https://leschroniquesdecliffhanger.com/2023/07/07/casque-dor-critique/
Casque d’or porte déjà une audace, une tonalité sur un mode précurseur dans la façon aussi bien de raconter une histoire que de la filmer. A noter que Casque d’or s’inspire en partie d’une histoire vraie avec deux hommes qui se sont battus pour les beaux yeux d’une prostituée nommée Amélie Elie. On est au cœur ici précisément d’une folle histoire d’amour, d’une tragique histoire d’honneur et d’un sens chevillé au corps du devoir. La mélodie lancinante et dramatique du Temps des cerises (1868) vient donner comme une note finale à la tragédie d’une histoire déjà bouleversante en soi. Les plans notamment sur Simone Signoret sont absolument mythiques. Elle paraît comme accompagnée d’une forme de lumière divine, magnifiant d’autant plus ses iconiques apparitions. La restauration de l’œuvre vient l’amplifier et l’anoblir.
Casque d’or, c’est aussi l’ambitieux croisement entre une histoire d’amour prenante et pour laquelle le spectateur est tout de suite en empathie, et un véritable polar, où la aussi l’ensemble est haletant dans un Paris de la belle époque, où il ne fait pour autant pas bon de fricoter avec Leca et la bande des apaches. L’esthétisme est partout également sur la forme, mais surtout sur certains moments, tels des tableaux, parfaitement soignés. On est grisés avec le couple Signoret / Reggiani, comme des amoureux encore tout étourdis, le matin, réfugiés à la campagne, avec l’odeur du café. Si l’on pressent le drame, la chaleur charnelle, la puissance de leur sentiment amoureux écrasent tout. Ils sont heureux et cachés, c’est le premier matin du monde.
Casque d’or se regarde aujourd’hui avec le même plaisir car il nous replonge dans cette belle époque, mais au-delà, son message est universel, c’est un bout de notre histoire, mais c’est aussi une variation éternelle, intemporelle sur ce qui nous guide et nous lie, l’amour.