Un film noir et pessimiste qui traite sans détour de la bêtise et de la cruauté humaine. Dans le rôle du si particulier Mr Hire, Michel Simon est très convaincant mais, Viviane Romance, est encore plus terrifiante.
Un beau film découvert au hasard ! On y suit cette affaire qui ressemble sur les traits du scénario à un Hitchcock. C'est intéressant et beau, on est tenu par l'histoire jusqu'au bout. Une belle œuvre
Ce film a la nostalgie des vieux films français. La couleur Noir et Blanc, les décors, la gouaille de certains personnages, le son médiocre et l'image parfois flou. J'avais bien aimé Voici le temps des assassins avec Gabin, et aussi Pépé le moko, encore avec Gabin mais Ici, avec Simon, je n'ai pas eu le même plaisir. Il y a bien sur l'intrigue qui rend le film assez plaisant à regarder, mais dans l'ensemble je n'ai pas été touché. A voir aussi Monsieur Hire de Leconte.
Il m'aura fallu beaucoup, mais alors vraiment beaucoup de patience pour parvenir à mettre la main sur ce film d'après-guerre de Julien Duvivier. Bien que ne l'ayant jamais vu, j'arrivais tout de même en terrain connu étant donné que j'avais vu le remake de Patrice Leconte (dans lequel Mr Hire était joué par Michel Blanc). Alors, de quoi ça cause ? De Monsieur Hire, médecin de son état, personnage un peu étrange mais pas méchant pour un sou qui va se voir accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Pire encore, il sait qui en est l'auteur et possède les preuves, mais il sera conduit à sa perte par une femme aussi belle que vicieuse. Pour la faire courte, « Panique », c'est le genre de film tout à fait indiqué pour te mettre dans une colère noire. Un bonhomme, aussi bizarre soit-il mais qui ne demande rien en personne se fait jeter en pâture sur la place publique comme le dernier des malpropres à la première occasion venue. Même si tu le sais déjà, tu ne peux t'empêcher de te dire : « mais merde, que ce soit en 1946, ou aujourd'hui, les gens n'ont pas changé. Toujours prêts à faire du mal. Prêts à causer la perte de quelqu'un juste parce qu'ils l'ont en travers du nez ». Tu ressors de ce film, t'es encore plus dégoûté de la nature humaine. Hélas, « Panique » a quelques petits défauts d'ordre uniquement techniques : une mauvaise image et une mauvaise sonorisation dus au contexte de l'époque. Que dire d'autre ? Ah oui : Michel Simon. Ben c'est Michel Simon quoi, toujours aussi formidable. Cela n'étonnera personne.
Excellent film noir. Michel Simon est épatant dans le rôle de Monsieur Hire. Il y a dans son jeu comme une forme de puissance ecrasante et de fébrilité à la fois. La mise en scène est au service de l'histoire et des acteurs. La morale est acerbe et le film s'intensifie tout du long. Une très bonne surprise. A voir !
La scène du dénouement est le point culminant, la démonstration exacerbée, du sujet de Simenon auquel Duvivier a ajouté son propre regard sombre et désenchanté. A ce titre, elle constitue le moment fort, mémorable, du drame. Avant ce dénouement spectaculaire, sur une place qui ressemble à celle d'un village en plein Paris, Duvivier présente tout au long du film quelques unes des figures, médiocres et indignes, d'une classe populaire qui accable Monsieur Hire de tous les maux, cet homme seul et mysanthrope, hautain peut-être, qui fait, à cause de son caractère différent un coupable tout désigné du crime qui a été commis. Plus que l'intrigue, pas spécialement captivante, c'est la vision sociale et humaine pessimiste des auteurs qui procure l'intérêt majeur du film.
Etonnant de voir un film tourné en 1947, parce qu'on y voit un Paris d'un autre monde, d'une autre époque. Mais les gens de ce petit "village" parisien n'ont pas beaucoup changé avec aujourd'hui. Le thème en est la peur de l'étranger, la méfiance et le complot. Un homme que l'on apprend à connaître va devenir le bouc émissaire d'une affaire de meurtre. Sa naïveté et son innocence auront raison de lui. Le dénouement tragique et le rebondissement final sauvegarde la morale de cette histoire cruelle et bien jouée. Au détour, quelques moments ethnographiques où l'on voit un camion de pompier d'époque, et où l'on voit une foule de gens vivent dans des meublés, ce qui appartient aujourd'hui au passé. Ce film fait partie des films qu'il faut garder, regarder et voir.
Panique (1946) de Julien Duvivier, adaptation des Fiançailles de M. Hire de Simenon, est un acte d’accusation dressé par Duvivier contre ses compatriotes au sortir de la seconde guerre mondiale (et plus généralement contre l’humanité toute entière). On y voit une foule veule s'en prendre à un bouc émissaire accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Un film remarquable, l’un des plus noirs du cinéma français, qui reflète les rancoeurs et les haines d’une époque. Voir ma critique sur mon blog :
Très bon film, belle surprise je m'attendais pas à ça. L'histoire est cruelle et intelligente (et en plus atypique dans le cinéma français de l'époque). Les personnages sont bien décrit et le principale joué par Michel Simon est vraiment magnifique (la tête de turc et misanthrope). Les dernières scènes sont magistrales avec la foule idiote et vindicative.
Michel Simon est grandiose et Julien Duvivier dirige, d’une main de maître, le long-métrage.
Ce film, noir, se démarque par son identité visuelle et auditive. Entre les montagnes russes émotionnelles et les idées sur chaque plan, il est complètement en avance sur son temps.
L’ensemble joue avec la frustration du spectateur en appliquant les codes du film policier.
Faut pas faire confiance aux garces quand on est laid, misanthrope, asocial et qu'on est haï de la multitude. Car on ne peut échapper à la haine de la foule déchaînée. La folie des hommes noyée sous une musique de fête foraine.
J’aurais préféré au titre de « Panique » celui du roman de Simenon dont il est l’adaptation, « Les fiançailles de Monsieur Hire ». Car la déchirante émotion du film vient bien de cette illusion de fiançailles dont le personnage, puissamment incarné par Michel Simon, est victime ; le sentiment amoureux fait perdre toute lucidité, pourtant l’une de ses qualités premières, à un homme intelligent, désabusé, dont l’intérêt pour ses semblables ne se manifeste qu’à travers son travail et son hobby, les photos instantanées et révélatrices qu’il en fait. Le film est noir, très noir, et son esprit s’apparente à celui des grands films de H G Clouzot. Sa qualité aussi. Rarement on aura vu dans un personnage, celui d’Alice, une telle insupportable duplicité. Les comportements collectifs sont également terrifiants : l’opprobre jetée sur les gens « différents », la recherche de boucs émissaires, le colportage des ragots et des fausses informations, la transformation de la vérité pour donner crédit aux croyances qui nous arrangent, sont autant de tares du comportement panurgique de groupe, inhérentes à la nature humaine, qui renvoient certainement aux comportements constatés dans l’immédiat après-guerre, mais qui résonnent toujours bien fort en 2022. Le scénario est excellent, la mise en scène est soignée, précise et efficace, et le film, qui relève aussi du réalisme poétique d’avant-guerre, constamment passionnant. Il place incontestablement Duvivier dans le cercle des grands réalisateurs Français.
Un chef-d'oeuvre de misanthropie. Duvivier use d'un sens de la caricature et d'une ironie qui tirent l'histoire imaginée par Simenon vers la farce noire. Michel Simon joue avec plus de sobriété que d'habitude son personnage de solitaire, bouc émissaire d'une populace odieuse et ridicule. C'est excellent.
De retour de son exil aux Etats-Unis, Julien Duvivier reprend son cinéma en France presque comme si ne rien était. Ce premier film d'après-guerre d'après une nouvelle de Georges Simenon, reprend tous les codes du cinéma français d'avant guerre. Encore une fois Michel Simon y est grandiose et signe un de ses rôles les plus marquant dans l'inquiétant Mr Hire. Patrice Leconte fera un remake du film avec Michel Blanc bien moins réussi en 1989.
Pour la mécanique bien huilé du film qui est un bel exemple du savoir faire du cinéma français des années 40 ou du moins celui de Duvivier; pour l'interprétation magistrale de Michel Simon en marginal étrange; pour la dénonciation sous-jaçente de la stupidité de la société petite bourgeoise et la défense des différences et de la tolérance. Le film est l'adaptation d'un roman de Simenon, qui aura aussi un remake français, réalisé par Patrice Leconte, avec Michel Blanc en Monsieur Hire, dans le film du même nom. Le M Hire campé par Blanc est chauve, imberbe et assez inquiétant alors que celui qu'interprète Simon est poilu et finalement touchant. Il n'y a peut être pas de lien de cause à effet entre leur pilosité respective et leur tempérament, quoique... Cependant leur physique tout du moins, leur jeu est complètement différent pour interpréter un même personnage: Hire/Simon est solide "comme un arbre" comme il le dit lui même. Alors que Blanc/Hire serait plutôt froid comme un serpent... Du coup, je reverrais bien le film de Leconte, dont j'ai aussi un bon souvenir.