Ladybird ou le principe de la femme pondeuse. Non mais sérieusement l'histoire d'une femme qui tient absolument à avoir des enfants sans penser un instant qu'il va falloir subvenir à leurs besoins me sidère. PLV : Ken Loach dénonce une fois de plus mais quoi pour cette fois?
Le cinéma social de Loach, dénonçant l'injustice de la société envers le prolétariat souffrant, est un cinéma qui place sa caméra au plus près des sentiments des protagonistes, on sent la détresse de cette femme, qui m'a rappellé celle du film de lars Von Trier, Breaking the waves, le même genre de combat fou, le même hystérisme, la souffrance de la classe ouvrière est bel et bien présent et la société n'est pas juste envers eux, c'est là le propos du film.
Une excellente réalisation de Ken Loach pour ce drame social comme sait les faire le talentueux réalisateur britannique. Il réussi toujours à rendre ses personnages attachants et les sujets qu'il aborde passionnants. La mise en scène parfaite, efficace, sans fioritures est parfaitement réglée. Il nous délivre, une fois de plus, un drame de grande intensité avec des scènes très fortes. Ce film bénéficie en plus d'une bonne affiche avec la belle prestation de Vladimir Vega pour le rôle de Jorge. Quant à Crissy Rock, elle est juste et hyper crédible dans le rôle principal de Maggie. Elle se révèle volontaire et efficace dans son rôle de mère aimante, méritant amplement la récompense d'Ours d'Argent de la Meilleure actrice à Berlin. Le pitch : Maggie vit dans un foyer pour femme sans ses quatre enfants confiés aux services sociaux. Elle rencontre Jorge, un émigré paraguayen bon et sensible, qui contraste beaucoup avec ses ex violents et abusifs.
Un film coup de poing sur le système des services sociaux anglais à travers l’expérience véridique d’une mère. Ken Loach aborde ici les problèmes des services sociaux et leur relative inhumanité face à la misère sociale de ceux dont ils s’occupent. On voici Maggie fille abusée, femme battue qui du fait de ce passé chargé n’arrive pas à avoir une relation autre qu’avec des hommes qui la maltraitent, de ce fait les services sociaux inquiets pour ces enfants lui en retire la garde. Emotionnellement instable, ne sachant absolument pas gérer sa colère et sa frustration autrement que par les cris et les injures, elle échoue dans ces tentatives pour les récupérer. La prestation de Crissy Rock (d’ailleurs récompensée au festival de Berlin en 1994) est absolument époustouflante de conviction et nous fait voir une femme ayant désespérément besoin d’amour qui investit tous dans ces enfants et qui, incapable de prendre les bonnes décisions, se retrouve systématiquement en affrontement avec les institutions. Un film qui porte la marque de la critique sociale que Ken Loach revendique dans son cinéma.
Quoi qu'on en pense, Ladybird crève le cœur. Ken Loach embrasse sans détours la colère, la désolation, contemple au plus près la souffrance de cette Femme, d'une mère aux abois, sans soutien ou presque ...
Tout le discours partisan de son réalisateur prend fait et cause pour cette dernière, il adopte son regard, fonce dessus sans rien prendre de coté. Justice ou Injustice ? Je laisse libre à chacun d'y voir ce qu'il semble être juste ou non. Pour ce qui est de mon cas, j'en reviens à ce déchirement, Maggie et Jorge porte sur leurs épaules tout un chagrin, ce dernier étant quasi insubmersible, et pourtant ...
Ken Loach s'insère dans le quotidien de cette famille et utilise sa caméra avec égard de celle-ci, le découpage entre les Flashbacks et la rencontre du départ stimule d'emblée son rythme, trouve une cadence et boost son intrigue. La direction de ses acteurs est aussi extrême, le calvaire est difficile à supporter.
Ladybird est un immense coup de poing, la blessure n'a rien de superficiel, elle reste là, en surface. Un film d'une très grande violence.
On voudrait éprouver de la compassion pour l'héroïne, mais on a beau s'y efforcer, nada. Outre que l'actrice surjoue et en devient prodigieusement agaçante, vient un moment où le principe de responsabilité doit être posé pour tout le monde. L'acharnement de Ladybird à mettre au monde enfant sur enfant alors qu'elle est en situation dramatique révèle plus une compulsion qu'autre chose. On a compris : les enfants, pour elle, sont des béquilles mentales, ce qui lui permet de vivre et de se sentir exister. Mais la planète croule sous plus 7 milliards d'humains, alors, non, définitivement non : si vraiment vous aimez les enfants, alors ne les faites pas pour vous, et ne les faites pas tout court.
Un sentiment contesté après ce film pourtant d'une immense sensibilité, et ou Ken Loach déploie des torrents d'intelligence pour pouvoir rendre ce portrait de femme fort. Mission réussie dans la mesure ou ce dernier arrive à nous arracher des larmes durant certaines scènes particulièrement cruels, et quand il s'agit de décrire la relation entre les deux héros. On ne comprend pas alors pourquoi Ken Loach a rendu son héroine parfois aussi insupportable, ne s'arrêtant jamais de hurler à la mort, si bien que (et c'est la qu'est tout le drame) l'on ne sait plus si l'on doit vraiment faire confiance à ce genre de personnes. L'actrice est par ailleurs extraordinaire, et c'est donc à mon grand regret que je ne mets que trois étoiles à ce film auquel j'aurai vraiment aimé en donner quatre.
Un Ken Loach tout à fait intéressant. Une belle mise en scène, avec un bon scénario. Inspiré d'une histoire vraie, ce drame gagne en émotion, et bouleverse le spectateur. Petit bémol à l'actrice principale Crissy Rock parfois agaçante et surjouant et à quelque facilité dans l'émotion.
Cruel, touchant, marquant, il n'y a pas besoin d'en écrire des tonnes pour qualifier ce film de Ken Loach! A travers l'histoire réelle d'une femme qui a vu sa vie lui retirer ses enfants du fait de sa misère, le film dénonce les services sociaux britanniques qui ne font pas le bien qu'ils devraient faire! Grand film!
Cette œuvre dure, forte, réaliste, réalisée d’après une histoire vraie, est un coup de poing, filmé au plus près de la misère affective et de la détresse d’une mère à qui les services sociaux arrachent les enfants. Ken Loach, filme la dure complexité de la situation de cette femme : est-elle une mauvaise mère ? Est-elle responsable de rester auprès d’hommes qui la battent ? Ou est-elle enfermée dans un système qui mène de son enfance abusée à la confrontation aux services sociaux implacablement administratifs qui l’accusent à priori. Remarquables réalisation de Ken Loach et interprétation de l'actrice bouleversante.
Les règles? Les lois? Sont-elles au service des plus démunis ? Assurent-elles leur protection? La justice doit-elle pénétrer la sphère privée? Et la société a-t’elle charge de gérer celle-ci? La société doit-elle presser l’individu pour le modeler selon ses normes? « Ladybird » titre énigmatique du film magistral de Ken Loach fait référence à une terrible comptine anglaise :"Coccinelle, Coccinelle ! Vas-t’en vite de chez toi. Ta maison est en feu et tes enfants s'en sont allés ! Tous sauf une. C'est la petite Ann. Et elle s'est cachée sous la poêle !". Maggie a été battue, humiliée par des hommes violents qui l’ont abandonnée après l’avoir mise enceinte. Magie n’a pas connue un jour heureux si ce n’est auprès de, et par, ses enfants. Maggie est-elle une mauvaise mère ? Sans doute au regard de la norme bien lisse ! Est-elle « socialement » « récupérable » ? Les services « sociaux » qui œuvrent honnêtement (dans une société libérale avancée thatchérienne – on pourrait dire aussi sarkozienne-) pensent que non ! Loach montre dans toute sa complexité cette femme perdue qui se bat pour récupérer sa seule raison de vivre : ses enfants arrachés par la DASS locale (on pense à Chaplin –the kid-) Elle rencontre une autre souffrance, un réfugié politique vénézuélien (il a dû quitter son pays pour avoir justement pris la défense d’enfants). Ils s’aiment. Une éclaircie pour Maggie? Un enfant nait. Il est arraché au couple douloureux. Déchaînement viscéral de Maggie. Jorge tente de garder son calme, envisage une stratégie de récupération des gosses fondée sur la négociation, le dialogue. Rien, socialement la parole n'est rien! Un deuxième enfant pourrait consolider le couple. On leur arrache! Désespoir, désespoir ! Loach montre ici que la société hait l’individu ! Et cela prend aux trippes ! Se révolter, même maladroitement, même mal? Au risque de perdre le peu qui nous est chèrement alloué par la « pieuvre »: l’état!!! Battons-nous ! Histoire basée sur des faits réels.
Voila, c'est le premier Ken Loach que je vois, et je n'ai pas du tout était deçu (on m'en avit dit le plus grand bien de ce film!)! Déjà, l'intro du film superbe, dans ce karaoké, où Maggie chante à pleine voix (ce qui charmera son futur mari), annonce la suite, où Maggie aura beau crier que cela ne servira à rien! Ce film est très poignant, et malgré le comportement impulsif et parfois violent de Maggie, on ne peut s'empêcher d'éprouver de la compassion pour elle (d'autant que ce film est tiré d'une histoire vraie), et une certaine haine envers les services sociaux qui ne veulent pas écouter Maggie! Je remarque que dans ce film, les acteurs ne jouent pas leurs rôles, on a vraiment l'impression que ce sont des vraies personnes ( coomme un docu), où la caméra sait se faire oublier au profit des personnages! C'est saissisant et de plus en plus rare de nos jours (peut-être avec Volver aussi...)!! Bien que je n'ai vu qu'un Ken Loach, je pense que ce film reflète bien ses "obsessions" pour les cités en difficultés anglaises, les familles déchirées...!! Et dire qu'il m'en reste encore 3 à voir :-D ! Vivement et Bravo pour Ken Loach de fournir au cinéma des films uniques, indépendants et criant de vérité, ce qui montre aussi que parfois que le cinéma n'est pas que illusion ;-) !
S'inspirant d'une histoire vraie ahurissante, Ken Loach met en scène un drame intimiste poignant et révoltant sur le destin d'une femme brisée (interprétée par la bouleversante et bouillonnant Crissy Rock), séparée de ses enfants par des services sociaux britanniques sans âme. 3,75
Il y a deux ans, nous découvrions Efira dans Rien à perdre, un film bouleversant, une bataille pour ne pas se voir retirer son enfant suite à un accident domestique pendant qu'elle travaillait le soir. Oui mais l'inoxydable Loach avait déjà pratiquement tout dit sur le même thème il y a trente ans, avec ce rôle de mère tenue par Crissy Rock. Pas une ride, le film est un véritable coup de poing. La satire des services sociaux anglais est violente, et radicale, l'exécution des sentences de retirer les enfants à la mère défaillante ne se fait pas dans la dentelle, spoiler: y compris au sein de la clinique où la mère vient d'accoucher pour la nième fois.
Oui Maggie est un cœur d'artichaut et tombe régulièrement sous la coupe d'hommes peu scrupuleux. Oui il existe des Maggie, incapable de mener leur vie sans tomber, et d'éduquer des enfants. Oui Maggie peut être violente et agressive envers tous ceux qui se mettent sur son chemin, et du coup aggrave son cas, lors de chaque confrontation avec la justice et l'administration. spoiler: Oui Maggie a été violentée dans sa jeunesse, et qui s'en préoccupe?
En cela, le scénario n'est pas manichéen, car Loach ne cache le désastre ambulant que cette mère dépassée impose à sa progéniture. Seul le générique de fin, qui rappelle qu'il s'agit d'une histoire réelle, laisse filtrer un rayon de soleil, quelle chance d'avoir eu un dernier mari, étranger certes mais persévérant autant qu'amoureux. Avant ce générique, ce film en couleurs, est d'une noirceur pire que le charbon des mines anglaises! Et la performance de Crissy Rock époustouflante. streaming - avril 2025
Prix de la critique et prix d'interprétation féminine ( Berlin 1994 ), " Ladybird " réalisé par Kenneth Loach ( un des metteurs en scène les plus primés de l'histoire du cinéma ) est un regard sans concession sur les services sociaux en Grande-Bretagne.
Le scénario repose sur un cas réel , vécu par une femme en difficulté sociale à qui on retire peu à peu tous ses enfants, même une fois qu'elle semble stabilisée avec un conjoint aimant.
Exemple de compulsion de répétition ( enfant maltraitée, le personnage principal s'unit avec des partenaires maltraitants ).
La protection indispensable de l'enfant lorsqu'il est issu d'une famille gravement dysfonctionnelle est une nécessité ( cet aspect me semble tout de même un peu effacé par le scénario ), mais ses développements montrent que cette protection administrative peut se transformer en abus.
Le ton adopté par Loach est criant de vérité. C'est la force de ce film mais aussi la douleur qu'il provoque en le visionnant !