Avec Juste une illusion, le tandem de réalisateurs Eric Toledano / Olivier Nakache souhaitait raconter la période de la sortie de l’enfance et plus précisément, l’adolescence. Les cinéastes voulaient partir de cette période charnière de la vie et en faire le ressort d’un récit réaliste et d’une comédie. Le film est par ailleurs, du propre aveu des réalisateurs, le plus personnel de leur filmographie.
Sur Juste une illusion, Eric Toledano et Olivier Nakache ont travaillé de la même manière que sur Nos jours heureux (2006), dans lequel ils revenaient sur leurs expériences en tant qu’animateurs de colonies de vacances. Ils partent dans un premier temps de souvenirs personnels et de la manière dont ils veulent les raconter. Les anecdotes communes sont notées et au même moment, se dessine progressivement le scénario. Si ce qui est couché sur le papier tient et passe le temps, alors les deux réalisateurs avancent, se concentrent et continuent.
Si les personnages des parents, interprétés par Camille Cottin et Louis Garrel, sont inspirés par les familles respectives d’Eric Toledano et Olivier Nakache, ces derniers reconnaissent être également allés chercher du côté du cinéma italien. Ainsi, Camille Cottin évoque pour eux un mélange de comédiennes transalpines comme Monica Vitti ou Stéphania Sandrelli tandis que Louis Garrel n’est pas sans rappeler la personnalité de Vittorio Gassman ou Marcello Mastroianni.
Le film se déroule en 1985 et cette année n’a pas vraiment été choisie au hasard. En effet, Eric Toledano avait treize ans en 1984 tandis qu’Olivier Nakache avait le même âge en 1986. Tous deux ont donc décidé d’inscrire l’histoire du jeune Vincent, interprété par Simon Boublil au milieu, à savoir en 1985.
Pour se replonger dans les années 1980, Eric Toledano et Olivier Nakache ne se sont pas contentés uniquement de leurs souvenirs personnels mais ont travaillé en étroite collaboration avec une documentaliste. Ils ont ainsi visionné de nombreux journaux télévisés d’époque mais aussi des documentaires, des émissions de variétés et des jeux. Ils ont également lu beaucoup de magazines et écouté des podcasts. Le but n’était pas de tout faire rentrer dans le film mais bien de s’imprégner de la sociologie de cette époque.
Juste une illusion marque le premier rôle au cinéma du jeune Simon Boublil, dans le rôle de Vincent. L'adolescent n’est autre que le fils d’Elsa Boublil, directrice du Théâtre de la Concorde, et du comédien Philippe Torreton.
Le tournage du film s’est déroulé entre avril et juillet 2025, à Paris ainsi que dans les studios de Bry-sur-Marne. En outre, pour les scènes en extérieur de la résidence dans laquelle vivent les personnages, Eric Toledano et Olivier Nakache ont été filmés à Elancourt, dans les Yvelines.
Ce n’est pas la première fois que Camille Cottin et Louis Garrel tournent ensemble puisqu’ils s’étaient déjà donné la réplique dans le film Mon Légionnaire de Rachel Lang (2021).
Pour le rôle de Vincent, qu’interprète Simon Boublil, Eric Toledano et Olivier Nakache ont vu pas moins de 2000 jeunes garçons entre le casting et les vidéos d’essais.
La scène au cours de laquelle Camille Cottin danse dans son appartement a été tournée en une seule prise. Pour cette séquence, les réalisateurs se sont inspirés de Claude Lelouch, qui aime déstabiliser ses acteurs pour créer de la vérité. Ainsi, elle ne savait pas que Louis Garrel allait débarquer au milieu de la prise. Donc, quand elle le découvre dans le salon, elle le découvre vraiment et danse avec lui.
Eric Toledano et Olivier Nakache font une apparition éclair dans le film en tant que figurants d’un film érotique que regarde le jeune Vincent (Simon Boublil) et ses amis. L’apparition des deux réalisateurs a été rajoutée à un film qui existe vraiment, La Ruée vers Laure de Marc Dorcel, datant de 1996.
Le film est dédié aux pères des deux cinéastes, Raphaël Toledano et Marc Nakache, tous deux disparus pendant le tournage.