Nowhere
Note moyenne
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79 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2026
En 1997, Gregg Araki referme sa « Teen Apocalypse Trilogy » avec le film qu'il décrit lui-même comme "Beverly Hills 90210 sous acide". Nowhere suit une journée dans la vie d'une vingtaine d'adolescents de Los Angeles, intrigues sentimentales entrecroisées, drogues, désirs circulants et fête finale comme point de convergence — soit très précisément l'architecture du teen soap télévisuel qui règne alors sur les écrans américains mais habitée cette fois par tout ce que le format passe son temps à recouvrir ou à oublier.

Araki emprunte littéralement les cases du format du soap (le rendez-vous amoureux, la rivalité sentimentale, la fête qui rassemble tout le monde au dernier acte) pour injecter dans chacune son exact contraire : le rendez-vous devient overdose, l'idole des jeunes devient prédateur, la fête devient apocalypse. Mais là où la parodie se contenterait de rire du format, Araki le retourne pour exhiber ce que la télévision de son époque recouvrait : la détresse réelle, le sexe, la violence de l'adolescence américaine.

Cette logique d'inversion trouve son prolongement dans la direction artistique, poussée ici au paroxysme de l'auteur. Chambres peintes en damiers hallucinés, murs couverts de slogans, ciels irradiés : aucun espace de Nowhere ne ressemble à un lieu habitable réel. Le décor exprime ses personnages, débordement de la psyché sur les murs qui fait du film l'un des rares exemples aboutis d'un expressionnisme pop.

Au milieu de cette saturation, Dark fait figure d'anomalie, c'est le seul personnage doté d'une intériorité dans un monde peuplé de surfaces — son angoisse de fin du monde, ses monologues sur l'amour véritable sont filmés au premier degré, tandis que tout autour de lui ne répond que par le glib et la répartie. Cette dissymétrie reproduit exactement l'expérience adolescente de la détresse authentique noyée dans un environnement qui traite tout, y compris la souffrance, comme un contenu parmi d'autres. Quiconque a déjà tenté de dire quelque chose de grave dans une conversation qui n'attendait qu'une punchline reconnaîtra le dispositif.

Le film bascule cependant en son centre, selon la mécanique de rupture qu'Araki avait déjà éprouvée dans The Doom Generation : au milieu du cartoon, la violence frontale surgit sans prévenir. Ici, la star télévisuelle que toutes les adolescentes s'arrachent se révèle être un violeur, et sa victime, Egg, se suicide. La cible de la scène est limpide : l'industrie qui fabrique des objets de désir pour adolescentes est la même qui les consomme. Et l'ironie du casting achève la démonstration mieux que le film lui-même n'aurait pu le faire — Ryan Phillippe, Heather Graham, Denise Richards, Mena Suvari : le générique aligne une densité sidérante de visages sur le point de devenir exactement ce que le film dénonce. La machine hollywoodienne a absorbé sans le moindre effort les corps mêmes qui servaient à la critiquer.

Contrairement à The Doom Generation, qui organisait la lente sortie du régime hétérosexuel, Nowhere part d'un monde où la fluidité est déjà là — couples de toutes configurations, désirs circulants, aucune scène de coming out, aucune justification, juste une polysexualité d'ambiance. Ce déplacement de la conquête à l'évidence constitue peut-être l'apport le plus discrètement radical du film, anticipant de vingt-cinq ans des représentations que les séries adolescentes contemporaines présentent aujourd'hui comme des audaces neuves. Araki n'a pas milité pour cette évidence : il l'a simplement filmée comme acquise, ce qui reste la manière la plus efficace de rendre une norme obsolète.

Tout n'est pas tenu avec la même rigueur. La structure chorale, fidèle au format qu'elle parodie, produit une dispersion bien réelle : plusieurs fils secondaires fonctionnent comme des sketchs autonomes sans retour sur l'ensemble, et la répétition du principe — une vignette absurde, puis une vignette cruelle — finit par user son propre effet. Quant au lézard extraterrestre qui enlève des adolescents au fil du récit, il incarne le geste le plus clivant du film — l'aliénation figurée par un alien, métaphore si lisible qu'elle frôle le calembour visuel.

Reste la fin, qui continue de m'échapper aujourd'hui encore. Dark trouve enfin ce qu'il cherchait depuis le premier plan : Montgomery, revenu, blessé, couché dans son lit — l'amour ou l'amitié véritable, au premier matin du monde. Puis Montgomery tousse, convulse, et explose en cafard géant qui s'enfuit par la fenêtre. Une lecture possible : l'amour existe bel et bien, il était là, dans ce lit, sincère et partagé — et c'est précisément pour cela que sa destruction immédiate est insoutenable. Le film ne dirait alors pas que le bonheur est un mensonge, mais quelque chose de plus cruel encore : que pour cette génération filmée en 1997, il était réel, accessible, et structurellement impossible à conserver plus d'un plan.
24ImagesSeconde
24ImagesSeconde

8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2026
Nowhere est un film culte qui capte avec énergie le chaos et l’angoisse de la jeunesse des années 90. Son esthétique saturée et son montage nerveux créent une expérience sensorielle unique. La galerie de personnages marginaux apporte une authenticité brute et fascinante. Le mélange des genres, entre comédie noire, drame et fantastique, surprend constamment. Enfin, son ton provocateur et sa liberté narrative en font une œuvre singulière et mémorable.
Clap
Clap

11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mars 2026
Nowhere est un tourbillon visuel et sonore, reflet éclaté de la jeunesse des années 90.
Gregg Araki y déploie son style audacieux, entre extravagance et mélancolie.
Les personnages excentriques captivent par leur énergie brute et leur fragilité.
La bande-son et l’esthétique pop-rock plongent le spectateur dans un univers unique.
Un film expérimental, délirant et inoubliable.
Simone Gentile
Simone Gentile

13 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 septembre 2025
Considéré comme l’apogée de sa « Trilogie de l’Apocalypse Adolescente », Nowhere frappe avant tout par son esthétique. Los Angeles devient ce “nulle part” où Gregg Araki pousse son style à son paroxysme, livrant une comédie noire hallucinée et délirante.
jean-marc AUBRY
jean-marc AUBRY

7 abonnés 81 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2025
Trash, bien chargé en hémoglobine, sexe et drogue… un film qui dépeint un monde post adolescent dépravé mais qui se laisse regarder ! C est une œuvre originale qui tient la route sans être exceptionnelle
Nicolas L.
Nicolas L.

121 abonnés 2 110 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 octobre 2023
Pas grand intérêt si ce n'est de faire branchouille avec du trash. Le film n'a strictement rien à raconter du coup l'ennui gagne et le DVD s'arrête avant la fin.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 910 abonnés 8 280 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 mars 2023
Une immersion dans la banale journée d’un ado de 18ans en quête de l’amour pur…

Dernier opus de la trilogie "Teenage Apocalypse", après le docu-fiction Totally F***ed Up (1994) et le teen movie cauchemardesque The Doom Generation (1995). Les films de Gregg Araki (Mysterious Skin - 2004) se suivent et… se ressemblent. Un univers propre à lui, où queers, homos & hétéros ne forment plus qu’un dans un univers régit par le sexe et la drogue. Comme à son habitude, le réalisateur nous renvoie dans un Los Angeles fantasmé, psychédélique et cauchemardesque.

Un troisième opus qui s’avère (à mes yeux) être le moins réussi, encore plus borderline que les précédents, avec une intrigue qui s’avère sans queue ni tête si ce n’est d’avoir un trop grand nombre de protagonistes au point de ne plus s’y retrouver. Une profusion d’acteurs (tant eu premier qu’au second plan) où l’on retrouve (entre autres) Chiara Mastroianni, Christina Applegate, Ryan Phillippe, Heather Graham, Scott Caan, Mena Suvari, ainsi que Shannen Doherty, Rose McGowan, Denise Richards ainsi que l'ex-pornstar Traci Lords.

Une intrigue toujours aussi déjantée et surréaliste (à l’image de la trilogie), où pêle-mêle, on y croise un prédicateur, un reptilien, des ados sous ecsta qui jouent à cache-cache, un acteur de Baywatch, des dragqueen, un gang féminin badass ou encore un enlèvement extraterrestre, tout ça, condensé en 80 minutes !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Gregg Araki ne laisse pas indifférent et vient tourner en dérision des représentations adolescentes typiquement américaines et dézingue par la même occasion des séries tv typiques des 90’s telles que Baywatch & Beverly Hills 90210. Psychédélique et nihiliste, le film traite aussi bien de viol que de suicide, Gregg Araki brasse trop d’idées à la fois, avec trop de personnages, pour au final, finir par nous perdre en cours de route, dommage.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Ykarpathakis157

6 233 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 février 2021
Nowhere était terrible mais d'une manière qui m'a permis de le regarder jusqu'au bout. C'était un film pour les yeux hors de contrôle avec peu ou pas de substance. Les personnages étaient dans un sale état et leur esprit était déjà détérioré. Quoi qu'il en soit il y a quelque chose d'hypnotique à regarder des gens superficiels, égocentriques condescendants avoir des relation sexuelles, prendre de la drogue et avoir des hallucinations mais ne vous attendez pas à une intrigue ou un complot. Sauf peut-être que le but est qu'il n'y a pas de but ce qui est ennuyeux parce que cela a été fait tant de fois. C'est une histoire pseudo-symbolique à son pire...
Silence ça tourne
Silence ça tourne

27 abonnés 188 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 avril 2020
Je ne sais pas trop quoi penser de Nowhere. C'est un film qu'il faut digérer . Il est malaisant et assez détestable au premier abord. Le réalisateur nous montre une jeunesse remplis de vice sans projet d'avenir qui tombe dans le sexe à outrance et dans la drogue. Nous délivrant une mise en scène clipesque, des personnages et des environnement anxiogènes qui nous mettent dans une situation inconfortable. Le personnage le plus mis en avant, est à la recherche de quelque choses de moins futiles que tout ce qui l'entoure. D'un sens, d'un vrai amour, de sortir de la solitude. Avec certains personnages, on ne comprend pas toujours ce que le réal à voulut nous raconter à travers eux. Une expérience.
Acidus

881 abonnés 3 976 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2020
A l'instar d'un Larry Clark dont il partage de nombreux points communs, Gregg Araki filme une jeunesse désabusée se réfugiant dans le sexe, la drogue et l'alcool. Il y ajoute une dimension fantastique qui donne un caractère complètement déjanté à "Nowhere". Pas sûr d'avoir tout pigé mais le résultat est plutôt jouissif malgré un début un peu long et laborieux.
Shawn777

831 abonnés 4 001 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 janvier 2020
Ce film, réalisé par Gregg Araki et sorti en 1997, n'est pas mal du tout ! Je tiens avant toutes choses à préciser que c'est ma première introduction dans la filmographie du réalisateur et donc, dans un même temps, je n'ai pas vu les deux précédents films qui constituent, avec celui-ci, la "trilogie de l'apocalypse adolescente". C'est donc ici l'histoire d'une bande de jeunes adolescents qui expérimentent la vie, entre sexe, drogue, amour et déception. Bon voilà, on peut se dire que l'on a affaire à un teen-movie classique mais le film va bien plus au-delà de ça. Effectivement, le film adopte les codes du teen-movie classique mais adopte en même temps un style très film d'auteur et surtout très réfléchis. Ainsi, le film ne fait pas partie des films du style "American Pie" mais va bien au delà de ça, à la fois dans l'intrigue et dans le traitement des personnages. Nous avons, de plus, une intrigue qui peut paraitre assez simple au premier abord mais qui regorge en réalité de nombreux détails, qui la rende compliqué. Ces détails sont notamment présents grâce aux personnages, qui sont nombreux et complexes et surtout dans leur relation. Au travers de toute cette sorte de décadence propre à la jeunesse (enfin un certain type de jeunesse présentée par le film), le film n'en est pas pour autant moralisateur, il nous montre juste la vie de ces jeunes gens sans pour autant essayer de faire passer un certain discours au spectateur. Nous avons également de nombreuses métaphores qui ne dépendent que de la propre interprétation du spectateur, notamment toute la fin du film. En ce qui concerne les acteurs, nous avons beaucoup d'acteurs de seconde zone, et de teen-movie d'ailleurs, qui jouent tous très bien ! "Nowhere" est donc un film particulier qui est à voir plusieurs fois et qui me donne en tout cas envie de poursuivre dans la filmographie de Araki !
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 19 août 2019
Un film sous très forte influence Bret Easton Ellis avec cette façon très datée d’associer la génération MTV à un nihilisme morbide. On y suit un héros désabusé, romantique et bisexuel évoluant dans un milieu adolescent californien surréaliste et apocalyptique, entre sado-masochisme, conversations superficielles et ultra-violence. Avec en plus un côté complètement barré propre à une partie du cinéma d’Araki qui n’est pas celle que je préfère. J’ai trouvé la réalisation très maladroite malgré le joli travail de stylisation des décors et de la lumière, et l’ensemble assez vain, . Côté casting, c’est un vrai fourre-tout 90’s et 00’s où l’on croise Ryan Philippe, Mena Suvari, Heather Graham, Christina Applegate, Shannen Doherty, Rose McGowan, Denise Richards, Kathleen Robertson et même Chiara Mastroianni. Une sorte de version très trash d’American Graffiti.
DarioFulci
DarioFulci

132 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2018
Le film adolescent par Gregg Araki. Des sentiments pop, sucrés et exacerbés dans un fouilli coloré où les genres, les bons, les méchants, et même les extra-terrestres se mélangent. Une version foutraque de toutes ces séries des années 90 où le teenage américain véhiculait sa morale et sa coolitude. Pour Araki tout est subversif, un peu déjanté, un romantique, filmé comme un clip et qui n'a pas peur du sexe.
Un film marqué par son époque (et alors ?), plein de candeur et de punk, à l'esprit complétement adolescent qu'on adore regarder sans se poser de questions. Superbe.
Christian M.
Christian M.

2 abonnés 154 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mai 2017
Seul l'esthétique et la musique sauvent ce film de l'insignifiance total.Beaucoup de clichés mais aucune structure narrative intéressante.La fin seul apporte un peu de surprise à un film qui en manque beaucoup.
zhurricane
zhurricane

100 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 mai 2017
Denier volet de sa trilogie "Teenage Apocalypse" Nowhere s’effondre dans la facilité. Ce film est juste un patchwork de scène à la violence gratuite. Alors j'entends ceux qui y verront le cas d'une critique de la jeunesse laissée à elle même, c'est en effet le cas, mais quand sa tombe dans une telle bassesse, je vois pas l’intérêt. En plus, on n'arrive pas à s'attacher aux personnages, forcément se sont des jeunes écervelés, et il y en a trop. Le pire c'est peut être que ce film est un vaste cliché sur l'adolescence sexe drogue et rock, je suis pas contre ce genre de film, au contraire, mais quand il y a du corps, des émotions, là c'est juste un empilement de clichés. Heureusement que la fin métaphorique spoiler: avec les extraterrestres
est réussie. Et bon comme toujours avec Araki il reste cette BO rock tendance shoegazing qui nous amène toujours dans une atmosphère magique, mais c'est bien maigre.
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