Note moyenne
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Le dernier film bien qu’un peu décevant par son manque d’inspiration conserve malgré tout les qualités qui font la signature du réalisateur. On y retrouve des personnages féminins toujours remarquablement dirigés, une photographie soignée ainsi qu’un travail sur les couleurs d’une grande richesse visuelle. Par moments, certaines scènes rappellent la force émotionnelle de ses plus grands films, comme Tout sur ma mère. La musique, autre de ses grands atouts, accompagne une nouvelle fois le récit avec beaucoup de justesse et contribue à préserver l’identité singulière de son cinéma.
Almodovar a été longtemps un cinéaste énergique, impertinent et audacieux qui savait mêler tragique et comédie, non sans un certain maniérisme. Un petit maître comme disait Michel Ciment. On l'a porté aux nues. Alors il s'est pris pour un grand maître et depuis fabrique des films articiels qui se veulent profonds sur la création, la marche du monde et ses injustices, mais surtout avec des personnages de moins en moins intéressants. De temps en temps, c'est plutôt pas mal et comme ici assez raté. Par moment le dialogue entre les femmes est même caricatural. Lanzarote est très beau..
Heureusement !
Heureusement !
Un Almodóvar en mal d'inspiration. La photographie est magnifique, les acteurs sont très bons. Mais l'histoire n'est pas passionnante, pas bien menée à part quelques scènes plus intenses et captivantes, et baigne dans une musique syrupeuse quasi permanente.
AU FOND DE L’ABYME
A travers un double essayant de rédiger un scénario, Almodovar s’interroge sur son propre manque d’inspiration. Une mise en abyme s’engage entre le film en train de se faire, narrant les tourments d’Esla (Barbara Lennie), réalisatrice, et les interrogations de Raúl, scénariste/ metteur en scène supposé jouer le rôle d’Almodovar. Principale question : a-t-on le droit d’utiliser des séquences de vie de son entourage comme matériaux du film ? Interrogation morale, sujet de controverse et de brouille entre le scénariste et sa compagne…
Comme d’habitude, Almodovar nous offre un film très coloré, provocateur, d’une beauté mécanique. Mais il semble que le cœur n’y est plus. Et comme le remarque une spectatrice à la fin du film, celui-ci n’est pas à la hauteur de "Volver" !
Je comprends maintenant pourquoi "Autofiction", bien que présenté en compétition le Festival de Cannes, n’ait reçu aucun Prix ni Palme…
Je salue pourtant l’excellent Leonardo Sbaraglia qui interprète Raúl.
A travers un double essayant de rédiger un scénario, Almodovar s’interroge sur son propre manque d’inspiration. Une mise en abyme s’engage entre le film en train de se faire, narrant les tourments d’Esla (Barbara Lennie), réalisatrice, et les interrogations de Raúl, scénariste/ metteur en scène supposé jouer le rôle d’Almodovar. Principale question : a-t-on le droit d’utiliser des séquences de vie de son entourage comme matériaux du film ? Interrogation morale, sujet de controverse et de brouille entre le scénariste et sa compagne…
Comme d’habitude, Almodovar nous offre un film très coloré, provocateur, d’une beauté mécanique. Mais il semble que le cœur n’y est plus. Et comme le remarque une spectatrice à la fin du film, celui-ci n’est pas à la hauteur de "Volver" !
Je comprends maintenant pourquoi "Autofiction", bien que présenté en compétition le Festival de Cannes, n’ait reçu aucun Prix ni Palme…
Je salue pourtant l’excellent Leonardo Sbaraglia qui interprète Raúl.
AUTOFICTION - Pedro Almodovar
Autofiction suit un réalisateur en panne d’inspiration qui décide de transformer le drame intime vécu par une proche collaboratrice en matière première pour son prochain film. Sur le papier, le sujet avait tout pour séduire mais le problème est que le film ne décolle jamais vraiment.
Là où Almodóvar savait autrefois transformer ses mélodrames en expériences sensuelles, excessives et profondément vivantes, tout paraît ici fonctionner en pilotage automatique. Comme si le cinéaste recyclait les éléments les plus identifiables de son cinéma sans parvenir à leur redonner vie.
Là où La Chambre d’à côté avait récemment montré un Almodóvar capable de se réinventer avec une forme de simplicité nouvelle, il semble ici s’auto-parodier.
Chaque plan est saturé de rouge vermillon, de jaune safran ou de bleu klein, au point que l’on finit parfois par avoir davantage l’impression de feuilleter un catalogue de décoration intérieure qu’assister un véritable drame humain.
Les dialogues s’étirent, les personnages parlent beaucoup pour finalement raconter assez peu, et cette réflexion sur la création artistique finit elle-même par manquer cruellement d’inspiration.
Le vrai problème vient sans doute des enjeux du récit. Le film met en scène cette histoire comme une tragédie majeure alors que ce qui se joue paraît souvent assez mineur et renvoie fatalement l'impression d'un réalisateur qui a la fâcheuse tendance d'un peu trop se regarder le nombril.
Évidemment, les admirateurs inconditionnels du cinéaste retrouveront tout ce qu’ils aiment : les couleurs, les appartements impeccables, les figures d’artistes tourmentés, les dialogues littéraires, cette manière très almodovarienne de théâtraliser le quotidien. Mais pour les autres, le film risque surtout de sembler bavard, narcissique et assez rapidement ennuyeux.
Un film que j'aurais très certainement bien davantage apprécié si je ne l'avais pas découvert dans le cadre du Festival de Cannes où il a nécessairement souffert de la comparaison avec des propositions de cinéma bien plus puissantes et intéressantes.
MA NOTE : 5,5/10
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Autofiction suit un réalisateur en panne d’inspiration qui décide de transformer le drame intime vécu par une proche collaboratrice en matière première pour son prochain film. Sur le papier, le sujet avait tout pour séduire mais le problème est que le film ne décolle jamais vraiment.
Là où Almodóvar savait autrefois transformer ses mélodrames en expériences sensuelles, excessives et profondément vivantes, tout paraît ici fonctionner en pilotage automatique. Comme si le cinéaste recyclait les éléments les plus identifiables de son cinéma sans parvenir à leur redonner vie.
Là où La Chambre d’à côté avait récemment montré un Almodóvar capable de se réinventer avec une forme de simplicité nouvelle, il semble ici s’auto-parodier.
Chaque plan est saturé de rouge vermillon, de jaune safran ou de bleu klein, au point que l’on finit parfois par avoir davantage l’impression de feuilleter un catalogue de décoration intérieure qu’assister un véritable drame humain.
Les dialogues s’étirent, les personnages parlent beaucoup pour finalement raconter assez peu, et cette réflexion sur la création artistique finit elle-même par manquer cruellement d’inspiration.
Le vrai problème vient sans doute des enjeux du récit. Le film met en scène cette histoire comme une tragédie majeure alors que ce qui se joue paraît souvent assez mineur et renvoie fatalement l'impression d'un réalisateur qui a la fâcheuse tendance d'un peu trop se regarder le nombril.
Évidemment, les admirateurs inconditionnels du cinéaste retrouveront tout ce qu’ils aiment : les couleurs, les appartements impeccables, les figures d’artistes tourmentés, les dialogues littéraires, cette manière très almodovarienne de théâtraliser le quotidien. Mais pour les autres, le film risque surtout de sembler bavard, narcissique et assez rapidement ennuyeux.
Un film que j'aurais très certainement bien davantage apprécié si je ne l'avais pas découvert dans le cadre du Festival de Cannes où il a nécessairement souffert de la comparaison avec des propositions de cinéma bien plus puissantes et intéressantes.
MA NOTE : 5,5/10
Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Je voulais le voir parce que j’aime bien le cinéma de Pedro Almodóvar.
Visuellement, le film est vraiment très beau.
Les couleurs, les décors et la mise en scène apportent énormément.
Le mélange entre réalité et fiction est intéressant et donne une vraie personnalité au film.
Les acteurs sont très bons dans l’ensemble.
Certaines scènes sont vraiment réussies.
La musique accompagne très bien le film aussi.
On retrouve plusieurs thèmes chers à Almodóvar, autour de la création, du souvenir et du cinéma.
Mais j’avoue avoir eu un peu de mal à rester totalement dedans.
Le film m’a parfois un peu perdu.
L’émotion a moins fonctionné sur moi que dans d’autres de ses films.
Le rythme est parfois un peu lent.
Ça reste intéressant à voir, mais pas forcément celui qui m’a le plus marqué du réalisateur.
Visuellement, le film est vraiment très beau.
Les couleurs, les décors et la mise en scène apportent énormément.
Le mélange entre réalité et fiction est intéressant et donne une vraie personnalité au film.
Les acteurs sont très bons dans l’ensemble.
Certaines scènes sont vraiment réussies.
La musique accompagne très bien le film aussi.
On retrouve plusieurs thèmes chers à Almodóvar, autour de la création, du souvenir et du cinéma.
Mais j’avoue avoir eu un peu de mal à rester totalement dedans.
Le film m’a parfois un peu perdu.
L’émotion a moins fonctionné sur moi que dans d’autres de ses films.
Le rythme est parfois un peu lent.
Ça reste intéressant à voir, mais pas forcément celui qui m’a le plus marqué du réalisateur.
Peut-être pas le meilleur film d'Almodovar, mais on sent clairement l'importance pour le réalisateur de l'avoir fait, cette histoire qui comporte deux récits, l'un fictif s'inspirant directement de faits réels, l'autre bien réel mais agissant de façon psychoactive sur la fiction, agit comme un psychodrame pour les principaux protagonistes, et se pose alors la question de savoir si l'on peut impunément s'inspirer de faits réels pour écrire une histoire fictive. Dès lors, jusqu'où peut aller l'auteur pour puiser son inspiration sans risquer de faire du tort, voire de détruire l'autre ? Quelle est alors sa part de responsabilité ? Et d'ailleurs est-il seulement responsable de sa propre inspiration ?..On retrouve les couleurs fétiches et criardes affectionnées par Almodovar, le rouge et le vert, couleurs complémentaires symbolisant en quelque sorte le Yin et le Yang, l'action et la réception, mais aussi le jaune et le bleu, ce qui est subit et dénué d'animosité mais peut aussi être perçu comme une agression sans qu'il n'y ait une quelconque intention de nuire, là est tout le drame des relations humaines : blesser sans le vouloir, vouloir se protéger au risque d'étouffer l'autre l'empêcher de vivre, dans ces conditions l'amour authentique entre deux êtres est-il seulement possible ? Le film peut paraître un peu longuet parfois mais les dernières scènes l'éclairent de façon crue et étourdissante, tant il est vrai que le mystère de la création littéraire puise parfois (souvent ?) ses racines au plus profond de nos âmes cabossées, de celles et ceux qui nous ont touchés, émus et/ou blessés.
Une œuvre spéciale
qui intrigue dans sa première partie, portée par un soin visuel et par ce couple qui se construit.
Mais le film s’enfonce ensuite dans une mélancolie très appuyée, entre tristesse, mal-être et introspection, au point de devenir parfois un peu déprimant.
Il joue sur un décalage entre fiction et réalité, en entremêlant plusieurs histoires, où la réalité vient inlassablement nourrir la fiction.
Il évoque aussi un cinéma en manque de souffle.
Pour éviter cette impression de perte de vitesse, il aurait fallu un propos plus fort.
qui intrigue dans sa première partie, portée par un soin visuel et par ce couple qui se construit.
Mais le film s’enfonce ensuite dans une mélancolie très appuyée, entre tristesse, mal-être et introspection, au point de devenir parfois un peu déprimant.
Il joue sur un décalage entre fiction et réalité, en entremêlant plusieurs histoires, où la réalité vient inlassablement nourrir la fiction.
Il évoque aussi un cinéma en manque de souffle.
Pour éviter cette impression de perte de vitesse, il aurait fallu un propos plus fort.
Autofiction, le 25e film de Pedro Almodóvar présenté en compétition à Cannes 2026, est un exercice d’autofiction ambitieux mais épuisant. C’est trop bavard, trop lisse, trop occupé à se contempler pour vraiment nous atteindre.
À 76 ans, Pedro Almodóvar revient sur la Croisette avec Autofiction, titre qui ne ment pas. Le cinéaste madrilène, gloire vivante du cinéma espagnol et figure tutélaire de la Movida, a construit une filmographie entière sur l’art de se raconter sans jamais tout à fait se montrer. Derrière ses héroïnes flamboyantes, ses couleurs pop, ses mélodrames nerveux, il y avait toujours une part de lui, dissimulée et sublimée. Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver, La piel que habito, Douleur et Gloire sont des chefs-d’œuvre d’une lucidité exemplaire et avaient porté cet exercice à son sommet. Avec Autofiction, il renoue avec cette veine en plaçant au centre du récit Raúl (Leonardo Sbaraglia), cinéaste en panne d’inspiration qui finit par s’inspirer de la vie de ses proches pour écrire son prochain film. Et il devra en payer le prix. En face de lui, Elsa (Bárbara Lennie), son alter ego féminin, réalisatrice de films devenus cultes malgré leurs échecs initiaux, dont le destin croise et reflète le sien à quelques années d’écart. Le dispositif est séduisant sur le papier. À l’écran, c’est une autre histoire.
Un miroir face à l’autre
Il faut reconnaître à Autofiction ce qu’il a : la patte Almodóvar est bien là, intacte dans sa forme. Les couleurs saturées, l’élégance des décors, la musique d’Alberto Iglesias, fidèle compagnon de route, tout cela compose un écrin reconnaissable, presque rassurant. Et la question qu’il pose, celle de l’éthique du créateur qui vampirise les vies qui l’entourent, est une question vertigineuse. Le problème, c’est qu’Almodóvar ne la traverse pas, il la disserte. Les dialogues s’accumulent, s’étirent, s’expliquent eux-mêmes, comme si le film ne faisait pas confiance au spectateur pour comprendre ce qu’il ressent. On pense à la dimension pirandellienne revendiquée par le cinéaste dans sa note d’intention, où les personnages se rebellent contre leur auteur, où l’œuvre remet en question sa propre raison d’être également, mais cette ambition méta reste théorique, rarement incarnée. Raúl se regarde dans le miroir tout le long du récit et le film fait de même. Ce qui finit par tenir le spectateur à distance. Une séquence de striptease masculin en ouverture, décorative et inconséquente, donne le ton de cette auto-indulgence.
Ce qui distinguait Douleur et Gloire de cet Autofiction, c’est que l’autofiction y était logée dans la chair, dans le dos abîmé de Banderas, dans la douleur physique qui rendait le récit intime et universel à la fois. Ici, la distance entre Almodóvar et Raúl s’est refermée jusqu’à l’étouffement. L’émotion, au lieu de surgir, nous est réclamée, portée par une musique qui tente de rattraper un rythme constamment défaillant. Ce faux rythme est peut-être le vrai problème du film, car les deux temporalités s’articulent sans jamais se percuter, et leur convergence arrive trop tard pour relancer ce qui s’est installé comme une torpeur confortable. Il y a pourtant une ultime confrontation entre Raúl et sa collaboratrice en fin de film, qui révèle ce qu’Autofiction aurait pu être entre tension et justesse. Ce moment-là est du grand Almodóvar. Le reste est tout simplement conventionnel et assommant.
Dans une fin de compétition cannoise qui s’essouffle, Autofiction partage avec Histoires Parallèles de Farhadi le même vertige, celui de deux auteurs qui peinent à se détacher d’eux-mêmes. Almodóvar s’en sort mieux que le cinéaste iranien, dont le dispositif reste plus froid et plus calculé, mais les défauts sont cousins, avec trop de démonstration et pas assez de vie. Le film laissera donc peu de traces, paradoxe cruel pour une œuvre qui parle précisément de la peur de disparaître.
À 76 ans, Pedro Almodóvar revient sur la Croisette avec Autofiction, titre qui ne ment pas. Le cinéaste madrilène, gloire vivante du cinéma espagnol et figure tutélaire de la Movida, a construit une filmographie entière sur l’art de se raconter sans jamais tout à fait se montrer. Derrière ses héroïnes flamboyantes, ses couleurs pop, ses mélodrames nerveux, il y avait toujours une part de lui, dissimulée et sublimée. Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver, La piel que habito, Douleur et Gloire sont des chefs-d’œuvre d’une lucidité exemplaire et avaient porté cet exercice à son sommet. Avec Autofiction, il renoue avec cette veine en plaçant au centre du récit Raúl (Leonardo Sbaraglia), cinéaste en panne d’inspiration qui finit par s’inspirer de la vie de ses proches pour écrire son prochain film. Et il devra en payer le prix. En face de lui, Elsa (Bárbara Lennie), son alter ego féminin, réalisatrice de films devenus cultes malgré leurs échecs initiaux, dont le destin croise et reflète le sien à quelques années d’écart. Le dispositif est séduisant sur le papier. À l’écran, c’est une autre histoire.
Un miroir face à l’autre
Il faut reconnaître à Autofiction ce qu’il a : la patte Almodóvar est bien là, intacte dans sa forme. Les couleurs saturées, l’élégance des décors, la musique d’Alberto Iglesias, fidèle compagnon de route, tout cela compose un écrin reconnaissable, presque rassurant. Et la question qu’il pose, celle de l’éthique du créateur qui vampirise les vies qui l’entourent, est une question vertigineuse. Le problème, c’est qu’Almodóvar ne la traverse pas, il la disserte. Les dialogues s’accumulent, s’étirent, s’expliquent eux-mêmes, comme si le film ne faisait pas confiance au spectateur pour comprendre ce qu’il ressent. On pense à la dimension pirandellienne revendiquée par le cinéaste dans sa note d’intention, où les personnages se rebellent contre leur auteur, où l’œuvre remet en question sa propre raison d’être également, mais cette ambition méta reste théorique, rarement incarnée. Raúl se regarde dans le miroir tout le long du récit et le film fait de même. Ce qui finit par tenir le spectateur à distance. Une séquence de striptease masculin en ouverture, décorative et inconséquente, donne le ton de cette auto-indulgence.
Ce qui distinguait Douleur et Gloire de cet Autofiction, c’est que l’autofiction y était logée dans la chair, dans le dos abîmé de Banderas, dans la douleur physique qui rendait le récit intime et universel à la fois. Ici, la distance entre Almodóvar et Raúl s’est refermée jusqu’à l’étouffement. L’émotion, au lieu de surgir, nous est réclamée, portée par une musique qui tente de rattraper un rythme constamment défaillant. Ce faux rythme est peut-être le vrai problème du film, car les deux temporalités s’articulent sans jamais se percuter, et leur convergence arrive trop tard pour relancer ce qui s’est installé comme une torpeur confortable. Il y a pourtant une ultime confrontation entre Raúl et sa collaboratrice en fin de film, qui révèle ce qu’Autofiction aurait pu être entre tension et justesse. Ce moment-là est du grand Almodóvar. Le reste est tout simplement conventionnel et assommant.
Dans une fin de compétition cannoise qui s’essouffle, Autofiction partage avec Histoires Parallèles de Farhadi le même vertige, celui de deux auteurs qui peinent à se détacher d’eux-mêmes. Almodóvar s’en sort mieux que le cinéaste iranien, dont le dispositif reste plus froid et plus calculé, mais les défauts sont cousins, avec trop de démonstration et pas assez de vie. Le film laissera donc peu de traces, paradoxe cruel pour une œuvre qui parle précisément de la peur de disparaître.
Très mauvais film, à éviter pour la noirceur du scénario qui est un imbroglio.
Même les acteurs n'arrivent pas à sauver ce film.
Même les acteurs n'arrivent pas à sauver ce film.
J’étais curieux, forcément, mais je suis resté un peu à distance. Il y a des choses intéressantes, une envie de revenir sur lui-même, sur son cinéma, sur ses obsessions. Mais je trouve que ça tourne un peu en rond, comme si le film restait enfermé dans sa propre matière. Par moments, ça m’a touché, oui, mais sans jamais vraiment m’emporter. J’ai regardé ça avec intérêt, sans retrouver l’émotion que j’attends de lui.
Pedro Almodovar est indubitablement un réalisateur incroyable, et Autofiction ne fait pas d'ombre à sa patte. Un excellent drame social au dénouement inattendu et à l'écriture soignée et crédible, qui porte merveilleusement bien son nom.
Almodovar nous explique comment la réalité vient inlassablement nourrir la fiction mais cette idée mérite t'elle finalement un film ?
On retrouve son style, sa patte mais je reste sur le carreau.
On retrouve son style, sa patte mais je reste sur le carreau.
Très déçu par ce film qui aurait pu s'appeler "l'autosatisfaction". Almodovar fait du Woody Allen psychologisant et on s'ennuie. Seuls la gestion des couleurs et certains plans (vue aérienne sur une plage noire des Canaries) sont à garder.
Jamais je n'aurais imaginé mettre une note aussi basse. Il faut pourtant se mettre à l'évidence que le dernier d'Almodovar n'a conservé que l'aspect visuel - la signature chromatique en particulier - de l'artiste. Pour le reste, c'est terriblement ennuyeux, bavard, sans émotion et même les trois-quarts du temps d'une vacuité sans bornes... Pourquoi enchaîner à ce point les films si c'est pour descendre en gamme à un tel niveau d'auto... affliction ! J'avais oublié qu'une oeuvre qui reçoit les éloges des Cahiers est rarement de bonne augure.
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