Note moyenne
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Du sous-Lynch sur papier glacé. Une histoire incompréhensible et une allégorie obscure. Mais là n'est pas le problème, tant le dispositif, esthétisant, semble gratuit. Le réalisateur de la sublime trilogie PUSHER et du cultissime DRIVE semble en vraie panne d'inspiration.
Un trip allégorique et cauchemardesque au cœur de la conscience de l’héroïne, baigné de néons hypnotiques. La photographie léchée, l’atmosphère dystopique et la bande originale envoûtante servent cette expérience sensorielle audacieuse, parvenant par instants à dépasser le simple exercice de style...
Dès les premières images on a particulièrement peur, avec un esthétique visuel fort mais superficiel et des actrices qui se meuvent au ralenti. Dans un premier temps le visuel niveau couleurs comme des décors on pense à la référence "Blade Runner" (1982) mais mixée à la sauce "Barbie" (2023) de Greta Gerwig sous prozac. Les intérieurs sont des panneaux en studios et les extérieurs ont la laideur 100% numérique. Dans un second temps les personnages féminins semblent des mannequins drogués, amorphes, certes jolies mais décérébrées. Plusieurs passages sont hallucinants de gratuité (des femmes qui dialoguent "sérieusement" en miaulant ?!), tandis qu'on tente de comprendre a minima le fond du propos qui repose sur un père et ses différentes facettes où on décèle diverses perversités plus ou moins probantes, qui tombent souvent à l'eau tant les scènes alternent entre le ridicule et le pastiche involontaire. Sans aucun doute l'un des meilleurs réalisateurs du cinéma mondial entre 1996 et 2016, désormais le cinéaste danois trébuche fortement avec un film vain, vide de toute substance, trop abstrait à tel point que la compréhension est encore plus abscons que "2001, l'Odyssée de l'Espace" (1968). Une des plus grandes déceptions de ces dernières années...
Site : Selenie
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Dans une cité urbaine embrumée où tout le monde passe son temps à craquer des allumettes sur des parties de son corps, une jeune actrice tente de renouer avec son père, la star Johnny Thunders, lors d'un tournage de film de science-fiction. Alors que ce dernier la délaisse pour qu'elle se réconcilie avec sa belle-mère quasiment du même âge qu'elle, un être venu des Enfers, "L'Homme de Cuir", assassine des jeunes filles à travers les rues. Et il a aussi un ., père d'une des victimes, à ses trousses.
Voilà.
Vous connaissez le syndrome de l'artiste qui, après une exposition de ses œuvres, est encensé par tous, jusqu'à être glorifié à outrance en génie intouchable et qui, des années plus tard, revient en pensant détenir une forme de vérité à transmettre avec sa spécificité artistique alors qu'il en livre en réalité la plus pure quintessence caricaturale ? Eh bien, c'est exactement le sentiment que laisse ce "Her Private Hell" vis-à-vis de Nicolas Winding Refn ! Et, bon sang, Dieu sait que l'on a adoré les longs-métrages du bonhomme ("Drive" reste pour nous un film à part), "The Neon Demon" avait certes déjà commencé sérieusement à nous mettre la puce à l'oreille sur l'approche "tout esthétique" dans lequel pouvait tomber le cinéaste pour masquer les faiblesses de ce qu'il avait à raconter mais rien ne nous avait préparé au stade de coquille plastique vide de chez vide atteint par "Her Prívate Hell".
Un plan d'ouverture sur un colosse de métal sortant de la brume au milieu des cimes des immeubles nous fait instantanément dire que Refn n'a rien perdu de sa verve formelle et c'est bien sûr le cas, ce "Her Prívate Hell" a pour lui de sublimes idées de mise en scène mais celles-ci en viennent rapidement, pour la plupart, à friser la parodie de son style artistique autour d'une intrigue fantastique famélique, jouant la carte d'un symbolisme de domination patriarcale rudimentaire, étalée inexplicablement sur une 1h50 interminable qui viendrait à bout de la durée de vie de n'importe quel néon fluo coloré en train d'éclairer nos neurones et emberlificotée de répliques abscondes (parce qu'il faut faire trèèès mystérieux en permanence dans cette réalité) déclamées par des personnages à la position toujours plus figée dans des décors de publicités luxueuses pour parfums.
Le casting n'est pas forcément en cause, il tente même de vivre dans cette vacuité de tous les instants mais jamais rien ne le met en valeur sur le terrain de l'émotion de cet enfer pseudo-giallesque sans âme, né d'une volonté de se réconcilier avec les salles de cinéma de la part de Nicolas Winding Refn après une expérience de mort clinique de plusieurs minutes. L'enfer d'ennui qu'il y a vu et qu'il nous transpose aujourd'hui dans un film où il faut se mordre les veines à violents coups de dents pour se tenir éveillé aurait juste dû rester "private", comme son titre l'indique. Les braves qui, comme nous, iront jusqu'à son terme, auront notre respect éternel.
Voilà.
Vous connaissez le syndrome de l'artiste qui, après une exposition de ses œuvres, est encensé par tous, jusqu'à être glorifié à outrance en génie intouchable et qui, des années plus tard, revient en pensant détenir une forme de vérité à transmettre avec sa spécificité artistique alors qu'il en livre en réalité la plus pure quintessence caricaturale ? Eh bien, c'est exactement le sentiment que laisse ce "Her Private Hell" vis-à-vis de Nicolas Winding Refn ! Et, bon sang, Dieu sait que l'on a adoré les longs-métrages du bonhomme ("Drive" reste pour nous un film à part), "The Neon Demon" avait certes déjà commencé sérieusement à nous mettre la puce à l'oreille sur l'approche "tout esthétique" dans lequel pouvait tomber le cinéaste pour masquer les faiblesses de ce qu'il avait à raconter mais rien ne nous avait préparé au stade de coquille plastique vide de chez vide atteint par "Her Prívate Hell".
Un plan d'ouverture sur un colosse de métal sortant de la brume au milieu des cimes des immeubles nous fait instantanément dire que Refn n'a rien perdu de sa verve formelle et c'est bien sûr le cas, ce "Her Prívate Hell" a pour lui de sublimes idées de mise en scène mais celles-ci en viennent rapidement, pour la plupart, à friser la parodie de son style artistique autour d'une intrigue fantastique famélique, jouant la carte d'un symbolisme de domination patriarcale rudimentaire, étalée inexplicablement sur une 1h50 interminable qui viendrait à bout de la durée de vie de n'importe quel néon fluo coloré en train d'éclairer nos neurones et emberlificotée de répliques abscondes (parce qu'il faut faire trèèès mystérieux en permanence dans cette réalité) déclamées par des personnages à la position toujours plus figée dans des décors de publicités luxueuses pour parfums.
Le casting n'est pas forcément en cause, il tente même de vivre dans cette vacuité de tous les instants mais jamais rien ne le met en valeur sur le terrain de l'émotion de cet enfer pseudo-giallesque sans âme, né d'une volonté de se réconcilier avec les salles de cinéma de la part de Nicolas Winding Refn après une expérience de mort clinique de plusieurs minutes. L'enfer d'ennui qu'il y a vu et qu'il nous transpose aujourd'hui dans un film où il faut se mordre les veines à violents coups de dents pour se tenir éveillé aurait juste dû rester "private", comme son titre l'indique. Les braves qui, comme nous, iront jusqu'à son terme, auront notre respect éternel.
Dès les premières secondes, nous sommes happés par l'esthétisme de "Her Private Hell". Nicolas Winding Refn pousse encore plus loin les obsessions esthétiques qui traversent sa filmographie depuis "Drive" : les gros plans maîtrisés, les plans larges silencieux, les zooms lents presque hypnotiques, jusqu’au bruit du cuir qui craquelle dans le silence. Chaque image semble conçue pour être contemplée. Les actrices, magnifiques, sont filmées comme des apparitions fantomatiques et envoûtantes. Refn filme chaque plan comme une œuvre d’art mouvante : néons rouges et bleus, architecture cyberpunk, fumées épaisses, jeux d’ombres permanents, musique électronique envoûtante… Tout est pensé pour créer une expérience sensorielle totale. Mais derrière cette expérience sensorielle fascinante se cache un scénario terriblement brouillon et étonnamment vide. Un film qu’on regarde comme une installation d’art contemporain plus que comme un véritable récit de cinéma.
Un retour de Refn sous forme de giallo et de conte allégorique dans un cauchemar patriarcal. Mais malgré des visuels électrisants, Sophie Thatcher + Charles Melton + Havana Rose Liu et la sublime BO de Pino Donaggio (compositeur de De Palma), Refn s'embourbe dans un film anémique et convenu en terme de narration. Pas mauvais, mais oubliable.
2/5
2/5
25 minutes, c'est le temps que Nicolas Winding Refn a passé dans un état de mort médicale, suite à un malaise cardiaque violent. C'est un miraculé qui nous parle donc, au Festival de Deauville, de son expérience qui l'a changé à jamais : on connaissait le Refn bougon et égotique, il en est ressorti plus sensible et gentiment maladroit. A l'image de son Her Private Hell, tiré directement de ce trauma, soit un chaos à l'écran, incompréhensible et qui casse les yeux et les oreilles en deux, mais qu'on n'arrive pas à détester grâce à sa bonne tête de tableau de Bosch version cyberpunk (on ne pensait pas voir ça un jour). On suit donc Sophie Thatcher dans un futur apocalyptique qui assiste à
spoiler:
un meurtre
d'une autre femme dans l'immeuble voisin par un spoiler: monstre BDSM vêtu tout de cuir serré et grinçant
. S'ensuit une errance dans ce Purgatoire claustrophobe (la fumée empêche de sortir, mais aussi d'y voir à l'extérieur), où l'on suit indépendamment l'intrigue de cette jeune fille et d'un autre personnage mystérieux joué par Charles Melton spoiler: qui cherche sa fille
. Il spoiler: se fracasse avec des ninjas (parce que "pourquoi pas"), fricote avec la gente féminine (il enquête vachement en profondeur, le Papounet) et se met lui aussi en tête de faire la peau (de latex) à ce monstre pervers...
Une fois de plus, on ne comprend rien à ses intentions, on oublie la majorité du film qu'il était là pour spoiler: chercher sa fille, mais on peut aussi le voir comme un effet de ce monde infernal, qui fait oublier jusqu'à son propre but, qui n'existe que pour nous affliger de tous les vices, nous fait pourchasser par une sale bête dans des endroits stressants (satanés néons qui nous en mettent plein les rétines) et exigus
... Oui, tout est dans le titre, Refn nous livre une vision aussi chaotique que fascinante de l'Enfer, une crainte existentielle qui déborde de métaphores à chaque plan. Dans notre fauteuil, on assiste à un enchaînement de scènes aussi crades (une femme qui spoiler: mange une culotte souillée par du sperme
) que poétiques (cet spoiler: escalier illuminé qui pourrait être le Salut, la porte de sortie de cet univers infernal
), en fonction de l'évolution des personnages. Alors oui, on ne va pas vous dire que le visionnage de ce film est une partie de plaisir, au contraire il est épuisant, difficile (impossible ?) à comprendre si l'on n'est pas dans la tête chamboulée de Refn (on ne fait qu'avancer des théories, mais concrètement tout le monde aura raison en décryptant un univers aussi vaste et référencé), et assez irritant pour les yeux et les oreilles. Les effets numériques sont mauvais (l'ouverture fait penser au récent Mégalopolis, avec ses bâtiments en numérique baveux), Charles Melton tire la tronche en continu, et seule Sophie Thatcher livre une performance à la hauteur des agissements dérangeants de son personnage, les seconds rôles étant tous en surjeu total, ce qui participe à la pénibilité de l'univers du film (ils se soûlent entre eux), mais aussi du visionnage "réel". C’est une expérience dont on revient aussi aveugle (et sourd) que touché par sa sincérité. C’est un chouette nanar, un film malade et bien intentionné qui mérite son câlin après s’être fait dégommer (injustement) à Cannes. Oui, dans cet Enfer, on assume d'être L'Avocat du Diable.
d'une autre femme dans l'immeuble voisin par un spoiler: monstre BDSM vêtu tout de cuir serré et grinçant
. S'ensuit une errance dans ce Purgatoire claustrophobe (la fumée empêche de sortir, mais aussi d'y voir à l'extérieur), où l'on suit indépendamment l'intrigue de cette jeune fille et d'un autre personnage mystérieux joué par Charles Melton spoiler: qui cherche sa fille
. Il spoiler: se fracasse avec des ninjas (parce que "pourquoi pas"), fricote avec la gente féminine (il enquête vachement en profondeur, le Papounet) et se met lui aussi en tête de faire la peau (de latex) à ce monstre pervers...
Une fois de plus, on ne comprend rien à ses intentions, on oublie la majorité du film qu'il était là pour spoiler: chercher sa fille, mais on peut aussi le voir comme un effet de ce monde infernal, qui fait oublier jusqu'à son propre but, qui n'existe que pour nous affliger de tous les vices, nous fait pourchasser par une sale bête dans des endroits stressants (satanés néons qui nous en mettent plein les rétines) et exigus
... Oui, tout est dans le titre, Refn nous livre une vision aussi chaotique que fascinante de l'Enfer, une crainte existentielle qui déborde de métaphores à chaque plan. Dans notre fauteuil, on assiste à un enchaînement de scènes aussi crades (une femme qui spoiler: mange une culotte souillée par du sperme
) que poétiques (cet spoiler: escalier illuminé qui pourrait être le Salut, la porte de sortie de cet univers infernal
), en fonction de l'évolution des personnages. Alors oui, on ne va pas vous dire que le visionnage de ce film est une partie de plaisir, au contraire il est épuisant, difficile (impossible ?) à comprendre si l'on n'est pas dans la tête chamboulée de Refn (on ne fait qu'avancer des théories, mais concrètement tout le monde aura raison en décryptant un univers aussi vaste et référencé), et assez irritant pour les yeux et les oreilles. Les effets numériques sont mauvais (l'ouverture fait penser au récent Mégalopolis, avec ses bâtiments en numérique baveux), Charles Melton tire la tronche en continu, et seule Sophie Thatcher livre une performance à la hauteur des agissements dérangeants de son personnage, les seconds rôles étant tous en surjeu total, ce qui participe à la pénibilité de l'univers du film (ils se soûlent entre eux), mais aussi du visionnage "réel". C’est une expérience dont on revient aussi aveugle (et sourd) que touché par sa sincérité. C’est un chouette nanar, un film malade et bien intentionné qui mérite son câlin après s’être fait dégommer (injustement) à Cannes. Oui, dans cet Enfer, on assume d'être L'Avocat du Diable.
Her private hell marque le grand retour de Refn au cinéma dix ans après le sublime the neon démon. Le cinéaste radicalise sa démarche en mettant en scène des personnages volontairement creux, des archétypes fantasmatiques qui incarnent des sentiments aussi violents que troubles. Plastiquement le film touche au sublime, évoquant le giallo, le cinéma de De Palma, la science-fiction à la Blade Runner mais aussi le kitsch outrancier voire fétichiste d'auteurs comme Yann Gonzalez ou Bertrand Mandico ainsi que le cinéma d'action hongkongais. Le film est une sorte de conte moral hanté par la figure titulaire du père, protecteur ou incestueux, monstrueux ou héroïque. La composition musicale extraordinaire accompagne la beauté de ses images, faisant de Her private hell un opéra déroutant qui réutilise des codes narratifs évoquant autant Brecht que le Nouveau Roman avec mise en abyme et érotisme artificiel, que Lynch avec ce motif du brouillard qui crée un pont entre le fantasme et la réalité. Dans tous les cas Her private hell est un film magnifique, du grand Refn qui atteindrait presque les sommets de son chef d'œuvre Only god forgives. Presque car il manque une profondeur d'incarnation, certes voulue par l'auteur, et cela malgré les prestations réussies des acteurs.
HER PRIVATE HELL - Nicolas Winding Refn
Il y a les mauvais films. Et puis il y a ceux qui transforment une projection en épreuve d’endurance.
Parmi la quasi-centaine de films que j’ai vus à Cannes en trois ans, je crois n’avoir jamais assisté à autant de départs en cours de séance. Toutes les trois minutes ou presque, une porte claquait.
Et, pour être tout à fait honnête, j’ai moi-même plusieurs fois envisagé de suivre le mouvement.
Le plus désolant est que ces lignes viennent d’un immense admirateur de Nicolas Winding Refn.
Drive fait partie de mes dix films préférés et j’avais énormément aimé Only God Forgives et plutôt bien apprécié The Neon Demon, pourtant déjà copieusement décriés.
Mais là, une seule question finit par tourner en boucle :
Comment peut-on encore laisser ce réalisateur faire du cinéma ?
Her Private Hell ressemble à une parodie de Nicolas Winding Refn réalisée par Nicolas Winding Refn.
Néons rouges et bleus, fumée, cuir, latex, regards dans le vide, poses interminables, violence gore et dialogues qui voudraient tellement être mystérieux qu’ils finissent surtout par ne plus rien raconter. Le scénario est d’un vide abyssale et l’imagerie elle-même ne sauve plus rien.
Là où Refn savait autrefois composer des plans fascinants, il nous sert désormais des images évoquant davantage une interminable publicité pour parfum : images faussement léchées, couleurs saturées. Rien ne paraît réel, rien ne semble vivant.
Mais le plus abject reste son regard sur les femmes. Pendant près de deux heures, elles semblent n’exister que comme des corps, des objets sexuels.
Pour Refn, les femmes ne semblent être que de vulgaires p**** ou c******* offertes à une caméra qui les déshabille ou les maltraite.
Et voir, en 2026, un cinéaste filmer encore les femmes avec une telle complaisance, les réduire à des corps à exhiber, humilier, posséder ou martyriser, ne m’a pas seulement dérangé : cela m’a profondément écœuré.
Creux, prétentieux, dégueulasse et ridicule de bout en bout, Her Private Hell est très clairement le pire film que j’ai vu à Cannes en trois ans, et mon pire film de 2026, au moins.
Pour une fois, le titre est d’une honnêteté irréprochable : l’enfer est bien là. Il dure 1h49.
À fuir. Ne serait-ce que pour éviter de donner un seul centime à ce vieux dégueulasse.
MA NOTE : 0/20
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Il y a les mauvais films. Et puis il y a ceux qui transforment une projection en épreuve d’endurance.
Parmi la quasi-centaine de films que j’ai vus à Cannes en trois ans, je crois n’avoir jamais assisté à autant de départs en cours de séance. Toutes les trois minutes ou presque, une porte claquait.
Et, pour être tout à fait honnête, j’ai moi-même plusieurs fois envisagé de suivre le mouvement.
Le plus désolant est que ces lignes viennent d’un immense admirateur de Nicolas Winding Refn.
Drive fait partie de mes dix films préférés et j’avais énormément aimé Only God Forgives et plutôt bien apprécié The Neon Demon, pourtant déjà copieusement décriés.
Mais là, une seule question finit par tourner en boucle :
Comment peut-on encore laisser ce réalisateur faire du cinéma ?
Her Private Hell ressemble à une parodie de Nicolas Winding Refn réalisée par Nicolas Winding Refn.
Néons rouges et bleus, fumée, cuir, latex, regards dans le vide, poses interminables, violence gore et dialogues qui voudraient tellement être mystérieux qu’ils finissent surtout par ne plus rien raconter. Le scénario est d’un vide abyssale et l’imagerie elle-même ne sauve plus rien.
Là où Refn savait autrefois composer des plans fascinants, il nous sert désormais des images évoquant davantage une interminable publicité pour parfum : images faussement léchées, couleurs saturées. Rien ne paraît réel, rien ne semble vivant.
Mais le plus abject reste son regard sur les femmes. Pendant près de deux heures, elles semblent n’exister que comme des corps, des objets sexuels.
Pour Refn, les femmes ne semblent être que de vulgaires p**** ou c******* offertes à une caméra qui les déshabille ou les maltraite.
Et voir, en 2026, un cinéaste filmer encore les femmes avec une telle complaisance, les réduire à des corps à exhiber, humilier, posséder ou martyriser, ne m’a pas seulement dérangé : cela m’a profondément écœuré.
Creux, prétentieux, dégueulasse et ridicule de bout en bout, Her Private Hell est très clairement le pire film que j’ai vu à Cannes en trois ans, et mon pire film de 2026, au moins.
Pour une fois, le titre est d’une honnêteté irréprochable : l’enfer est bien là. Il dure 1h49.
À fuir. Ne serait-ce que pour éviter de donner un seul centime à ce vieux dégueulasse.
MA NOTE : 0/20
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Étant en général assez réceptif aux talents indéniables de Refn, je dois avouer avoir assez défendu ce mégalomane qui n’a que pour lui un ego plus grand que la profondeur superficielle de ses œuvres. J’aime « Drive », profondément. J’ai su apprécié « The Neon Demon » mais là c’est indigeste, l’esthétique ne peut pas sauver les meubles, dans ce néant d’absurdités. Une séance horrible et interminable, où tout est prétexte à dénuder ses actrices, le film tourne au ralenti, un supplice. Bien que je sois admiratif d’avoir pu créer une œuvre aussi lunaire.
Vu en projection spéciale UGC
Her Private Hell est un film très intéressant mais assez déroutant combinant plusieurs histoires au sein d’un même film. Une symbolique forte est mystérieusement présentée et n’est pas à la portée de tout public. Un deuxième visionnage me sera utile pour comprendre d’autres aspects de ce film. De plus la photographie et les visuels sont pleinement réussi.
Adapté à un public friand d’ambiguïté et de complexité. Beaucoup de réflexion est nécessaire pour comprendre le sens du film
Her Private Hell est un film très intéressant mais assez déroutant combinant plusieurs histoires au sein d’un même film. Une symbolique forte est mystérieusement présentée et n’est pas à la portée de tout public. Un deuxième visionnage me sera utile pour comprendre d’autres aspects de ce film. De plus la photographie et les visuels sont pleinement réussi.
Adapté à un public friand d’ambiguïté et de complexité. Beaucoup de réflexion est nécessaire pour comprendre le sens du film
Un des pires films que j’ai vus en salle. Tout est ringard. Un sandwich de clichés dans un “brain fart” nanar d’auteur. C’est bien réalisé, mais il manque un scénariste et un producteur, et ce sont des rôles importants.
Révélé avec la trilogie culte “Pusher”, le danois Nicolas Winding Refn a explosé aux yeux du monde du septième art – et du monde tout court - avec l’œuvre phare « Drive ». Un film qui a fait de Ryan Gosling une star, qui a totalement envoûté le monde avec sa bande originale composée par le français Kavinsky (malheureusement décédé hier) et qui a permis au cinéaste danois de se faire une place dans les plus grands festivals avec son esthétique avant-gardiste aux néons blafards et fluos. Sauf que, depuis, Winding Refn semble s’enfoncer plus bas à chaque film. « Only God Forgives », qui tentait de rejouer la recette de « Drive » en reprenant Gosling dans un type de film similaire axé davantage sur les codes asiatiques, fut une grosse déception. Après, « The Neon Demon » n’était pas plus concluant, laissant déjà poindre un style qui ne se renouvelait pas en plus d’une narration et de thèmes de plus en plus hermétiques et opaques.
Avec « Her Private Hell », c’est encore pire. Le long-métrage ne convaincra que ses fans les plus hardcore tant il exacerbe les tics du cinéaste et les pousse dans ses retranchements pour une œuvre totalement rébarbative malgré ses fulgurances esthétiques. Certes, le danois se positionne comme le roi des éclairages fluorescents permettant parfois de beaux moments visuels entre « Blade Runner » et « Ghost in the Shell » par le biais de son mélange d’inspiration asiatique - encore une fois – assorti à sa mégalopole futuriste sous la brume. Plastiquement, on peut dire que le film a de la gueule même si on peut ne pas le trouver renversant, tant cette esthétique apparaît déjà vue et que Winding Refn semble recycler en boucle aussi bien ses propres obsessions et fétiches que la caravane visuelle qui les accompagne. Cependant, cette fois plus encore, l’esbrouffe formelle et ses affèteries visuelles ne sont au service de rien du tout et finissent par frôler le ridicule. On a l’impression de regarder une interminable publicité pour une marque de luxe ou une exposition d’art contemporain animée qui n’en finit pas. Et que dire de la bande originale, assez originale justement, mais bien trop envahissante au point qu’elle nous sature les oreilles.
Le cinéaste accouche d’une œuvre prétentieuse qui ne fait plaisir qu’à lui-même aussi égotiste qu’absconse et soporifique. Plus le film avance, plus l’ennui abyssal qui nous traverse est immense. Lorgnant parfois sur les dédales mentaux à la Lynch (sans la beauté du geste et ses sublimes artifices) mixé aux giallos de Dario Argento (en mode futuriste et queer cependant et sans la violence baroque qui fait sa renommée), « Her Private Hell » est un long tunnel d’images pop désincarné. Ne surtout pas s’attendre à un semblant d’histoire avec ces deux trajectoires qui se croisent sans vraiment de rapport si ce n’est une symbolique à déchiffrer mais qu’on ne prendra la peine de comprendre tant la vacuité ici est importante. Les acteurs errent dans ce rêve pas magique du tout et tentent de faire ce qu’ils peuvent sans savoir ce qu’ils font là. En somme, voilà le gros navet bourré d’orgueil d’un cinéaste plasticien qui s’enfonce toujours plus dans le médiocre.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Avec « Her Private Hell », c’est encore pire. Le long-métrage ne convaincra que ses fans les plus hardcore tant il exacerbe les tics du cinéaste et les pousse dans ses retranchements pour une œuvre totalement rébarbative malgré ses fulgurances esthétiques. Certes, le danois se positionne comme le roi des éclairages fluorescents permettant parfois de beaux moments visuels entre « Blade Runner » et « Ghost in the Shell » par le biais de son mélange d’inspiration asiatique - encore une fois – assorti à sa mégalopole futuriste sous la brume. Plastiquement, on peut dire que le film a de la gueule même si on peut ne pas le trouver renversant, tant cette esthétique apparaît déjà vue et que Winding Refn semble recycler en boucle aussi bien ses propres obsessions et fétiches que la caravane visuelle qui les accompagne. Cependant, cette fois plus encore, l’esbrouffe formelle et ses affèteries visuelles ne sont au service de rien du tout et finissent par frôler le ridicule. On a l’impression de regarder une interminable publicité pour une marque de luxe ou une exposition d’art contemporain animée qui n’en finit pas. Et que dire de la bande originale, assez originale justement, mais bien trop envahissante au point qu’elle nous sature les oreilles.
Le cinéaste accouche d’une œuvre prétentieuse qui ne fait plaisir qu’à lui-même aussi égotiste qu’absconse et soporifique. Plus le film avance, plus l’ennui abyssal qui nous traverse est immense. Lorgnant parfois sur les dédales mentaux à la Lynch (sans la beauté du geste et ses sublimes artifices) mixé aux giallos de Dario Argento (en mode futuriste et queer cependant et sans la violence baroque qui fait sa renommée), « Her Private Hell » est un long tunnel d’images pop désincarné. Ne surtout pas s’attendre à un semblant d’histoire avec ces deux trajectoires qui se croisent sans vraiment de rapport si ce n’est une symbolique à déchiffrer mais qu’on ne prendra la peine de comprendre tant la vacuité ici est importante. Les acteurs errent dans ce rêve pas magique du tout et tentent de faire ce qu’ils peuvent sans savoir ce qu’ils font là. En somme, voilà le gros navet bourré d’orgueil d’un cinéaste plasticien qui s’enfonce toujours plus dans le médiocre.
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Quasiment la moitié de la salle est sortie durant la séance, c’est dire à quel point ce film divise. La photo est belle et très travaillée esthétiquement, le réalisateur aime notamment sublimer Sophie Thatcher et son charme hypnotisant, mais aussi le corps masculin. Le souci c’est l’intrigue, beaucoup trop bizarre et abstraite. Pour certains ça sera une expérience intéressante, pour d’autres ça sera une expérimentation ridicule, pour moi c’est un mixte des deux. Il y a une scène où les actrices imitent des chiens qui aboient, voilà voilà je vous donne un aperçu…
Her Private Hell plonge Nicolas Winding Refn dans un territoire où science-fiction, cauchemar métaphysique et mélodrame familial se confondent. Une métropole futuriste disparaît progressivement sous une brume mortelle, deux personnages cherchent chacun un parent perdu et l’Enfer semble moins constituer une destination qu’un espace mental dont personne ne ressort véritablement indemne.
Tout commence par une ville engloutie. Une étrange brume recouvre les rues et libère une présence impossible à identifier clairement. Dans cet environnement où chaque déplacement peut devenir fatal, une jeune femme profondément troublée entreprend de retrouver son père.
Parallèlement, un GI américain poursuit une quête tout aussi désespérée : arracher sa fille à l’Enfer.
Ces deux trajectoires finissent naturellement par se croiser, mais Nicolas Winding Refn semble moins intéressé par la mécanique traditionnelle du récit que par ce que ces recherches disent de ses personnages. Tous deux avancent vers quelqu’un qu’ils ont perdu, sans savoir exactement ce qu’ils trouveront au bout du chemin.
La brume constitue à ce titre une idée particulièrement forte. Elle masque autant qu’elle menace. Les silhouettes apparaissent puis disparaissent, les distances deviennent impossibles à mesurer et la ville perd progressivement toute logique géographique. Le danger peut surgir de n’importe où, mais il demeure suffisamment abstrait pour nourrir l’imagination.
Refn transforme ainsi la métropole en pur espace mental.
Le cinéaste retrouve naturellement son goût pour les compositions extrêmement travaillées, les lumières artificielles et les personnages presque figés au milieu d'environnements qui semblent plus grands qu’eux. Là où beaucoup de récits post-apocalyptiques privilégieraient l’accumulation de créatures et de scènes d’action, Her Private Hell cherche davantage à installer une sensation d’irréalité.
Sophie Thatcher trouve dans cet univers une place particulièrement convaincante. Sa fragilité apparente contraste avec l’obstination de son personnage. Sa recherche du père devient progressivement plus ambiguë : s’agit-il encore de retrouver quelqu’un ou de comprendre ce qui, dans son propre passé, continue de la poursuivre ?
Charles Melton apporte une dimension plus physique au récit. Son GI possède les réflexes d’un homme habitué à affronter le danger, mais ceux-ci deviennent presque inutiles face à une menace qui échappe aux règles ordinaires. Sa quête pour retrouver sa fille donne surtout au personnage une vulnérabilité qui contrebalance son apparence de soldat.
Kristine Frøseth complète ce triangle en participant à l’étrangeté générale du récit, où les personnages semblent parfois appartenir autant au monde réel qu’aux projections de ceux qui les recherchent.
Le scénario signé Nicolas Winding Refn et Esti Giordani joue précisément sur cette incertitude. L’Enfer évoqué par le film doit-il être compris littéralement ? La brume appartient-elle véritablement au monde extérieur ? Jusqu’à quel point ce que nous voyons correspond-il aux traumatismes des personnages ?
Refn ne semble pas particulièrement pressé de fournir des réponses.
Cette radicalité constitue autant la force que la limite du film. Ceux qui attendent un récit de science-fiction traditionnel, reposant sur l’explication progressive du phénomène, pourront être déconcertés par une narration volontairement elliptique. Certaines séquences privilégient ouvertement l’atmosphère à la progression dramatique.
Mais Her Private Hell trouve précisément son identité dans cette absence de confort narratif. La menace devient d’autant plus inquiétante qu’elle demeure difficile à définir.
Le titre prend alors tout son sens. Chaque personnage semble transporter son propre enfer et la catastrophe extérieure ne fait que lui donner une forme visible. Retrouver un père ou sauver une fille revient finalement à tenter de réparer quelque chose que le passé a laissé ouvert.
La ville futuriste, la brume et la présence mortelle deviennent ainsi les manifestations spectaculaires d’un récit beaucoup plus intime sur la culpabilité, la filiation et l’impossibilité de laisser certains fantômes derrière soi.
Hypnotique, sombre et volontairement énigmatique, Her Private Hell ressemble moins à un film de science-fiction traditionnel qu’à un cauchemar éveillé. Nicolas Winding Refn transforme une métropole engloutie dans la brume en territoire mental où Sophie Thatcher et Charles Melton poursuivent autant leurs proches disparus que leurs propres fantômes. Une proposition visuelle radicale, parfois frustrante dans son goût de l’abstraction, mais fascinante lorsqu’elle laisse l’horreur surgir de ce que l’on ne peut ni voir clairement ni expliquer. Chez Refn, l’Enfer n’est finalement jamais très loin : chacun semble simplement y entrer par une porte différente
Tout commence par une ville engloutie. Une étrange brume recouvre les rues et libère une présence impossible à identifier clairement. Dans cet environnement où chaque déplacement peut devenir fatal, une jeune femme profondément troublée entreprend de retrouver son père.
Parallèlement, un GI américain poursuit une quête tout aussi désespérée : arracher sa fille à l’Enfer.
Ces deux trajectoires finissent naturellement par se croiser, mais Nicolas Winding Refn semble moins intéressé par la mécanique traditionnelle du récit que par ce que ces recherches disent de ses personnages. Tous deux avancent vers quelqu’un qu’ils ont perdu, sans savoir exactement ce qu’ils trouveront au bout du chemin.
La brume constitue à ce titre une idée particulièrement forte. Elle masque autant qu’elle menace. Les silhouettes apparaissent puis disparaissent, les distances deviennent impossibles à mesurer et la ville perd progressivement toute logique géographique. Le danger peut surgir de n’importe où, mais il demeure suffisamment abstrait pour nourrir l’imagination.
Refn transforme ainsi la métropole en pur espace mental.
Le cinéaste retrouve naturellement son goût pour les compositions extrêmement travaillées, les lumières artificielles et les personnages presque figés au milieu d'environnements qui semblent plus grands qu’eux. Là où beaucoup de récits post-apocalyptiques privilégieraient l’accumulation de créatures et de scènes d’action, Her Private Hell cherche davantage à installer une sensation d’irréalité.
Sophie Thatcher trouve dans cet univers une place particulièrement convaincante. Sa fragilité apparente contraste avec l’obstination de son personnage. Sa recherche du père devient progressivement plus ambiguë : s’agit-il encore de retrouver quelqu’un ou de comprendre ce qui, dans son propre passé, continue de la poursuivre ?
Charles Melton apporte une dimension plus physique au récit. Son GI possède les réflexes d’un homme habitué à affronter le danger, mais ceux-ci deviennent presque inutiles face à une menace qui échappe aux règles ordinaires. Sa quête pour retrouver sa fille donne surtout au personnage une vulnérabilité qui contrebalance son apparence de soldat.
Kristine Frøseth complète ce triangle en participant à l’étrangeté générale du récit, où les personnages semblent parfois appartenir autant au monde réel qu’aux projections de ceux qui les recherchent.
Le scénario signé Nicolas Winding Refn et Esti Giordani joue précisément sur cette incertitude. L’Enfer évoqué par le film doit-il être compris littéralement ? La brume appartient-elle véritablement au monde extérieur ? Jusqu’à quel point ce que nous voyons correspond-il aux traumatismes des personnages ?
Refn ne semble pas particulièrement pressé de fournir des réponses.
Cette radicalité constitue autant la force que la limite du film. Ceux qui attendent un récit de science-fiction traditionnel, reposant sur l’explication progressive du phénomène, pourront être déconcertés par une narration volontairement elliptique. Certaines séquences privilégient ouvertement l’atmosphère à la progression dramatique.
Mais Her Private Hell trouve précisément son identité dans cette absence de confort narratif. La menace devient d’autant plus inquiétante qu’elle demeure difficile à définir.
Le titre prend alors tout son sens. Chaque personnage semble transporter son propre enfer et la catastrophe extérieure ne fait que lui donner une forme visible. Retrouver un père ou sauver une fille revient finalement à tenter de réparer quelque chose que le passé a laissé ouvert.
La ville futuriste, la brume et la présence mortelle deviennent ainsi les manifestations spectaculaires d’un récit beaucoup plus intime sur la culpabilité, la filiation et l’impossibilité de laisser certains fantômes derrière soi.
Hypnotique, sombre et volontairement énigmatique, Her Private Hell ressemble moins à un film de science-fiction traditionnel qu’à un cauchemar éveillé. Nicolas Winding Refn transforme une métropole engloutie dans la brume en territoire mental où Sophie Thatcher et Charles Melton poursuivent autant leurs proches disparus que leurs propres fantômes. Une proposition visuelle radicale, parfois frustrante dans son goût de l’abstraction, mais fascinante lorsqu’elle laisse l’horreur surgir de ce que l’on ne peut ni voir clairement ni expliquer. Chez Refn, l’Enfer n’est finalement jamais très loin : chacun semble simplement y entrer par une porte différente
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