"Rapaces", de Peter Dourountzis, nous plonge dans les méandres du journalisme d'investigation et des faits divers sordides. Le film se débat entre de belles promesses et quelques écueils, laissant le spectateur sur une impression mitigée mais pas désagréable.
La grande force du film réside indéniablement dans ses interprétations remarquables. Sami Bouajila est impeccable en journaliste chevronné et obstiné, et Mallory Wanecque confirme son talent en jeune stagiaire, apportant une dimension de fragilité et de détermination à l'ensemble. Le duo fonctionne bien, et porte le film avec une conviction palpable. La mise en scène, sobre et efficace, de Dourountzis est à saluer, instillant une atmosphère de tension par la suggestion plutôt que l'exhibition. Elle atteint son paroxysme dans l'excellente scène du restaurant, véritable morceau de bravoure qui fait grimper la tension à son comble.
Pourtant, malgré ces atouts, le film peine à maintenir une tension constante. La mise en place est, bien qu'intéressante, longue. On se laisse porter par l'ambiance et les personnages, mais le rythme inégal et les longueurs de la première partie peuvent laisser le spectateur sur sa faim. Le scénario, parfois décousu, multiplie les intrigues sans toujours les lier de manière suffisamment fluide, ce qui peut entraîner un sentiment de confusion ou d'un manque d'enjeux clairs.
C'est dommage, car c'est au bout d'une bonne heure que la tension monte et atteint son sommet dans cette scène culte du restaurant. On sent alors le potentiel haletant du thriller se déployer. Mais on aurait souhaité cette intensité tout au long du film. "Rapaces" est un film qui a des qualités indéniables, notamment dans sa direction d'acteurs et quelques scènes mémorables, mais qui ne parvient pas à maintenir un souffle constant, donnant l'impression d'un thriller qui s'éveille un peu tard.