Dominik Moll, après « Seules les bêtes », « La Nuit du 12 » dernièrement, nous propose un film à la fois documentaire et une incursion dans l’ envers du décor policier ( beaucoup moins connu ), après les évènements des « gilets jaunes ». Le scénario très précis nous plonge dans le quotidien d’ une enquêtrice de l' IGPN, Stéphanie, interprétée minutieusement par Léa Drucker qui va rechercher la vérité sur un acte dramatique, un tir de LBD, commis par un policier en service durant une des manifestations. La caméra détaille ce travail d’investigation fastidieux d’ enquête, de recherche de témoignages, et mieux, de vidéos, afin de pouvoir éclairer et si possible, statuer au-delà des déclarations subjectives des uns et des autres, si les réponses policières ont été appropriées, ou non. Outre le climat tendu de ces affrontements durant ces revendications et grèves très bien rendu, et le lieu où Stéphanie a grandi, où habitent toujours ses parents, à Saint Dizier, est aussi l’ endroit où vit ce jeune manifestant gravement blessé lors de la course poursuite à Paris, ajoutent une sévérité et une ambiance de polar. Et ce ne sont pas les vols très fréquents des avions de chasse, de la base aérienne locale, qui allègent cette ambiance de thriller. Il n’ y guère que le sauvetage du petit chaton, qui va apporter un peu de gaité et d’ évasion chez Stéphanie qui vit avec son fils. Travail rigoureux, certes, mais pas à sens unique, le film montre avec une magnifique rigueur, que cette fonctionnaire, agit avec humanité, pas toujours comprise, dans une hiérarchie très présente et face au fort pouvoir médiatique. Inspiré d’ une histoire vraie, en cours, cette immersion dans ce monde opaque et le rôle de certains policiers est très précise et saisissante ! Remarquable et brillante interprétation de Léa Drucker….. !!**