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5,0
Publiée le 10 mai 2011
Peut-être le plus grand film de Julien Duvivier! De retour aux Etats-Unis, le cinèaste tourne "Panique" avec l'immense Michel Simon dans le rôle du vieillard amoureux! Tirè d'un roman de Georges Simenon "Les fiançailles de M.Hire", ce film d'atmosphère, à rèsonnances sociales, est l'occasion pour Duvivier d'accenter encore son goût du morbide et du sordide! A travers une petite communautè où tous se connaissent et entretiennent des relations ètroites, "Panique" èvoque habilement le thème de la dènonciation! Rèalisè juste après la guerre, le film est devenu depuis un chef d'oeuvre du film noir avec une composition mèmorable de Michel Simon qui rend palpable la souffrance de M.Hire! Les seconds rôles sont diaboliquement excellents notamment Viviane Romance, où le mot "vamp" semble avoir ètè inventè pour elle, et Paul Bernard en bandit minable! A noter qu'un remake rèussi de Patrice Leconte a vu le jour en 1989, sous le titre de "Monsieur Hire" avec Michel Blanc et Sandrine Bonnaire...
Adaptation très libre du roman de Simenon Les fiançailles de M. Hire, Panique est sans nul doute l’un des meilleurs films de Julien Duvivier dont il faut réhabiliter l’œuvre de toute urgence puisqu’il s’agit de l’un des plus grands cinéastes français de tous les temps. Panique le prouve avec éclat tant les idées de mise en scène pullulent à chaque minute. Le travail sur la photographie, la beauté des décors, l’attention maniaque à chaque son, tout participe à la beauté qui se dégage de ce film très noir et pessimiste. Si l’on ajoute à cela les dialogues magnifiques de Charles Spaak, l’interprétation bouleversante de Michel Simon et la rouerie formidable de Viviane Romance, la garce du cinéma des années 30-40, cela constitue l’un des sommets de cette époque. Il faut ajouter à cela une vision particulièrement sombre des petites médiocrités humaines, malheureusement toujours d’actualité. Ou comment décrire l’ambiance de l’épuration sans jamais vraiment l’évoquer directement. Une grande œuvre pour tous les misanthropes, mais aussi un chef d’œuvre qui s’inspire à la fois de Fritz Lang (on pense à M le maudit) et des plans obliques d’Orson Welles. Un pur bijou à redécouvrir d’urgence.
Sûrement le film le plus noir du réalisateur français le plus noir pour cette oeuvre qui a eu le droit à un très pâle remake de Patrice Leconte, "Panique" est la meilleure preuve du pessimisme récurrent de Julien Duvivier pour ce qui est de la nature humaine. Un type solitaire et original est forcément un coupable pour une foule stupide plus rapide à pratiquer l'ostracisme et l'intolérance que l'acceptation, et à ce niveau-là la scène de lynchage n'a rien à envier à la puissance d'un Fritz Lang. Le géant Michel Simon donne une belle épaisseur à son personnage, le couple Paul Bernard-Viviane Romance est particulièrement détestable. Résultat : une des plus grandes oeuvres de son cinéaste.
Comment rendre compte de la bêtise d'une foule, qui réunie se croit forte au point de connaitre la vérité. Lorsque le mauvais est désigné, identifié, il y a toujours un pervers ou un paranoïaque à l'oeuvre. Au sortir de la seconde guerre mondiale, le message est éclairant. La panique est une peur inconsidérée, déraisonnable, fondée sur du n'importe quoi. Ici une rumeur répand des calomnies orchestrées au profit d'un malfrat. Plans et cadrages magnifiques. Michel Simon est brillantissime dans son personnage. Viviane Romance est parfaite pour lui donner la réplique. Cédant à la panique, le coupable désigné se réfugie sur le toit. N'est-ce pas là une métaphore du "toi" accusateur qu'adresse la foule assoiffée de vengeance à un être non consensuel ?
Après la vision de ce film, on pourra clairement lui retrouver une grosse ressemblance avec le "Furie" que tourna Fritz Lang en 1936, tant les deux films ont des point en commun, mais il est clair, pour moi, que ce long métrage est celui qui m'a laisser la plus forte impression dans la filmographie de ce réalisateur. C'est une histoire donc bien tragique, le tout sur fond d'intrigue policière, que nous offre ici le metteur en scène de " Pépé le Moko ", avec en prime une mise en scène de très grande qualité et qui réservera son lot de séquences marquantes aux spectateurs - la scène finale se déroulant sur le toit d'un immeuble est quand même un modèle du genre. Au niveau du casting, Michel Simon est juste exceptionnel dans le rôle d'un homme soupçonné à tort de meurtre, et il sera parfaitement seconder par Viviane Romance et Paul Bernard, qui interprètent ce couple cruel, sans guère de sentiments et que l'on ne pourra que hair à la fin du film. Notons également une photographie en noir et blanc qui apporte une atmosphère bien étouffante à cette oeuvre qui mérite bien son statut de classique du cinéma français.
De retour des USA, Julien Duvivier réalise « Panique ». Dans cet échec commercial (le public reprochait à Duvivier d’avoir abandonné la France) dès les premiers plans (la découverte du cadavre, la rencontre dans la pénombre derrière la foire du couple) l’influence esthétique du cinéma noir américain est visible. Une fois de plus le scénario adapté avec Charles Spaak du roman « Les Fiançailles de Monsieur Hire » de George Simenon fait mouche, à la fois dans sa pertinence et dans des dialogues bien sentis, parfois excessifs, mais sans jamais tomber dans l’outrance. Michel Simon y trouve un de ses plus beaux rôles et Viviane Romance porte avec subtilité le rôle de femme fatale au sommet. Ils sont accompagnés par une galerie épatante des grandes gueules du cinéma français de l’époque, avec une mention particulière pour Max Dalban dans le rôle du boucher agitateur. Toujours aussi nihiliste, le cinéaste nous propose un film sans aucun personnage sympathique, et la description des habitants du quartier est simplement une compilation d’ordures ordinaires, aux sentiments détestables et à l’empathie de façade. Haïssant toute différence, ils rappellent trop la délation pendant l’occupant, et la chasse aux collabos à la libération. « L’amour c’est la beauté du monde ». Cette rengaine récurrente tout au long du film souligne encore davantage une synthèse saisissante en la scène des auto tamponneuses. Elle annonce une séquence finale magistralement mise en scène. Malgré une forte envie de justice, il n’est pas possible durant la vision du film, d’imaginer un instant un happy end, Duvivier n’est ni Renoir, ni Carné. Si la fête foraine n'existe pas dans le livre, ni le voyeurisme, le film reste fidèle à l'esprit de Simenon et ttout est mal qui fini mal, sauf pour la garce et les « braves gens ». Seul regrets, la scène de la cartomancienne, brillante idée mal réalisée et celle du catch féminin un peu hors sujet. Une adaptation par Patrice Leconte sous le titre de « Monsieur Hire » sortira en 1989, mais inférieure à celle-ci, bien que totalement fidèle.
Tout converge vers "l'exécution finale", la sentence gratuite et l'innocent face au peuple. Une scène vraiment terrible. Mais avant cela il y a ce personnage étrange et solitaire qui fixe les mauvaises intentions des gens mais un être doux et aimant pour cette femme qui elle, aime le voyou, le vrai méchant. Un film fort et très bien réussi. Superbe.
Un très gros film que je découvre sur le tard et qui ne jouis pas de la renommée qu'il mérite . De plus le thème est intemporel, celui du bouc- émissaire , de la délation , des mouvements de foule ( on dirait aujourd'hui de la Fake News ) . Michel Simon est absolument formidable, un de ses plus grands rôles ( il y en a beaucoup) et Viviane Romance , star un peu passée aux oubliettes , est exceptionnelle . un jeu tout en finesse , toute en subtilité, "très moderne", avec un physique de vamp . On ne sait jamais ce qu’elle pense vraiment et elle nous embarque dans ce suspens sans que l'on s'en aperçoive. La mise en scène de Duvivier est forte et l'image en noir et blanc est magistrale , d’une beauté et d'une magie , comme seuil le noir et blanc peut le faire . Un vrai monument .
Premier film d'après-guerre réalisé par Julien Duvivier, "Panique" se situe dans la même lignée que le "Furie" de Fritz Lang, dénonçant la bêtise des mouvements de foule. Lorsqu'un meurtre survient dans un quartier parisien, c'est forcément Monsieur Hire (Michel Simon, bluffant dans ce rôle), peu aimable et solitaire qui passe pour le coupable aux yeux de toute la populace qui se considère honnête mais qui est complètement stupide. Coupable, Hire ne l'est que parce qu'il aime Alice (Viviane Romance, la vamp par excellence) et que celle-ci est amoureuse du véritable assassin, l'aidant alors à monter le quartier contre Hire. Le portrait que fait Duvivier de la France est d'une noirceur sans appel et pas loin de rappeler les jours sombre de l'Occupation qui n'est pas loin derrière. Avec un sens du cadre qui n'a pas pris une seule ride, le réalisateur met en scène des rapports de force qui s'étendent jusqu'au dénouement final, forcément bourré de cynisme. "Panique" est donc une œuvre forte dont la puissance fonctionne encore aujourd'hui, à la fois par l'intelligence de ses dialogues et surtout par le réalisme saisissant de son propos.
Tout se joue sur la fin, comme il est spoilé dans le synopsis. Le reste est longuet mais la préparation du final et surtout la foule de gens qui s'amasse en criant "A mort !" sans plus de compréhension ni de recherche offre une cruauté silencieuse et poussée à ce drame policier. Un bon final, le reste aurait besoin d'un coup de jeune !
Un film bien au-dessus du remake désastreux de Patrice Leconte. Michel Simon est, une fois n'est pas coutume, sobre et brillant, et l'atmosphère étouffante d'une petite ville rassemblant les bas-instincts d'une populace bête et intolérante y est particulièrement bien rendue.
"Oui mais les gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux" chantera Brassens quelques années plus tard. Le thème du lynchage avait déjà été traité de nombreuses fois, par exemple, et avec maestria, par Fritz Lang dans "M le maudit". Duvivier filme de façon linéaire cette machination simple, reportant l'intérêt sur le personnage principal, joué par Michel Simon, et sur la petite communauté qui l'entoure, ne l'apprécie guère, et finira par se liguer contre lui. Le développement est cohérent, le personnage principal assez touchant, de nombreux détails ont leur intérêt. Dans le contexte de l'époque, ce film dénonçait sans doute aussi les excès de l'épuration. A partir du même roman de Simenon, Patrice Leconte a réalisé "Monsieur Hire", un film plus dramatique, et plus achevé. La production de Duvivier est toutefois honorable.
Film noir, ce récit d'une machination criminelle réussit son ambiance de polar, bénéficie d'un casting très pertinent, s'appuie sur de savoureux dialogues, dénonce habilement les stéréotypes absurdes sur le coupable idéal, d'autant plus quand celui-ci semble mépriser le genre humain, ose le célibat, refuse les bienséances hypocrites. Cependant, cet homme supposément intelligent, cultivé, railleur, se comporte avec une naïveté atterrante face à celle pour qui il a éprouvé un coup de foudre irrémédiable. De même le meurtre initial manque de justification, tandis que l'amante ne s'offusque guère de la double trahison de son aimé! Ces faiblesses psychologiques s'opposent à la justesse de la peinture pessimiste des élans humains accusateurs, jugeurs, méfiants, rendus plus hystériques et radicaux encore par le nombre ou par la bêtise (dont se démarque le malicieux inspecteur). D'ailleurs les attitudes, les réactions, les actes mêmes des habitants sont filmés dans une frénésie qui les rend tout à la fois ridicules (le sac érigé en preuve) et terrifiants (le final), malheureusement crédibles (par exemple avec les couplets et le voyeurisme habituels après l'accusation). Grinçant.