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    Chabrol, Le Silence des agneaux... Les références culte de L'Origine du mal avec Laure Calamy
    6 oct. 2022 à 07:30
    Brigitte Baronnet
    Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 10 ans. Elle anime le podcast Spotlight.

    De Claude Chabrol au Silence des agneaux, découvrez quelques unes des références de L'Origine du mal de Sébastien Marnier, au cinéma depuis mercredi 5 octobre.

    De quoi ça parle ? 

    Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille : un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d’affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu’une inquiétante servante. Quelqu’un ment. Entre suspicions et mensonges, le mystère s’installe et le mal se répand…

    L'Origine du mal
    L'Origine du mal
    Sortie : 5 octobre 2022 | 2h 05min
    De Sébastien Marnier
    Avec Laure Calamy, Doria Tillier, Dominique Blanc
    Presse
    3,5
    Spectateurs
    3,7
    Séances (21)

    Un film sous influences cinéphiles

    Attention, cet article contient de potentiels spoilers sur le film. Si vous voulez garder un maximum la surprise sur l'intrigue du film, nous vous conseillons la lecture de cet article après l'avoir vu.

    Après avoir découvert L'Origine du mal, il est fort à parier que vous aurez envie d'en savoir un peu plus sur quelques unes des références qui se cachent dans ce film, truffé de clins d'œil qui régaleront les spectateurs.

    Qu'il s'agisse de la scène d'ouverture, de cette grande maison ou du look de certains des personnages, L'Origine du mal fait écho à des films parfois très connus. Nous allons recenser quelques unes de ces références, sans être exhaustif.

    Interrogé sur la question des influences, Sébastien Marnier indique, à notre micro, en préambule ne pas forcément mettre consciemment des références : "On ne réfléchit pas forcément à des références très précises quand on fait un film, nous explique-t-il. "On dévore le cinéma, on l'analyse, on le digère. On ne vit un peu que pour le cinéma, donc forcément que tout ça a infusé et on ne se pose pas forcément la question." A son tour, Laure Calamy nous indique : "Je ne peux pas donner toutes les références auxquelles je penserais [pour mon personnage]. Pour ne pas donner trop d'indices, je dirais que ce serait un mélange de Prête à tout, Pas de printemps pour Marnie et Gone Girl".

    Des personnages féminins iconiques

    Parmi les qualités du film L'Origine du mal, il y a précisément la mise en lumière de forts caractères féminins, réservant beaucoup de surprises dans leur évolution. Autour du personnage de Stéphane (Laure Calamy), qui est au cœur de l'intrigue, on trouve une galerie de figures, comme celle incarnée par Doria Tillier ou Dominique Blanc.

    Le personnage de Dominique Blanc, qui joue la mère de cette intrigante famille, fait écho à une figure iconique du cinéma, Norma Desmond (Gloria Swanson) dans Boulevard du crépuscule.

    D.R.

    Comme on peut le voir sur cette photo du film, le décor du film fait aussi penser à L'Origine du mal. Dans ces deux films, la vaste et fastueuse maison occupe une place centrale. On pense également à Huit femmes de François Ozon, qui met aussi l'architecture de la maison au coeur du scénario, et une galerie de personnages féminins basés sur des archétypes.

    Toujours à propos de personnages mystérieux et au look intrigant, on peut convoquer Rebecca d'Alfred Hitchcock en observant la coiffure ou le comportement de la servante, Agnès, jouée par Véronique Ruggia Saura.

    D.R.

    Au cours de notre entretien, Laure Calamy a évoqué d'autres influences notables : "On parle beaucoup de [Claude] Chabrol, mais pour moi, il y a aussi beaucoup de [Luis] Bunuel. Il y a quelque chose d'absurde, de l'ironie, ce truc mordant...", ajoute-t-elle à notre micro.

    Chacun des looks des personnages est très étudié, jusqu'au personnage de Suzanne Clément, qui s'inspire d'un thriller des années 90. "Je voulais vraiment qu'elle soit habillée comme Jodie Foster dans Le Silence des agneaux. Avec la costumière, nous sommes allés rechercher des sweats avec col roulé. Même au niveau capillaire, c'était vraiment une influence. Par ailleurs, vu que c'est un rôle assez physique pour Suzanne, comment la sculpter, comment elle s'est sculptée elle-même... J'avais vraiment envie de filmer tous les corps. Suzanne Clément s'est affûtée pour le film", nous indique Sébastien Marnier.

    Les codes du thriller des années 90

    Autre influence forte, celle des thrillers en vogue dans les années 90. Le look de Suzanne Clément peut en effet rappeler celui du film Bound des Wachowski.

    "Bound est rentré dans l'histoire car c'est un thriller lesbien. J'adore les thrillers et ces films avec une vraie sensualité, un vrai érotisme, et je trouve que ça disparaît un peu trop à mon goût. On a soit les films tout à fait prudes, soit des clips totalement porno, et il n'y a pas vraiment d'entre-deux. En tant que spectateur, quand j'étais adolescent dans les années 90, il y a eu toute cette vague de thrillers un peu sexy avec Sharon Stone, Last Seduction avec Linda Fiorentino... Peut être moins Bound d'ailleurs que des films comme Liaison Fatale d'Adrian Lyne.

    Il n'y avait pas tant de films que ça avec de grands personnages féminins. On disait d'elles qu'elles étaient des salopes et des garces, alors qu'elles étaient juste puissantes, et peut être machiavéliques. On avait envie de cette sensualité, cette sexualité un peu souterraine, vénéneuse qui traverse tout le film", souligne Sébastien Marnier, au micro d'AlloCiné. 

    D.R.

    Citons encore un cinéaste dont la présence plane sur le film, celle de Brian de Palma. La scène d'ouverture dans les vestiaires peut évoquer les premières minutes de Carrie au bal du diable, mais surtout l'utilisation à plusieurs reprises du split-screen peut aussi être vu comme un clin d'oeil à de Palma. "Le premier split-screen est venu d’une contrainte : la scène du premier déjeuner était très longue et je voulais la dynamiser. Le split-screen s’est imposé comme une révélation. On a pris un plan séquence de Stéphane – qui est au centre de tous les split-screens – et comme elle était mal accueillie par ses hôtes, je voulais qu’elle ait de moins en moins de place, qu’elle soit cernée", indique Sébastien Marnier.

    "Cette idée a révélé une partie de la grammaire du film. (...)  C’est compliqué car tout est une question de regard et de triche mais encore une fois, c’était passionnant à fabriquer. J’ai toujours aimé le split-screen, comme le zoom d’ailleurs. Ce sont mes références de cinéma et j’aime quand la mise en scène est visible. Je voulais que dans L'Origine du mal, la direction artistique, la mise en scène et le travail du son prennent une charge narrative importante.

    A notre micro, le cinéaste a souligné l'importance de "donner du spectacle aux spectateurs", qu'il s'agisse "de vrais films de cinéma à voir en salle", "que ces films ne soient pas des chemins tous tracés". "On a envie dans ce film, quoi qu'il raconte, de s'amuser, et nous aussi en le fabriquant", conclut Sébastien Marnier.

    L'Origine du mal est à l'affiche depuis le mercredi 5 octobre.

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