MY SUNSHINE de Hiroshi Okuyama
La séance s’ouvre sur un plan américain d’un jeune homme à l’allure très juvénile. Il a 28 ans, et comme beaucoup de ses concitoyens, on pourrait le croire tout juste sorti de l’adolescence. Il présente son film "My Sunshine". Enfant il a pratiqué le patinage pendant 7 ans, il s’est inspiré de cette période de sa vie.
Sur l’île d’Hokkaido, c’est la saison de l’hiver. Takuya comme les jeunes garçons de son âge, pratique le hockey sur glace. Sur la patinoire, son regard est attiré par une jeune fille, Sakura, qui évolue avec grâce. Il la regarde, le temps pour lui semble s’arrêter. Proche de la sidération, il est happé par ce qu’il voit. Seul sur la patinoire, il tente de l’imiter. La limpidité des déplacements de Sakura est inversement proportionnelle aux difficultés d’élocution de Takuya. Le coach de la jeune fille le repère et se rapproche de lui. Il lui prête ses anciens patins pour l’aider à réaliser des pirouettes. A force de persévérance le garçon progresse rapidement. L’entraîneur décide alors de les préparer pour la compétition en duo. Ils sont rares au Japon, et les deux jeunes gens ont toute leurs chances de se faire remarquer.
Les deux adolescents se rapprochent jusqu’à créer une réelle harmonie, partagée avec leur coach.
La musique est quasi absente du film. Si ce n’est un unique morceau incontournable des chorégraphies de duo. Il est diffusé par un appareil à cassettes au bout du bras du coach, qui les suit en patins. On entend le crissement des lames sur la glace. A l’extérieur tous les bruits sont feutrés et semblent se perdre dans la neige. Le format carré de l’image confère au film un parfum de réminiscence. Sa colorimétrie et son grain sont singuliers, ils sonnent une sensation d’irréalité. Tel un voile d’où perce la lumière du soleil qui éblouit sur la patinoire. On est hors du temps, dans une réalité qui s’éloigne, quasiment un souvenir.
Ce film d’apprentissage doux amer est de toute beauté. Il porte l’ivresse des premières fois. Les choix du réalisateur suggèrent en hors champs la délicatesse du sentiment amoureux.
Un second film remarquable, qui a déjà reçu plusieurs distinctions dans des festivals en Asie. Nous sommes chanceux d’avoir pu le découvrir lors de ces saisons d’Hanibi.
My Sunshine (ぼくのお日さま, Boku no ohisama) de Hiroshi Okuyama avec Keitatsu Koshiyama, Kiara Takanashi, Sõsuke Ikematsu, Ryüya Wakaba