Ce film est présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2025.
Yann Gozlan a découvert Les Fleurs de l’Ombre de Tatiana de Rosnay pendant le premier confinement, en avril 2020. Une histoire traitant d’un futur proche et de toutes ses problématiques, qui l’a "intrigué". En outre, le livre faisant également écho à l’époque de la pandémie où régnait la paranoïa, le réalisateur a eu le désir de l’adapter sur grand écran. Il a fallu cependant attendre deux ans, le temps de terminer un autre projet cinématographique, pour que Yann Gozlan se concentre sur Dalloway.
Yann Gozlan s’est inspiré de la crainte du remplacement de l’homme par la machine, qui est présente dans de nombreux livres de science-fiction, pour la moderniser. C’est la raison pour laquelle il a axé son intrigue sur la figure de l’artiste et comment celle-ci est confrontée dans son art à l’intelligence artificielle.
Yann Gozlan a pris des libertés par rapport au livre de Tatiana de Rosnay, en accord avec cette dernière. Ainsi, il a ajouté le contexte de la pandémie, il a supprimé certains personnages et modifié un peu l’intrigue, notamment la fin, qui est beaucoup plus ouverte dans le roman. Avec ses co-scénaristes, le réalisateur a préféré concentrer son intrigue sur la relation entre Clarissa et son IA.
Le réalisateur a multiplié les gros plans de Cécile de France pour être au plus proche de son regard, afin que le spectateur adopte son point de vue hostile sur l’environnement, tandis qu’il est présenté au départ comme rassurant. Yann Gozlan confie ainsi : "J’ai multiplié les plans en mouvement qui suivent Clarissa ou les plans subjectifs nous faisant découvrir ce qu’elle voit comme si nous étions au plus près d’elle. À travers cette mise en scène subjective et immersive, je voulais créer un double mouvement chez le spectateur. Qu’il s’identifie entièrement à Clarissa, comprenant ses motivations et ressentant sa montée de stress, tout en doutant à un moment donné de sa santé mentale."
C’est en regardant une émission retraçant la carrière de Mylène Farmer dans laquelle on pouvait voir une interview de la chanteuse que Yann Gozlan a l’idée de lui confier le rôle de Dalloway. S’il passe quand même des essais peu concluants avec d’autres actrices, il décide malgré tout de contacter Mylène Farmer par une amie commune. Séduite par le scénario, elle accepte immédiatement d’incarner cette IA.
Ce n’est pas la première fois que Mylène Farmer prête sa voix dans un film, bien au contraire ! Elle a ainsi prêté sa voix à Selenia dans la trilogie d’Arthur et les Minimoys de Luc Besson (2006, 2009, 2010). Par ailleurs, en 2024, elle est la narratrice du documentaire Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois et est la voix française du papillon Blossom dans Blue & Compagnie de John Krasinski.
En amont du tournage, Mylène Farmer a enregistré toutes les répliques de son personnage au studio Guillaume Tell de Suresnes, en compagnie de Cécile de France. Les répliques ont été ensuite diffusées lors du tournage dans les décors afin que la comédienne puisse interagir avec la voix. Mylène Farmer a dû réenregistrer certaines répliques à la demande de Yann Gozlan afin d’avoir un ton plus chaleureux.
Par ailleurs, le cinéaste a multiplié les plans sur la tablette affichant le logo de Dalloway afin de créer un champ/contre-champ avec Cécile de France, comme s’il s’agissait d’un dialogue entre deux personnages et non pas seulement une IA : "J’ai constaté qu’en voulant trop la spatialiser par un système multicanal qu’offre le Dolby Atmos, la voix de Dalloway devenait trop celle d’une 'machine', ce qui créait une distance avec le spectateur là où, au contraire, je désirais une proximité et des échanges les plus naturels possibles." confie-t-il.
Le bâtiment ultra-moderne où ont été tournées plusieurs scènes du film devait forcément se trouver en Belgique — contraintes de production oblige — et l’équipe a jeté son dévolu sur un centre culturel de la ville de Deinz. Le lieu a été agrandi numériquement et des volets végétaux ont également été ajoutés. Les scènes dans les couloirs et dans l’escalier circulaire ont été tournées dans d’autres lieux en Belgique.
L’appartement de Clarissa a été entièrement construit en studio. Les plafonds ont été placés très bas pour renforcer l’angoisse, l’enfermement.
La vue de la baie vitrée est une photographie prise depuis les hauteurs du parc de Saint-Cloud.
Si Yann Gozlan a d’abord pensé à une première comédienne qui s’est désistée rapidement, il a ensuite songé à Cécile de France qui a lu et accepté le rôle en 24 h.
Avec Dalloway, c’est la troisième fois que Yann Gozlan travaille avec son compositeur, Philippe Rombi. Le réalisateur a voulu des sonorités inspirées de celles de Michael Small, qui a beaucoup travaillé sur les films d’Alan J. Pakula. Une doléance qui a visiblement plu à Philippe Rombi, qui a commencé la maquette de la bande originale avant même de voir une seule image !