Ce film est présenté à l'ACID au Festival de Cannes 2025.
Put Your Soul on Your Hand and Walk est le récit de près d’un an d’échanges à distance entre la réalisatrice Sepideh Farsi et une jeune femme, Fatma Hassona, qui vivait à Gaza. Lorsque le film a été terminé puis montré aux équipes de l’ACID à Cannes, cette dernière était toujours en vie malgré la guerre. Mais le 16 avril 2025, Fatma Hassona a été tuée suite à une attaque israélienne sur sa maison. Dès lors, le message du film n’était plus tout à fait le même.
Put Your Soul on Your Hand and Walk évoque la guerre à Gaza. Le précédent film de Sepideh Farsi, La Sirène, évoquait également une guerre, celle entre l’Irak et l’Iran, dans les années 1980.
Sepideh Farsi a rencontré Fatma Hassona par l’intermédiaire d’un ami palestinien alors qu’elle se trouvait au Caire. La réalisatrice cherchait à se rendre à Gaza mais n’avait pas pu s’y rendre en raison des routes bloquées. À l’origine de son documentaire, il y avait plusieurs questions qu’elle se posait et dont elle n’avait pas les réponses : comment la population survit à Gaza depuis plusieurs années ? Quel est leur quotidien ? Quel est le but exact de l’armée israélienne ?...
Put Your Soul on Your Hand and Walk a été réalisé à partir des différents échanges en visio de Sepideh Farsi avec Fatma Hassona. Ce n’est pas la première fois que la réalisatrice utilise une forme singulière pour l’un de ses films puisque son long-métrage Téhéran sans autorisation (2009) avait été tourné avec un téléphone portable.
Par plusieurs aspects, Sepideh Farsi s’est retrouvée dans le parcours de Fatma Hassona. Comme elle, elle a également fabriqué des images sur les différents événements qu’elle subissait dans son pays. En outre, la cinéaste s’est également retrouvée dans la sensation d’enfermement de la jeune femme, qui n’a jamais pu sortir de Gaza. À ceci près que la réalisatrice était, quant à elle, exilée de son pays d’origine, l’Iran, et qu’elle ne pouvait plus y retourner.
À l’écran, le téléphone de Sepideh Farsi sur lequel apparaît Fatma Hassona est à la verticale. Il ne s’agit pas d’une coquetterie de la part de la cinéaste mais bien d’un choix qui a une réelle importance dramatique puisque la réalisatrice souhaitait qu’il y ait d’autres éléments à droite et à gauche du cadre notamment une partie de son écran d’ordinateur en arrière-plan. Cela permet de créer du contexte et du relief dans l’image.
Put Your Soul on Your Hand and Walk regroupe les échanges entre Sepideh Farsi et Fatma Hassona sur une période qui s’étire du 24 avril 2024 à début novembre de la même année. Après l’annonce de la mort de la jeune femme, la réalisatrice a toutefois tenu à ajouter leur dernière conversation au montage du film.
Face à l’impressionnante quantité de rushes collectées, Sepideh Farsi a fait appel à l’une de ses consœurs, la réalisatrice iranienne Farahnaz Sharifi (My Stolen Planet), pour l’aider dans la structure finale de son film. C’est elle qui lui a finalement permis de trouver sa forme définitive.
Dans le film, Fatma Hassona chante une chanson qui s’appelle Marajeeh (en français, La Balançoire). Un texte fort, qui a été écrit par une musicienne libanaise d’origine palestinienne juste après l’explosion du port de Beyrouth, en août 2020.