinent, vu qu'on a quelques séries de la chaîne sur Netflix, comme Blacklist par exemple.
    • andiran23
      Oui, tout le monde a l'air d'être d'accord sur le fait que l'après arc HR est encore meilleur. Je vais avoir besoin d'un gros récap sur YouTube quand je reprendrai, j'aime pas recommencer des séries avant de les avoir finies !
    • meiyo
      Pareil pour mon père. Je compte lui offrir la saison 2 un de ces quatre.
    • meiyo
      L'arc avec le Samaritain a pour moi été excellent et le créateur de la série a dit avoir des idées pour 7 saisons. CBS a annulé la série parce qu'elle n'en tirait que des revenus publicitaires n'en étant pas productrice.
    • Last Action Zero
      Je ne vois pas en quoi ça serait une sacrée acquisition... C'est une vieille série du catalogue TF1, qui n'a cessé d'être en multi-rediffusion à droite ou à gauche, dans le nuage des différentes chaines du groupe. Normal qu'on la retrouve sur Salto et pas sur Netflix... Il faut d'ailleurs s'attendre à retrouver plein d'autre vieillerie récente, toujours dans le catalogue de droit de TF1, débarquer sur Salto pour rentabiliser les vieux restes qui prennent la poussière dans les fond de stock... Walker Texas Ranger, Les Experts, Vampire Diary, New York Unité Spéciale, etc... Ma main à couper que c'est pour bientôt...
    • Last Action Zero
      Une grande série sous estimé ? ... Surtout une trop longue série bien trop estimé... Un show de prestige avec un potentiel d'enfer, gâché par ce flot lassant d'une vingtaine d'épisode par saison, noyé dans ce gros tas d'épisode filler procédural sans grand intérêt, qui gâchent la passionnante histoire centrale... C'est dommage... Je ne se suis jamais allé jusqu'au bout, contrairement à Fringe, qui elle a sut un maximum se départir élégamment, de cette tendance de couper à l'eau une bonne idée, histoire de rallonger la sauce sur 6 mois, à la demande des chaines publique américaine, et de leurs coupures pub toutes les 10 minute.
    • Plaza13
      bah, c'est le syndrome du slogan de la pub Renault : ca marchera pas..très franchouillard...je dois être un des seuls ici a avoir défendu la plateforme à sa sortie...pour revenir a PoI : Fonce !les protagonistes et les enjeux s'enrichissent au fil des épisodes. De plus, il y a une vraie saison finale...
    • Plaza13
      tout à fait ! faut s'accrocher jusqu’en mi-saison 1 et après ça décolle.une des meilleures séries de ces dernières années
    • Plaza13
      et The Shield ;)
    • Plaza13
      je t'y encourage fortement ;)même si la saison finale est raccourci de moitié, tout le gras d'une saison de 22 épisodes a été retiré et il y a une vraie fin.^^je l'ai fait découvrir a un pote à l'époque, il a plongé en mi-saison 1 et attendait la suite avec impatience....et depuis il a revu une 2eme fois en intégrale...une des meilleures séries de ces dernières années et sujet de plus en plus actuel.
    • Joanny
      sacrée acquisition pour Salto, qui est décidément très loin de l'idée qu'on pouvait s'en faire lorsque la plateforme a été annoncée. Et un coup dur pour les abonnés de Netflix, qui espéraient sans doute la voir arriver un jour.Pour ma part, la série fait partie de mon interminable liste de séries à regarder, je n'ai vu que la saison 1, mais on ne m'en dit que du bien.
    • negeil
      Une des meilleurs séries écrites avec la plume, avec Breaking Bad bien sûr.
    • andiran23
      En plus c'est incompréhensible, je viens de vérifier et jusqu'à la fin de la saison 4, elle cartonnait encore ! D'un coup ça s'est effondré en saison 5. Sans explication ils se sont torpillés à la diffuser deux par semaine, un le lundi et un le mardi, à 22h contre 21h avant, soit quand la moitié des gens ne sont déjà plus devant leur télé. Ptêt parce qu'ils partageaient les revenus avec la Warner qui produisait la série ... Mais même, elle était visionnée par 12-13 millions de téléspectateurs en saison 4, ça n'a aucun sens d'annuler ça comme ça !Pour ma part j'ai arrêté au 3x11, je sais même pas pourquoi, y'a quelques années. Je reprendrai probablement un jour, vu que tout le monde dit que l'après-arc HR est encore meilleur. Jusqu'à là j'aimais bien, c'était cool, sans me fasciner non plus. Et puis Amy Acker me manque donc je m'y remettrai certainement :P
    • adlertar
      J'ai vraiment beaucoup aimé cette série ! En effet, il faut s'accrocher sur les premiers épisodes qui tournent en rond. Cela met en place la partie simple de l'univers, qui va se complexifier sans discontinuer jusqu'au bout
    • FilmsetSeries87
      Dans le Top de mes séries préférées !
    • elise d.
      J’adore cette série.Foncez
    • meiyo
      Avant cette satanée vague de reboots, l'annulation de ce bijou télévisuel est la pire erreur de CBS.
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