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    Sœurs : coup d'œil sur ce drame personnel avec Isabelle Adjani, Maïwenn et Rachida Brakni
    30 juin 2021 à 09:00
    Thomas Desroches
    Thomas Desroches
    -Journaliste cinéma et séries
    Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Animé par les œuvres engagées, les films de genre, les documentaires ou encore l’univers de Xavier Dolan, il partage également sa passion sur le podcast d'AlloCiné.

    Dans les salles dès ce 30 juin, "Sœurs", deuxième long métrage de Yamina Benguigui, réunit un excellent trio d'actrices dans une histoire bouleversante sur les origines et le poids de l'héritage.

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    À l'origine de Sœurs, il y a un coup de téléphone. Celui reçu par la réalisatrice Yamina Benguigui qui apprend, en plein tournage de la série Aïcha, que son père est victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC). "Je ne l'avais pas revu depuis de nombreuses années et toute mon histoire est remontée. Je devais appeler mes sœurs et nous devions converger vers lui", explique-t-elle au micro d'AlloCiné. Ce film, son deuxième après plusieurs documentaires, elle le décrit comme étant "40% autobiographique et 60% fictionnel".

    Sœurs
    Sœurs
    Sortie le 30 juin 2021 | 1h 35min
    De Yamina Benguigui
    Avec Isabelle Adjani, Rachida Brakni, Maïwenn, Hafsia Herzi, Rachid Djaïdani
    Presse
    2,5
    Spectateurs
    2,8
    Séances

    L'histoire suit trois femmes liées par le sang marquées par la disparition de leur frère, Rheda. Ce dernier fut enlevé par leur père en Algérie. Lorsque le patriarche décède, elles doivent retourner dans leur pays natal. “On croit avoir réglé des choses en s'éloignant de sa famille, mais finalement non, fait savoir la cinéaste. Il suffit d'un coup de téléphone et vous revenez à la case départ." Ce retour près des racines familiales, Yamina Benguigui l'aborde en mêlant le passé au présent à travers différentes séquences de flashback.

    Yamina Benguigui sur le sentiment de culpabilité des enfants d'Algériens :

    Sœurs : Yamina Benguigui sur le sentiment de culpabilité des enfants d'Algériens

     

    Pour mener à bien ce projet personnel, elle réunit trois actrices, talentueuses bien sûr, mais aussi connues pour leurs fortes personnalités : Isabelle AdjaniMaïwenn et Rachida Brakni. Toutes les trois, elles créent une dynamique puissante qui porte le film jusqu’à sa dernière minute. "Au moment de l'écriture, il y a des visages qui s'imposent. Il y en a eu deux pour moi : Isabelle Adjani et Rachida Brakni", confie la réalisatrice. Quand elle a eu connaissance du film et de son sujet, la seconde s'est sentie concernée par cette histoire.

    "Mon propre père est arrivé très jeune en France et mes parents ont toujours été très discrets sur cette vie alors que j'étais en demande. L'histoire de Yamina Benguigui a comblé un vide", lance Rachida Brakni devant la cinéaste. Pour l'actrice, Sœurs met en lumière une période de l'Algérie qui a longtemps été réduite au silence : "J'ai toujours déploré que ce pan de l'histoire, qu'on appelait encore il n'y a pas si longtemps "les événements", soit inconnu. Il y a une vraie lacune des deux côtés de la Méditerranée."

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    Maïwenn, Rachida Brakni et Isabelle Adjani.


    Rachid Djaïdani, qui joue un double rôle dans le film - celui d'un acteur de théâtre et le père des trois sœurs dans les scènes de flashback -, insiste sur sa "grande fierté" de participer à un tel projet. L'ancien boxeur n'hésite pas à faire des parallèles entre son sport et la ténacité de sa réalisatrice : "Yamina est une vraie coach. Elle te sort de ta zone de confiance. Avec deux, trois mots, elle déclenche un mouvement. Je suis monté sur ce ring avec beaucoup d'attention et de tension. Mais quand devant toi tu as Rachida, et Isabelle qui te regarde comme un chat à distance, tu as intérêt d'être costaud."

    Tourné en deux fois, pendant les manifestations contre Abdelaziz Bouteflika, Sœurs prenait forme alors que l'Algérie vivait un événement majeur dans son histoire. "J'ai bien cru que le film allait s'arrêter", affirme Yamina Benguigui avec du recul. Du côté de Rachida Brakni, c'était l'occasion rêvée de prendre part à une révolution : "J'ai senti une jeunesse avide de liberté et de changement, c'était beau de voir cette continuité là."

    Propos recueillis par Thomas Desroches, à Angoulême, en août 2020.

    Découvrez la bande-annonce de "Sœurs" :

     

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    Commentaires
    • Madolic
      Au moment de l'écriture, il y a des visages qui s'imposent. Il y en a eu deux pour moi : Isabelle Adjani et Rachida BrakniBah justement, c'est le choix de la 3e qui me rebute à voir ce film ...
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