L'Objet du délit
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "L'Objet du délit" et de son tournage !

Cannes 2026

Ce film est présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2026.

Le long combat pour l'égalité hommes-femmes

Avec L'Objet du délit, Agnès Jaoui a voulu s'interroger sur l’égalité entre hommes et femmes qui reste “si désespérément difficile à obtenir”. Elle explique : "Si on s’intéresse à l’histoire du féminisme, et bien avant que le mot ne soit inventé, car la demande d’égalité entre les hommes et les femmes date de la naissance de l’humanité, on remarque que chaque avancée n’est jamais définitivement acquise, et que des réflexes archaïques demeurent…" Des divergences perdurent, entre hommes et femmes mais aussi entre les femmes elles-mêmes : "Je voulais donc m’interroger sur les raisons de cette éternelle résistance, et sur les moyens d’y remédier. Faut-il être pédagogue pour contrecarrer les réticences, ou au contraire plus radical ?"

Le choix de l'opéra

Passionnée par l'opéra, Agnès Jaoui en écoute et en met en scène : "Son monde fascine et émeut la chanteuse que je suis, je l’avais déjà un peu évoqué dans Comme une image, en 2004, mais l’envie de le montrer plus largement me démangeait."

Le choix des Noces de Figaro n’est pas anodin, car il s'agit d'un opéra qui parle précisément de la domination masculine, des relations hommes-femmes, et aussi des rapports de classe au XVIIIème. La réalisatrice souligne : "Tiré du Mariage de Figaro, une pièce incroyable de Beaumarchais dont on dit qu’elle a beaucoup pesé dans le déclenchement de la Révolution, il constitue un témoignage, unique dans l’art lyrique, sur l’état de la société de cette époque."

Ecrire sans Bacri

L'étape de l'écriture du scénario a été la plus compliquée pour Agnès Jaoui. Pour la première fois de sa carrière, elle a travaillé avec quatre dialoguistes différents : Emmanuel Salinger, Noé Debré, Florence Seyvos et son frère Laurent Jaoui. Elle développe : "J’ai retenu de chacun ce qui faisait mouche en moi. J’ai parfois modifié, parfois non. J’ai bien aimé cette méthode de travail collectif. J’ai mis du temps à la trouver après la disparition de Jean-Pierre (Bacri)".

Apprivoiser le spectateur

Agnès Jaoui estime que l'opéra est une musique qu'il faut apprivoiser : "commencer par la percevoir, puis l’entendre, puis l’écouter, puis la réécouter." Elle a tenté elle-même d'appliquer cette "stratégie" de l'apprivoisement à son film : "Au début, pour accompagner les péripéties de la mise en scène de l’opéra, on entend essentiellement des musiques additionnelles signées Fernando Fiszbein. Comme ces musiques accompagnent des scènes d’ambiance et de ton différentes, elles paraissent, elles aussi, très différentes. C’est une illusion. Pour que l’univers de Mozart devienne familier au spectateur, Fernando a écrit toutes ces musiques (sauf une) en s’inspirant de thèmes des Noces de Figaro." Ainsi, le spectateur s’habitue inconsciemment à l’univers de Mozart avant que l’opéra ne prenne toute la place dans le film.

Devant et derrière la caméra

Bien qu'occupée par la réalisation de L'Objet du délit, Agnès Jaoui a tenu à incarner le rôle de la Comtesse. A plusieurs reprises, quand elle mettait en scène des opéras comme Tosca et Don Giovanni, elle était frustrée de ne pas pouvoir chanter : "Je suis chanteuse, mais je n’ai ni la tessiture ni les moyens vocaux d’interpréter ces rôles. Dans cet Objet du délit, où la plupart des interprètes sont des acteurs qui jouent à être chanteurs, il m’était impossible de me priver du rôle de la Comtesse, d’autant que deux de ses airs comptent parmi les plus beaux du répertoire".

Les phallus géants

Lors d'une scène du film, Mirabelle, la jeune metteuse en scène décide de remplir son plateau de phallus géants. "Ces phallus sont pour moi une métaphore de l’omnipotence et de l’omniprésence du patriarcat, et de la difficulté de la changer, de trouver de nouveaux modèles de virilité", souligne Agnès Jaoui.

L'inspiration lui est venue d'une mise en scène des Noces de Figaro par Lotte de Beer à Aix en Provence, où un utérus gigantesque était placé au milieu du décor : "Je n’ai pas retenu cette dernière trouvaille, mais j’ai conservé, en la transformant, celle des phallus qui m’avait tant amusée dans sa provocation ironique. J’ai même poussé un peu plus loin le bouchon en imaginant que malgré leur imposante raideur, ces phallus, transformés pour le film en d’imposantes colonnes, pouvaient pourtant finir par se ployer et tomber sous le souffle du vent." Cet effet a été très compliqué à mettre au point techniquement, mais lui permettait d'évoquer le vacillement du masculin.

Quand Maître Gims interrompt une audition

Lorsqu'elle est allée passer des essais, Lucie Gallo a dû jouer une scène avec son téléphone portable. Or, l'actrice écoutait Sapés comme jamais de Maître Gims juste avant le casting. En allumant son téléphone, la voix de Gims a surgi à plein volume : "Et le pire, c’est que ça s’est reproduit plusieurs fois ! Toujours sur le refrain : « Loulou et Boutin »… Ça a beaucoup fait rire Agnès [Jaoui]. Sur le moment, j’étais en panique totale, mais avec le recul, c’est le genre d’accident de jeu qui devient presque un cadeau. C’est vraiment quelque chose qui aurait pu arriver à Clothilde !"

Les secrets de tournage des films les plus populaires lors des 30 derniers jours
  • La Vénus électrique (2026)
  • Michael (2026)
  • L’Abandon (2026)
  • Juste une illusion (2026)
  • Le Diable s'habille en Prada 2 (2026)
  • Star Wars: The Mandalorian and Grogu (2026)
  • Pour le plaisir (2026)
  • Histoires parallèles (2026)
  • Obsession (2025)
  • C’est quoi l’amour ? (2026)
  • Karma (2026)
  • L’Être Aimé (2026)
  • The Criminals (2026)
  • Vivaldi et moi (2025)
  • Autofiction (2026)
  • Colony (2026)
  • Mata (2026)
  • Mortal Kombat II (2026)
  • Projet dernière chance (2026)
  • La Bataille de Gaulle - L’âge de fer (2025)