En piste pour un nouveau voyage dans le cinéma américain indépendant, dans un carnet de route qui compte à son bord un père veuf, des deux enfants et un chien, expulsés d'emblée de leur logement. Où donc les conduit leur périple, dans une voiture sans âge ? A Omaha, puisque c'est le titre du film de Cole Webley, oui, mais pourquoi ? La réponse viendra au bout du chemin, alors que le père semble se renfermer de plus en plus et que son fils et sa fille suivent en se posant des questions, mais avec en même temps un sentiment de liberté dans des paysages nouveaux pour eux. Soucieux de sobriété, le film est assez souvent placé à hauteur d'enfants, ce qui ne fera que jaillir plus profondément l'émotion, à l'instant du dénouement, que l'on pressent ne pas être particulièrement joyeux. Sans qu'il ne se passe rien de vraiment marquant dans les 3/4 de son cheminement, Omaha emprunte assez clairement des sentiers relativement balisés, ceux qui décrivent l'envers du rêve américain, sans pathos, certes, mais ici avec un goût pour les non-dits qui crée un suspense qui pourrait être considéré comme malaisant, eu égard à ce qui arrivera, tout au bout de la déroute. Pour une conclusion abrupte qui s'inscrit dans une réalité sociale assez terrible.
Il y a des films où on ne peut pas se permettre de donner un certain nombre de détails concernant le scénario car le faire conduirait à gommer la plus grande partie de l'intérêt du film et, par suite, à frustrer ses futurs spectateurs. C'est le cas de "Sur la route d'Omaha", le premier long métrage du réalisateur américain Cole Webley. Un film où l'on voit un père de famille quitter la maison familiale avec Ella, sa fille de 9 ans, Charlie, son fils de 6 ans, et Rex, le chien de la famille. Pourquoi ce départ ? Pourquoi cette destination dans le Nebraska ? C'est justement ce qu'il ne faut pas dire et il faut attendre la fin du film pour le savoir. Cela rend difficile la tâche du réalisateur car, jusqu'aux scènes finales, il doit se contenter de raconter ce voyage en voiture au cours duquel il ne se passe pas grand chose et qui semble effectué sans raison précise. En vérité, Cole Webley s'en sort pas mal du tout, montrant un père, interprété par John Magaro, qui s'occupe bien de ses enfants et semble avoir beaucoup d'affection pour eux, montrant 2 enfants qui ne comprennent pas très bien ce qui se passe. Doit on être surpris que, 5 mois après avoir vu ce film et malgré l'absence d'événements particulièrement marquants sauf à la toute fin, "Sur la route d'Omaha" fait partie de ces films qui restent bien installés dans la mémoire ? Sans doute pas ! Film vu aux Rencontres Cinématographiques de Cannes 2025.
Du cinéma d’auteur , il faut attendre l’épilogue pour comprendre de quoi ça parle. En attendant on a le droit à un road movie très affectif, ( un père et ses deux enfants, Dont Molly Belle Wright, la fillette qui crève l’écran par son innocence) Le père John Magaro semble soucieux tout au long du film. On traverse des états proches de l’Utah, pour aller dans le Nebraska, la route est longue depuis le Texas ? Point d’interrogation. En tout cas les paysages sont extraordinaires, couchers de soleil, montagne, déserts. Les dialogues sont minimalistes et rares. Quand on se connaît , on a pas grand-chose à se dire C ’est un film dans une certaine tradition , on pense à Kelly Reichardt, ça y ressemble, y fait référence. L’Amérique est un pays où les choses semble t-il deviennent plus compliquées qu’en Europe, d’un point de vue administratif…..Je vous laisse méditer la fin. Je conseille ce cinéma dans un format idéal.
Surtout, ne lisez rien et ne vous renseignez pas sur le film, car on a la chance en dehors des États-Unis de ne pas associer systématiquement la ville de "Omaha" avec une particularité sociale qui est déchirante... L'âme de ce road-trip réside dans son trio John Magaro, Molly Wright et Wyatt Solis, une petite famille qui fait contre mauvaise fortune, bon cœur, et parcourent les États-Unis en quête d'une vie meilleure. Si vous n'êtes pas contre vous émouvoir un peu (beaucoup), Omaha s'offre bien simplement à vous, parvenant à ravager les paquets mouchoirs d'une salle bondée (craquements plastiques et reniflements en fond sonore) lors d'une scène spoiler: d'abandon de chien et plus tard d'enfants tout en pleurs et cris désespérés ... Mais parvenant aussi, d'un autre côté, à vous plaquer un sourire niais et bienheureux sur le visage dès que les enfants font voler un cerf-volant dans un désert de sel, ou s'émerveillent devant les enclos des animaux au zoo... Omaha est une épopée, une traversée des pays et des émotions, dont on ne sait pas (si l'on n'est pas au courant) où elle terminera, et si tout finira bien pour les adorables héros de ce film. C'est aussi un très puissant coup de gueule contre le système social américain, qui ne protège pas assez les familles, réduites à utiliser la spoiler: "loi Nebraska" (dont la capitale est Omaha) : vous pouvez librement abandonner vos enfants. Problème : aucune limite d'âge n'étant indiquée, pour une loi qui voulait concerner les nourrissons (un peu comme les "boîtes à bébés" des autres pays), 35 personnes désespérées sont venues abandonner des enfants âgés (dont un parent qui laissé ses 9 enfants sur le pallier d'un hospice...), témoignant de la très grande détresse et précarité d'un pays malade, mourant, sur le plan social. Révisée depuis, cette loi précise maintenant qu'il faut que l'enfant soit un bébé, mais trop tard : le fait divers a fait du mal, en étant le bruyant témoin de ceux qui ne peuvent plus vivre correctement. Un drame, sans aucun besoin de fiction, alors Omaha se contente de nous faire gentiment suivre une famille, sans artifice ou appui émotionnel, l'intrigue étant déjà assez forte pour nous émouvoir. Il suffit de repenser au regard inquiet, préoccupé de cette gamine pas dupe une seule seconde sur les sourires vides de son père, au cadet qui lui ne capte que le premier degré de la situation, ce qui empêche la sœur de s'exprimer vraiment (pour ne pas déprimer le frangin), pour qu'on sente encore notre cœur se serrer. Et il suffit de repenser aux deux scènes monstrueusement attristantes (car réalistes) de Omaha, pour que le paquet de mouchoirs se refroisse. Omaha, oh my god.
"Sur la route d'Omaha" assez bien noté par la critique, récompensé au festival de Deauville l'an dernier (Prix du jury) est un drame social avec des qualités. Cole Webley signe une œuvre sensible explorant le sort des exclus dans l'Amérique profonde, miroir de notre époque, magnifiquement cadrée. John Magaro, acteur chevronné du cinéma indépendant, porte cette œuvre sur ses épaules, secondé avec talent par les jeunes comédiens jouant ses enfants, en dépit d'une intrigue qui tarde à se lancer et d'un sujet maintes fois abordé.
Le sujet est fort et le dénouement forcément poignant. Le cinéaste abuse cependant de la joliesse de plans sur fond de musique country, et du sentimentalisme de par le recours au plans sur des enfants trop mignons dans leur malheur ou un toutou attachant. Au final, un discours humaniste et social appréciable mais très peu de cinéma.
Film très douloureux psychologiquement car il concerne des enfants, il y a une tension tout le long du film car on ne sait pas ce qui se passe, très bien interprété par les 3 acteurs qui sont très touchants
Drame poignant que ce premier long-métrage du cinéaste américain Cole Webley ! Le récit avance de manière subtile , on pressent la tragédie , le vrai sujet du film étant l’éphémère « loi refuge » de l'Etat du Nebraska , sans jamais sombrer dans le misérabilisme ... C'est un film sensible , déchirant , et d'une rare justesse émotionnelle !
Une bien triste affaire dans un triste pays dans une bien triste époque. Ceci etant dit , les deux enfants sont tellement formidables que 1: ils sauvent le film. Et 2: ils rendent le spectateur un peu sceptique car personne ne voudrait abandonner ces deux-là…
Omaha est un road trip réalisé par Cole Webley. Le film suit un père qui part en road trip avec ses deux enfants et leur chien après une expulsion de leur foyer. Si il ne précise pas pendant un long moment leur destination c’est qu à la fin du film que nous comprenons vraiment pourquoi cette endroit. Le film est très bien maîtrisé, son ambiance mélancolique et familial ou les non dit sont persistants. John Magaro s’en sort très bien en père complètement perdu et qui ne sait comment faire pour faire plaisir à ses enfants tout en économisant le moindre centimes. Mais c’est surtout la prestation de la petite Molly Belle Wright qui est tout simplement extraordinaire. Malgré son jeune elle cache une palette de jeu d’une très grande justesse entre le rôle de la grande sœur qui prend soin de son petit frère et de l’inquiétude qu’elle a envers son père qui est perdu. Le film passe très bien par sa durée qui reste courte mais particulièrement aussi par sa conclusion qui est tiré l’arme au possible. Pas un grand film mais qui marquera plusieurs spectateurs à coup sûr !
La tragédie d’un père perdu et sans ressource est filmé avec beaucoup de pudeur et de justesse. On comprend vite la finalité de ce départ précipité et malgré cela, on sourit devant la spontanéité et l’innocence des enfants. Un road movie tragique….
A travers le point de vue des enfants, la cruelle réalité est atténuée par l'amour de leur père. Un film riche en émotions sur fond de crise sociale et économique. Vu au festival de Deauville.
C'est un road trip de une heure et 23 minutes où il ne se passe RIEN ! C'est long et soporifique. Le père ( John Magaro ) est un monument de mutisme qui ne répond qu'avec des onomatopées aux interrogations de ses enfants. On devine cependant que quelque chose torture cet homme...Mais le mutisme retombe et c'est assez énervant. Cependant le premier acte qui consiste à l'abandon du chien va émouvoir le petite fille de 9 ans ( Molly Belle Wright), très convaincante. L'énigme se dévoile à la fin, avec une phrase de deux lignes...Cela méritait-il un tel film ? Le scénario aurait-il pu être un poil plus percutant ?
On comprend très vite où on est, c'est-à-dire dans une certaine tradition de ce cinéma indé américain situé quelque part entre Kelly Reichardt à ses débuts et Debra Granik, mais passé cet aspect pas forcément très original, cet "Omaha" possède de sacrées qualités : celle de tenir sa ligne de road movie qui n'hésite pas à confiner la majorité de son action à l'intérieur d'une voiture, de ne pas refuser le mélo pour mieux démontrer la monstruosité de la situation. Et c'est là que le film est probablement le plus malin et le plus pertinent : en repartant au lendemain de la crise des subprimes il montre la violence finalement endogène d'un système, d'un pays qui ne protège pas ses faibles mais au contraire les élimine. Une sorte de pas de côté finalement passionnant tant il permet de mesurer ce qui se passe aujourd'hui dans ce pays qui menace d'exploser à tout moment. Comme le reste du monde...
Ce remarquable premier film de Cole Webley, avec le non moins excellent John Magaro, devrait être sur les écrans français le 17 juin.