Vu de France, le cinéma de Ferzan Özpetek semble inégal et son nom ne vient pas de suite à l'esprit, lorsqu'il s'agit d'évoquer les grands cinéastes italiens (Bellocchio, Moretti, Sorrentino, Martone, etc). Qui plus est, ses films ne franchissent pas tous les Alpes, à l'instar de son avant-dernier, visible sur une célèbre plateforme. Diamanti, en tout cas, ressemble à son défi le plus ambitieux, rendant hommage aux femmes, au cinéma et aux maisons de couture. Le film ne lésine pas sur les costumes, somptueux, ni sur le fourmillement d'intrigues, dans un univers romanesque qui sinue entre le drame et la comédie, avec une élégance avérée. D'un autre côté, la mise en abyme, voulue par le réalisateur, ne paraît pas tellement utile, mais ne gêne pas la dynamique globale du récit. Özpetek aime les actrices et a quasiment réuni toutes celles qui ont déjà tourné avec lui, avec quelques novices en plus. Si le scénario s'égare parfois, il se remet sur les rails grâce aux deux rôles centraux, ceux de dirigeantes d'un atelier de couture, deux sœurs au tempérament très dissemblables. Pour les incarner, il n'y avait meilleur choix que celui de la toujours parfaite et magnifique Jasmine Trinca, qui a même la classe de laisser briller sa camarade de jeu, moins connue, Luisa Ranieri. De fil en aiguille, Diamanti, sans atteindre la splendeur d'une œuvre de Visconti, flatte l’œil et l'esprit sans jamais que ses 2 heures et 15 minutes ne paraissent languissantes.
Le film débute avec un moment de joie et de convivialité, voir de complicité où le réalisateur lui-même Ferzan Özpetek invite les actrices qu'il aime et qu'il a déjà fait tourner un faire un film par et pour elles en mettant à l'honneur le travail en coulisse des costumières et des couturières qui, souvent, sont les petites mains qui rendent les actrices plus belles encore. Une petite mise en abîme avant de plonger dans un tournage de film qui ne dit pas son nom, un tournage qui se fait même invisible comme une histoire vraie qui imprime la pellicule. L'immersion dans l'atelier de couture est séduisante et savoureuse, mêlant à la fois drame et comédie, alternant les sentiments comme les émotions où on apprend à connaître les unes et les autres dans leur intimité, leur quotidien, leur bonheur comme leur souffrance. Il y a quelques facilités narratives également et on ne parlera pas de l'affiche somptueuse mais trompeuse. La mise en abîme s'invite par ci par là, jusqu'à la dernière partie qui accentue le concept pour juste rappeler la magie du cinéma et de l'illusion et qu'il n'y en a pas sans les femmes. La dernière demi-heure est un tourbillon d'émotions où tout se recoupe, où l'élégance de la mise en scène n'a d'égal que les arts et la féminité qui se réunissent en une robe somptueuse. Un grand film... Site : Selenie
Dans Diamanti, Ferzan Özpetek signe un film profondément habité par la mémoire du cinéma italien, en choisissant un lieu emblématique et rarement mis au premier plan, l’atelier de costumes. Dès les premières images, le film plonge le spectateur dans la Rome des années 70, une époque charnière où l’artisanat dialoguait encore intimement avec la création cinématographique. Ce choix de décor n’a rien d’anecdotique. Il devient le cœur battant du récit, un espace où les gestes comptent autant que les mots, et où la création se construit dans le temps long, à l’écart des projecteurs.
Le point de départ est volontairement simple. Un réalisateur de renom réunit ses actrices fétiches autour d’un projet dont il ne dévoile que peu d’éléments. Ce flou initial permet au film de se concentrer sur l’essentiel, les relations humaines, les regards, les silences et le travail partagé. L’atelier dirigé par deux sœurs aux tempéraments opposés devient alors un microcosme émotionnel, peuplé de femmes aux parcours et aux sensibilités différentes. Aucune n’est réduite à une fonction ou à un archétype. Chacune existe par son rapport au travail, par sa manière d’occuper l’espace et par les liens qu’elle tisse avec les autres.
Diamanti s’impose rapidement comme une œuvre chorale où les femmes occupent pleinement l’espace narratif et symbolique. L’atelier n’est pas un simple décor, mais un organisme vivant, rythmé par le bruit des machines, le froissement des tissus et l’attention portée au moindre détail. Özpetek filme ces gestes avec une précision quasi documentaire, sans jamais idéaliser ses personnages. Leurs forces résident autant dans leur savoir-faire que dans leurs fragilités assumées, dans cette capacité à créer ensemble malgré les tensions et les doutes.
Le film explore la sororité de manière concrète, loin de tout discours théorique. Ici, la solidarité se construit au quotidien, dans l’effort partagé, les conflits passagers et les réconciliations silencieuses. Les générations se croisent naturellement, les plus jeunes apprennent en observant, les plus anciennes transmettent par l’exemple. Cette dynamique confère au film une dimension intemporelle et mélancolique, rappelant un monde artisanal aujourd’hui fragilisé.
En choisissant de centrer son récit sur ces figures féminines, Ferzan Özpetek affirme une vision culturelle forte. La création n’est jamais le fait d’un génie solitaire, mais d’un collectif où chaque contribution compte. Diamanti devient ainsi un hommage aux métiers de l’ombre, à la mémoire transmise par les mains, et à la place essentielle des femmes dans l’histoire du cinéma italien. Porté par un casting d’exception et sublimé par la musique de Giuliano Taviani et Carmelo Travia, avec une chanson finale interprétée par Giorgia, le film célèbre un cinéma de transmission, de patience et d’humanité.
Un « feel good movie » magnifiquement filmé et superbement joué où on admire ces femmes dans leurs façons d’être. Dommage que les histoires, à la fin, ressemblent trop à la collection Harlequin avec une débauche de bons sentiments, de rédemptions miraculeuses et de "happy ends" . Cela reste plaisant quand même.
Alberta Canova (Luisa Ranieri) dirige avec sa sœur, à Rome, dans les années 70, le prestigieux atelier de couture qu'elle a hérité de sa mère. Spécialisé dans la confection de costumes d'époque pour le théâtre et pour le cinéma, il emploie une dizaine de personnes. Il doit répondre à une commande particulièrement délicate pour un film dont la costumière oscarisée se montre extrêmement exigeante.
Ferzan Özpetek est un réalisateur italien d'origine turque aujourd'hui sexagénaire qui, depuis une trentaine d'années, tourne des comédies romantiques élégantes. Homosexuel affiché, il aime raconter des histoires d'amour et d'amitié entre des hommes et des femmes empêchés par leur milieu social. Ses deux films les plus réussis ont déjà près d'un quart de siècle : "Tableau de famille" en 2001 et "La Fenêtre d'en face" en 2003.
Il nous livre avec "Diamanti" un film intemporel qui lorgne du côté de Douglas Sirk et se pose en hommage autoproclamé aux femmes. Pratiquant une forme de film dans le film, il commence par une joyeuse scène durant laquelle il rassemble ses actrices, ses "diamants", de nos jours à Rome sur sa terrasse, autour d'un déjeuner, pour leur présenter le film qu'il leur propose de tourner ensemble.
Le film vaut surtout par son cadre, cet atelier de couture, cette ruche bourdonnante où le bruit ne cesse jamais. Il vaut aussi par ses actrices - car le film se conjugue exclusivement au féminin - qui ont chacune leur histoire à raconter. On se croirait presque dans un film à sketches avec sa succession de courtes historiettes qui mettent en scène chacun des personnages à tour de rôle.
Cette structure nuit à la cohérence de l'ensemble et au scénario dont le seul fil rouge est la confection de la robe que l'héroïne portera dans la dernière scène du film. On pourrait imaginer que c'est celle de l'affiche qu'en fait on ne verra jamais. C'en est une autre, tout aussi imposante mais nettement moins belle.
"Diamanti" s'étire sur plus de deux heures. Son format mal calibré porte la marque de son défaut de fabrication. "Diamanti" ressemble plus à une (mini) série, avec sa foule de personnages et d'intrigues secondaires qu'à un film avec un début, un milieu et une fin.
Un réalisateur italien propose un projet à ses actrices préférées : un film sur les femmes dans les années 70 au coeur d’un atelier de couture pour le cinéma et le théâtre. On peut déjà noter que l’idée du film dans le film n’a aucun intérêt et vient polluer un scénario qui se suffisait à lui même. Intéressons nous donc à la vie de cet atelier de couture où les femmes vivent entre elles au rythme des machines à coudre, des histoires d’amour, des drames aussi. C’est plein de sororité, drôle par petites touches. On ne retient finalement pas grand chose de ce film bien trop long…
Le nom de Ferzan Özpetek ne vient pas tout de suite à l’esprit quand on parle du cinéma italien actuel, contrairement à ceux de Bellocchio, Moretti, Sorrentino, Martone, etc. Pourtant ces 135 minutes – peut-être un peu longues -, le place dans le haut du panier des réalisateurs transalpins. Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 70, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent… Une mise en abyme subtile et réjouissante, un hommage appuyé aux femmes, au cinéma et aux maisons de couture… Une pépite. Le réalisateur affirme qu'il y a toujours une part d'autobiographie dans ses œuvres. Pour ce film, il s'est inspiré de ses propres souvenirs des années 1980, lorsqu'il travaillait comme assistant réalisateur et qu'il fréquentait des ateliers de costumes de cinéma et de théâtre. Ces lieux me fascinaient, je ressentais l’enchantement de ces sanctuaires de beauté séculaires, où la créativité s’épanouissait avec ingéniosité, rigueur et dévouement confiait-il récemment. Delà est née l’idée d’un film à travers les histoires de celles qui inventent ces costumes, les dessinent, testent les tissus, ressentent les étoffes, cherchent obstinément les combinaisons de couleurs parfaites, les ornements, l’obsession des détails qui contribuent à l’harmonie des pièces finales, parfois de véritables chefs-d'œuvre. Le film ne lésine pas sur les costumes, somptueux, - évidemment -, ni sur le fourmillement d'intrigues, dans un univers romanesque qui oscille entre drame et comédie, avec une élégance raffinée. La caméra filme avec grâce et bienveillance ces élans de sonorité salvateurs qui compensent les chaos de la vie de ces femmes - violence conjugale, précarité, peine de cœur, deuil… -. Une œuvre élégante et émouvante dédiée à tous les « diamants » du monde. Özpetek aime les actrices et a quasiment réuni toutes celles qui ont déjà tourné avec lui. Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Kasia Smutniak, Elenia Sofia Ricci, Lunetta Savino, Aurora Giovinazzio participent brillamment à ce film choral enthousiasmant et plastiquement magnifique. Un film à découvrir dès que possible. Un éblouissement de chaque instant.
Il y a quelque chose de "too much" dans ce film, cela devient lassant. Trop de bruit, trop de costumes, trop d'intrigues qui ne s'imbriquent pas. Le jeu d'acteurs/actrices trop appuyé., trop de mélo. Film très moyen au final.
Cette fin de semaine du Festival d'ARTE MARE s'est terminée pour moi avec la projection d'un long métrage absolument sublime, "DIAMANTI" réalisé par Ferzan Ozpetek. L'approche est somme toute atypique puisque le réalisateur associe la réalité à la fiction et convie des artistes, pour son futur film, si chacun d'eux accepte de participer à l'aventure. Un atelier de couture sera le témoin des émois, des émotions et des drames de femmes travaillant dans un quotidien rythmé par l'effervescence de la confection de costumes dédiés au théâtre et au cinéma. La beauté fait office d'apparat. La couture est un art qui se forge et se transmet, un lien indéfectible unissant Gabriella et Alberta, une passion qu"elles partagent avec un personnel exclusivement féminin. "DIAMANTI" est une ode à la vie, une histoire de femmes. Très belle distribution ! Un film bouleversant ! A voir sans hésiter !
Un film magnifique qui ces femmes de l’ombre les couturières et costumières du cinéma. Un film qui traite aussi de la sororité, du deuil, de la condition des femmes dans les années,70 en Italie, toujours avec finesse et poésie. La photo est sublime, les couleurs chaleureuses, on goûte à ce beau pays, on le déguste et on a envie de faire partie de « diamanti ». A voir !
Voilà un film caméléon : il commence par une mise en abyme, le réalisateur lui-même ayant convié ses actrices préférées à un déjeuner, afin de les convaincre de jouer dans un film sur les couturières et costumières de cinéma, qu’il qualifie de diamants (d’où le titre). Sans transition, on pénètre dans le récit, celui de l’entreprise familiale Canova, dirigée par 2 sœurs, Alberta, autoritaire et froide, et Gabriella [Jasmine Trinca, 43 ans et qui jouait Maria Montessori dans « La nouvelle femme » (2023) de Léa Todorov]. Vu la quinzaine de personnages, le film ressemble d’abord à un « soap opera » américain des années 1970-80’ ou une telenovela brésilienne, avec trop de personnages, souvent hystériques et/ou égocentriques, beaucoup de dialogues et une caméra trop mobile qui donne le tournis. Petit à petit, les protagonistes prennent forme, deviennent intéressant(e)s et le film se transforme en un mélodrame, proche de ceux de Douglas Sirk ou de Pedro Almodóvar, avec une scène finale d’une grande maitrise et émotion. Il y a probablement une partie autobiographique et le réalisateur rend hommage à un métier peu connu du grand public, souvent dans l’ombre, principalement féminin et faisant preuve de solidarité. Il y a pourtant un Oscar de la meilleure création de costumes mais qui connait ou se souvient d’Edith Head (8 Oscars entre 1950 et 1974) et de Sandy Powell (3 Oscars) ? Idem pour les Césars ?
"« Emotion brillante» Quel plaisir de passer un peu plus de 2h dans cet univers du costume de cinéma et de théâtre des années 70 à Rome, avec une palette de femmes bigarrée (il y a quelques hommes qui ont surtout un rôle de faire-valoir dans ce monde très féminin) et leurs situations souvent difficiles. Leur habillement et les costumes tout en élégance et ces personnages attachants font oublier les quelques inégalités du scénario, entre drame et comédie. "
Très beau film sur le cinéma, les costumières et la condition des femmes dans les années 70 en Italie. C'est coloré, émouvant et les acteurs sont TOUS formidables. A voir très vite