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Aaym68
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3,0
Publiée le 30 juin 2026
Les tourments amoureux de quatre adolescents dans la campagne du sud-ouest au moment de la fin de la guerre d'Algérie. Avec la révélation Élodie Bouchez, belle chronique intimiste d'André Téchiné. Très belles scènes comme celle du mariage en ouverture ou celle de la baignade en clôture, mais j'ai trouvé que les dialogues étaient parfois trop élaborés et littéraires de la part de ces jeunes gens.
Belle histoire, bien écrite, bien cadrée... quel dommage que ce soit si mal joué, mal dirigé. A part Elodie Bouchez et Stephane Rideau, ça récite son texte et ça surjoue. En 1994, on pouvait faire mieux.
Dans le Sud‑Ouest des années 60, l’adolescence tangue entre vents contraires. Sous la lumière douce des paysages, Téchiné filme l’éveil des désirs, la peur de se découvrir, les certitudes qui vacillent. Tout semble suspendu, fragile, jusqu’à ce que les événements s’emballent et que les illusions se brisent. Derrière la grâce des instants captés, une mélancolie sourde s’installe. Un film d’une justesse rare, où le trouble des sentiments rencontre la brutalité du passage à l’âge adulte.
L'habile métaphore que suggèrent les roseaux sauvages à propos de l'adolescence caractérise le portrait, en 1962, de quatre jeunes personnes l'année du bac; trois garçons et une fille dont les troubles existentiels et les chassés-croisés sentimentaux constituent, par leur variété, une large définition de l'adolescence. On assiste à la naissance du caractère et des idées, influencés ici par la guerre d'Algérie, puis à l'acceptation d'une personnalité longtemps indécise. Mais trop souvent, les personnages expriment ce que d'ordinaire l'adolescence n'exprime pas si clairement, si sincèrement. C'est la faiblesse du film (comme elle l'était déjà pour "Le jeune Werther" de Doillon deux années auparavant) que d'être un témoignage bien a posteriori de l'adolescence, de refléter un regard intellectuel qui affiche volontiers de la gravité mais perd, sinon de sa sensibilité, en tout cas de la spontanéité. De sorte que la maturité d'un propos trop adulte dénature et s'approprie ce que recouvre l'adolescence: une jeunesse très intime, pleine de contradictions et d'incertitudes. Le film d'André Téchiné, malgré sa qualité d'expression, est en somme l'opposé cérébral d'un certain genre de comédies superficielles de "teenagers". La parole du cinéaste intellectuel se substitue à celle de l'adolescent. De surcroît, les visages, toujours filmés en gros plans, font passer moins d'authenticité que d'emphase.
Le film nous emporte dans une sensation : la jeunesse. Ce moment où il fait chaud dans nos cœurs et on a juste envie de se tremper dans les rivières du plaisir. Techiné filme ses 4 personnages avec beaucoup d'introspection. Ils sont tous merveilleusement bien écrits et malgré une interprétation douteuse (sauf pour Élodie Bouchez qui annonce déjà une belle carrière) on les trouve attachants malgré des réels défauts tellement humains. Il nous parle d'une époque de crise : l'homosexualité, la guerre d'Algérie, les internats, la campagne, les rêves, sans jamais être dans une sorte d'exhibitionnisme pédagogique ou dramatique. La ou on retrouve le côté téléfilm (à l'origine s'en était un) c'est justement la dans cette manière de parler d'humains bouleversés sans outre mesure par le monde. Ce sont des réalités qui bouleversent nos héros comme elles bouleversent tout à chacun selon sa personnalité. Le point noir du film tient dans le jeu d'acteur comme dit avant mais aussi dans sa mise en scène trop simple à la Téchiné. Bref un beau film qui placé dans son époque était nécessaire mais est aujourd'hui un peu simple.
Largement inspiré de son propre vécu, ce long-métrage d’André Téchiné constitue une œuvre intimiste sur les troubles de l’adolescence. L’histoire nous plonge au début des années 1960 avec le parcours croisé de trois garçons et une fille (Élodie Bouchez, dans l’un de ses premiers grands rôles au cinéma). L’éveil à l’amour, les convictions politiques, la découverte de l’homosexualité, la guerre d’Algérie, etc. sont autant de sujets qui s’entremêlent parfois maladroitement. En effet, sans être mauvais, cela manque profondément de rythme et d’émotion malgré la sincérité du propos. Bref, ce drame ténébreux, lauréat du César du meilleur film en 1995, mérite une attention pour sa description intemporelle des émois de la jeunesse.
Assez dédaigneux d'une reconstitution historique précise, le récit s'ancre en 1962 pour exploiter l'exemple d'un moment historique clivant, polémique politique symbolisant les dilemmes et errements de l'adolescence dont André Téchiné dresse un portrait nuancé, fragile mais optimiste. assisté de jeunes comédiens impliqués à la fraiche spontanéité. Illustrant tendrement la fable "Le Chêne et le Roseau" dont le didactisme s'exprime habilement par l'opposition entre les générations, et notamment la main ferme tendue d'un remplaçant plus empathique qu'annoncé, cette photographie d'une génération certes désuète demeure atemporelle dans ses interrogations sentimentales fort bien dialoguées et musicalement accompagnées. Pertinent!
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3,0
Publiée le 16 décembre 2021
Des affres sensuels et politiques de la fin de l'adolescence selon Andrè Tèchinè qui puise dans ses lointains souvenirs pour signer son film le plus personnel! Sacrè meilleur film aux Cèsars 1995, "Les roseaux sauvages" est une oeuvre moderne et intimiste, amplement autobiographique! Nous sommes en 1962, au moment de la fin de la guerre d'Algèrie! C'est à travers les personnages de François, Serge, Henri et Maïtè que le rèalisateur se raconte tel un roseau sauvage qui se cache la vèritè mais qui ne rompt pas! Le film, qui n'èlabore jamais de thèories vaseuses, a su toucher le public à sa sortie pour l'èmotion et l'authenticitè des personnages! Dans ses chroniques adolescentes intrigantes et tourmentèes, Elodie Bouchez gagnait alors ses galons d'actrice en recevant le Cèsar du meilleur espoir fèminin! Frèdèric Gorny, qui joue l'èlève pied-noir rèvoltè, mèritait d'en remporter un aussi! Du bon Tèchinè...
Situé dans un contexte historique anxiogène (la guerre d’Algérie), ce film sur les passions et les émois adolescents est pourtant d’une grande douceur. Les jeunes interprètes se sortent très bien de dialogues très écrits et littéraires.
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1,5
Publiée le 13 avril 2021
Le film d'André Téchiné échoue à plusieurs niveaux incapable qu'il est d'attirer notre attention de retenir notre intérêt ou de nous attacher à ses personnages. Les roseaux sauvages a un maillon très faible et c'est son scénario. Le réalisateur André Téchiné a raté le coche tant au niveau de l'intrigue que du développement des personnages. L'histoire qui traite de l'amour d'un jeune garçon pour un camarade de classe qui a perdu son frère pendant la guerre d'Algérie et de la confusion d'une jeune fille face à la vie et à l'amour aggravée par la dépression nerveuse de sa mère ne parvient jamais à nous captiver ou à nous intéresser ne serait-ce qu'un peu. La destruction complète du film est assurée par les mauvais dialogues qui sont totalement embarrassants et ne fonctionnent jamais. Dans cette optique il n'avait aucune chance et toute tentative des jeunes acteurs de le sauver est vouée à l'échec. Ceci dit, Gaël Morel, Elodie Bouchez, Fréderic Corny et Stéphane Rideau essaient tous de nous atteindre depuis leurs mondes confus et juvéniles mais hélas aucun d'entre eux n'y parvient...
Vide, fade et un tantinet ennuyant. Une histoire sur la jeunesse des années 60 mais sans relief et avec des erreurs de casting flagrant. Je ne vois pas l'intérêt de ce petit film qui aurait eu plus humblement sa place en téléfilm un soir d'été plutôt qu'une sortie en salles et 5 césars ??
Je l'avoue volontiers : « Les Roseaux sauvages » ne m'attirait pas. Je crois que c'est pourtant juste une question de titre car j'apprécie (la plupart du temps) le cinéma d'André Téchiné et ne savais même pas que le film avait en toile de fond la guerre d'Algérie, autre sujet avec lequel j'ai peu d'affinités. Pourtant, très vite je me suis senti happé par ce tourbillon d'émotions romanesque au possible, où le réalisateur dévoile un aussi grand talent pour offrir un récit aussi intense et passionné que ne le sont les personnages. Être capable d'offrir une telle richesse concernant ces derniers est presque un don, au point qu'on serait bien incapable de dire de la petite bande qui est le premier rôle tant ils sont chacun essentiels à l'intrigue et à son déroulement, la nourrissant constamment par leur personnalité, leurs convictions, leurs interrogations, leurs douleurs, leurs contradictions. Aucune caricature, chacun se montrant logique avec lui-même tout en étant capable de s'ouvrir aux autres, et s'il n'est pas bien compliqué de deviner à qui Téchiné s'identifie le plus, on sent son attachement à chacun, sa volonté d'offrir un regard complexe sur les événements afin d'exprimer à quel point certaines questions sont complexes. Le tout doté d'un bel éloge sur la naissance des sentiments, leur fragilité, cette « valse » des protagonistes évoluant constamment au fil de l'œuvre et notamment des événements historiques ayant quelque chose de foisonnant, comme cette jeunesse fougueuse, pleine de vitalité que dépeint le réalisateur. Alors c'est vrai : cette interprétation manquant parfois singulièrement de naturel peut déconcerter, voire gêner (notamment chez Gaël Morel), mais ça ne m'a pas dérangé outre-mesure, à moins que je ne sois simplement aveuglé par le charme d’Élodie Bouchez, sans oublier l'excellent Frédéric Gorny, probablement le meilleur du quatuor. Sans oublier Michèle Moretti et Jacques Nolot, dans des rôles écrits, eux aussi, avec beaucoup de soin. Du cinéma comme je l'aime, subtil et plein de ferveur, illuminé par une magnifique photographie particulièrement mise en valeur par la restauration récente de l'œuvre : l'une des plus belles réussites de son auteur.
Les Roseaux Sauvages est un film d'André Techiné qui ne m'a que moyennement séduit. Les acteurs sont plutôt bons. Le quatuor formé par Elodie Bouchez, Gaël Morel, Stéphane Rideau et Frédéric Gorny est très convaincant pour voir que l'on a affaire un des jeunes acteurs en devenir. Ils incarnent de manière plutôt naturelle leurs personnages en proie aux doutes et à la passion. Malheureusement, les intrigues amoureuses ne pas particulièrement palpitantes. C'est dommage car le contexte politique durant lequel se déroule l'intrigue du film est extrêmement intéressant (la fin de la guerre d'Algérie dont le résolution engendre beaucoup de frustration et de rancœur) et assez peu exploité dans le cinéma français (surtout du point de vue de jeunes adultes vivant en métropole). Bref, ça ne m'a pas déplu, mais ça ne m'a pas emballé non plus.