Récital Chopin
Pour des raisons que j’ignore, Jacques Otmezguine a complètement disparu de la circulation depuis 2010. Et encore, faut-il ajouter que toute sa production jusqu’à cette date a été pour le moins confidentielle. Il resurgit avec ce drame historique de 106 minutes, dont le thème aurait dû être passionnant. Hélas… À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, François Touraine, grand virtuose du piano, n’a d’autre choix que de partir jouer en Allemagne pour sauver la femme qu’il aime, sa professeure. Rachel est juive dans une époque qui ne le permet plus… À son retour en France, il n’est plus que l’ombre de lui-même lorsqu’il rencontre Annette… Je n’y ai pas cru un instant tant la reconstitution est minable tout comme l’interprétation. Reste la musique de Chopin…
Le film se déroule sur trois décennies sombres XXe siècle : La Grande Dépression, la Seconde Guerre mondiale et la Libération, racontées à travers les histoires personnelles des protagonistes. Je me répète, le manque de moyen, le scénario bancal, - quand il ne tourne pas au ridicule… Ah les cours de piano donnés par un fantôme ! -, et la médiocrité du casting dont le jeu théâtral et empesé, plombé qu’il est par des dialogues beaucoup trop écrits, tout cela a provoqué chez moi une irritation et un ennui regrettables. Peut-être attendais-trop de cette histoire ? Peut-être ce cinéaste s’est-il attaqué à trop gros pour lui avec des moyens trop limités – réduire le Philarmonique de Berlin à un orchestre de chambre qui répèterait dans un hall d’immeuble ??? -, et un casting plus qu’approximatif ? Heureusement il reste Chopin !
Jacques Otmezguine a offert à de futurs grands comédiens leur premier grand rôle au cinéma. Parmi eux, Vincent Lindon, Gaspard Ulliel, Guillaume de Tonquédec ou Pascale Arbillot. Je doute fort qu’il connaisse la même réussite avec Oscar Lesage, - raide comme un passe-lacet dépressif -, Pia Lagrange ou Zoé Adjani, qui font ce qu’elles peuvent mais peuvent peu. Ici, ce sont les seconds rôles qui sont défendus par des acteurs et actrices reconnus comme Philippe Torreton, Laurence Côte, Andréa Ferréol, André Manoukian, qui sont contaminés par la médiocrité du reste du casting. En définitive, il ne reste que la musique de Chopin… mais je l’ai peut-être déjà dit.