Genèse du projet et influences seventies
Le projet a mûri pendant de longues années dans l'esprit du réalisateur Padraic McKinley. Désireux de rendre hommage au cinéma d'aventure brut des années 1970, il s'est inspiré de classiques viscéraux tels que Sorcerer, Délivrance ou Jeremiah Johnson. Il confie : "Ce genre de courage. Ce genre de sueur. Ce genre de poésie. J'espère qu'avec le film, nous avons apporté notre petite pierre à l'édifice de la lignée de Friedkin, Boorman, Pollack et Weir."
Un duo réuni par le passé
Pour porter le long-métrage, Padraic McKinley a fait appel à deux acteurs qu'il connaissait particulièrement bien : Ethan Hawke et Russell Crowe. Le cinéaste venait en effet de collaborer avec Hawke sur The Good Lord Bird et Crowe sur The Loudest Voice et The Exorcism. C'est en repensant le scénario aux côtés d'Ethan Hawke que l'idée de confier le rôle de l'antagoniste Clancy à Russell Crowe s'est imposée tout naturellement.
L'Oregon reconstitué en Europe
Bien que l'action du film se déroule dans l'Oregon en 1933 pendant la Grande Dépression, le tournage n'a pas eu lieu sur le continent américain. Pour recréer les paysages sauvages et hostiles de l'histoire, l'équipe s'est en réalité installée en Bavière. Un défi de taille pour l'équipe déco et la mise en scène, la région allemande présentant une topographie très différente de celle du nord-ouest des États-Unis.
Une méthode "pseudo-documentaire" face aux éléments
Les conditions météorologiques particulièrement maussades en Bavière ont grandement façonné l'esthétique du film. Plutôt que de subir le climat capricieux, Padraic McKinley a choisi d'adopter une approche visuelle proche du documentaire en tirant parti de la lumière naturelle et de la pluie. Un environnement difficile qui s'est avéré bénéfique pour les comédiens, contraints de patauger dans des rivières glacées et de porter de lourds sacs à dos sur des terrains escarpés.
Un rôle taillé pour Julia Jones
Seule présence féminine majeure au sein de l'expédition au milieu d'un casting très masculin, Julia Jones était le premier et unique choix du réalisateur pour incarner Anna. Deux ans avant le début du tournage, l'actrice a rejoint le projet, apportant au personnage une ténacité et une sensibilité uniques que Padraic McKinley décrit comme le « cœur battant » du film.
L'or, métaphore d'une époque
Le contexte de la Grande Dépression et la confiscation de l'or par le gouvernement américain en 1933 servent de toile de fond au film. Au-delà du simple trésor, le réalisateur a voulu donner un sens symbolique et un double sens au titre Les Contrebandiers : "Ce groupe de personnes porte non seulement un poids émotionnel, mais aussi un poids physique tout au long de son parcours."
Une bande originale faite d'objets détournés
La musique du film a été confiée aux frères Latham et Shelby Gaines (ce dernier ayant également coécrit le scénario). Le duo de compositeurs est réputé pour sa démarche expérimentale et tactile, fabriquant des sculptures sonores amplifiées à partir d'objets trouvés afin d'offrir au film un univers audio brut, organique et totalement inédit.
La séquence du pont : le défi logistique
La scène la plus éprouvante à tourner a été sans conteste celle du pont. L'équipe a dû dénicher une paroi rocheuse pouvant servir de falaise, faire construire la moitié d'un pont et tourner l'intégralité de la séquence dans une seule direction. Pour maintenir la continuité visuelle malgré les changements constants de météo (pluie, soleil, nuages), le réalisateur a dû composer avec la technique du "French reverse".
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