Garance
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Garance" et de son tournage !

Cannes 2026

Ce film a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.

Inspiration

Pour écrire Garance, Jeanne Herry a puisé dans le parcours d’une jeune femme qui lui a raconté son addiction à l’alcool, jusqu’au sevrage : "Je me suis inspirée de sa manière de consommer de l’alcool et de sa trajectoire de vie tant familiale que sentimentale. C’est quelqu’un qui a vécu une révolution intime, et qui est parvenue à stopper sa consommation". Une fois le scénario terminé, elle l’a toutefois fait relire à des professionnels de l’addictologie afin de confronter son récit à leur expertise.

Genèse

Après Pupille et Je verrai toujours vos visages, où elle a travaillé de manière exhaustive sur des sujets en les approfondissant, Jeanne Herry a choisi de faire l'inverse avec Garance. Au lieu de partir du collectif, elle a décidé de se concentrer sur un seul personnage. Le film est aussi né de son envie de dresser le portrait d'une actrice : "Je n’avais pas envie de faire le portrait d’une actrice-vedette, mais celui d’une comédienne qui travaille et qui a du réseau. [...] Ce film porte en lui mon amour des acteurs et ma reconnaissance de leur travail." Quant à l'alcoolisme, elle déclare : "cela fait longtemps que les addictions m’intéressent et m’inquiètent, en particulier celle à l’alcool, car elle est très répandue".

Le choix d'Adèle

Après l'avoir dirigée dans Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry retrouve Adèle Exarchopoulos : "Adèle est dotée d’une capacité d’incarnation fantastique et d’une grande présence. Elle ancre immédiatement les situations de fiction dans le réel. La caméra l’adore, elle est extrêmement cinégénique. C’est un animal à sang chaud auquel on peut s’attacher d’emblée, elle est captivante... et c’est une grande actrice." L'actrice devait parfaitement connaître son texte car la réalisatrice ne voulait pas d'improvisations : "Cela demande un gros effort de mémoire, de maîtrise et aussi de lâcher prise. Adèle aime beaucoup jouer. Elle prend tout à bras le corps : elle plonge avec engagement dans les scènes."

La symbolique du prénom

Jeanne Herry a décidé d'appeler son héroïne Garance car elle recherchait un prénom à la fois traditionnel et original. Par ailleurs, il est indissociable du personnage mythique d'Arletty dans Les Enfants du Paradis, que la réalisatrice qualifie de "l’un des plus beaux films au monde. Il parle des actrices, des acteurs, du spectacle vivant avec beaucoup de respect et d’amour sans ignorer les difficultés de ces vies-là. "Les enfants du paradis" du titre sont ceux qui regardent les spectacles depuis le poulailler, tout là-haut. C’est le public populaire du théâtre. Et moi, j’essaie de faire des films fédérateurs, qui puissent plaire au plus grand nombre, toutes classes sociales confondues."

60 décors et 150 séquences

Avec soixante décors, plus de cent cinquante séquences, et de nombreux figurants, Garance est le projet le plus ambitieux en termes de moyens de la carrière de Jeanne Herry : "Je voulais travailler sur le mouvement et la profusion. C’est mon quatrième film produit par Alain Attal et Hugo Sélignac, et c’est le plus coûteux. Ils ont été très enthousiastes à l’idée de m’accompagner dans ce virage et je leur suis très reconnaissante de m’avoir donné les moyens de libérer ma mise en scène et de sortir de mon arène sociétale pour me diriger vers un espace hors des bureaux et des services publics."

Jouer l'ivresse

Adèle Exarchopoulos revient sur sa préparation : "Pour mon plaisir de spectatrice, je me suis replongée dans le travail de Gena Rowlands, mais il ne s’agissait justement pas d’aller de ce côté-là ni du côté d’un film comme Drunk. Garance peut être exubérante lors des scènes de fête, mais le reste du temps, son addiction aux effets insidieux se fond assez bien dans son quotidien. Elle boit du vin bon marché, qui peut donner mal au crâne, rendre ses couchers et ses réveils douloureux."

L'actrice n’a pas cherché à jouer l’ivresse mais a travaillé sur la nécessité de boire et la peur de rechuter. Jeanne Herry lui a permis d’assister à un cercle de parole réunissant des femmes souffrant d’addictions, après lui avoir présenté une addictologue de l’hôpital de Villejuif. L’actrice a ensuite poursuivi sa préparation avec un coach, en travaillant le texte et toutes les questions soulevées par le scénario bien avant le tournage.

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