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MaxPierrette
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4,0
Publiée le 21 mars 2007
Lattente, la solitude et la quête de soi sont au cur du troisième long métrage de Jérôme Bonnell (après Le Chignon dOlga et Les Yeux clairs), qui entrecroise le quotidien de trois personnages solitaires. Refusant les artifices, et minimaliste dans sa mise en scène (très peu de contrechamps et beaucoup de silences dans les dialogues), Bonnell oscille entre légèreté et gravité, et trouve toujours le ton juste pour parler des félures de ses protagonistes. Il est soutenu en celà par les acteurs, dont Jean-Pierre Darroussin, une fois encore excellent, et, surtout, le nouveau venu Sylvain Dieuaide, intense. Nattendez donc pas plus longtemps.
Avec la comédie, le film mosaïque est à la mode dans le cinéma français. Sur les traces de Pascal Thomas ou de Nicole Garcia, de nombreux réalisateurs pensent qu'il suffit de choisir quelques personnages atypiques, de les placer dans un lieu bien défini (une station balnéaire en hiver, un appartement), de déterminer la règle qui préside à leurs rencontres et hop, ça fait un film.
Malheureusement, n'est pas Robert Altman qui veut. "J'attends quelqu'un" est l'exemple même du fait que l'addition de situations semi-loufoques et de personnages inclassables ne suffit pas à composer un récit cohérent. Cette impression d'une suite de sketches est renforcée par le ait que certaines de ces scènes peuvent toucher, ou amuser, mais juste sur une réplique ou une situation, comme cet étonnement de tous en découvrant que Louis lit du Flaubert, ou la plaisanterie cruelle d'Agnès qui fait semblant de ne pas connaître Louis, comme si la maladie de leur mère était une bonne plaisanterie.
Malgré la forme moderne, les fils narratifs sont bien classiques, pour ne pas dire clichés : le client de la prostituée qui en tombe amoureux, le garçon prodige de retour au pays qui essaie de voir la femme qu'il a abandonnée avec un enfant, la femme en couple depuis des années qui se laisse tenter ailleurs. Jérôme Bonnell hésite en plus dans le traitement de toutes ces histoires ; plutôt convaincant quand il choisit un ton enlevé, comme pour l'adoption forcée du chien, il sombre corps et biens dans la mièvrerie quand il prétend la jouer dramatique.
Ce genre de film repose en général sur la distribution, permettant une revue d'effectif des acteurs français. Donc, Daroussin fait du Daroussin, et c'est plutôt bien, notamment quand il imite Steevie Wonder, chant et scénographie. Emmanuel Devos m'horripile encore plus que d'habitude avec son faux naturel, et c'est peu dire. Quant à Eric Caravaca, il incarne avec justesse et fragilité son personnage d'éternel inquiet prêt à se noyer dans un verre d'eau. Très bien accueilli par la critique - mais apparemment pas aussi bien par le public, "J'attends quelqu'un", outre son titre passe-partout lui aussi à la mode ("Je crois que je l'aime", "Je pense à vous", "Je vais bien, ne t'en fais pas"...) se regarde avec un certain ennui, et s'oublie aussi vite qu'une bonne partie de la production française du moment qui ne brille pas par l'originalité et l'audace.
Dans une banlieue résidentielle, une poignée de personnages retient l'attention de Jérôme Bonnell. Ils ont en commun une certaine lassitude ou solitude et , sans en avoir forcément conscience, d' "attendre quelqu'un" ou quelque chose. Le patron d'un bistrot, jovial et lubrique, et sa prostituée d'élection (Florence Loiret-Caille, une sacrée présence), un couple dont la femme s'ennuie, un jeune homme tourmenté de retour en ville sont les personages centraux d'une chronique de la vie ordinaire dont le café de Louis est le décor récurrent, sinon prépondérant. Le film est symptômatique d'un certain cinéma français aux sujets malingres et figés, dédaignant de raconter une histoire au motif qu'il porte un intérêt exclusif à des personnages dont le profil socio-psychologique est la seule raison d'être mais ne se suffit pas constamment à lui-même. C'est pourquoi ça sonne parfois creux en dépit que le film réserve à la fin des séquences émouvantes. Cette relative vacuité s'explique aussi par l'absence de style et de perspectives. Les protagonistes semblent manquer de matière et de singularité, notamment dans des scènes, des plans et gros plans un peu emphatiques, qui n'ont pas la profondeur ou la sincérité que le réalisateur leur suppose.
Je me suis ennuyée, il y a des sentiments sincères, de bons acteurs acteurs mais l'histoire ne suit pas et on s'en fout royal de ce qui^peut arriver aux personnages. 1 étoile car il y a quand même des films pires.
Le film de Jérôme Bonnell est une réussite de sensibilté, de subtilité à travers une narration de style chorale. Les personnages existent vraiment et ont en chacun d'eux des félures d'autant plus réalistes que les acteurs qui les composent font partie des meilleurs de leur génération. Le plus jeune d'entre eux, à la face et au jeu livide tiraillé par un passé qui l'obsède est génial. Darroussin s'impose de plus en plus dans le type de rôle de solitaire mais touchant et Emmanuelle Devos garde tous ses mystères. Eric Caravaca a jeu tout en fébrilité et subtilité. Le film ne montre pas avec exacerbation sa mise en scène mais elle existe vraiement (les scènes en forêt et dans la ville au crépuscule sont belles). Le chien est très bien. Nous sommes parfois pas très éloigné du fantastique. Un film "modeste" mais réussi, en tout cas dans un premier trimestre un peu faiblard pour le cinéma français, le meilleur avec Les témoins de Téchiné.
« J'attends quelqu'un » est le type même du film français banal , dont on ne peut tirer aucun enseignement , aucun avis , aucune émotion. Pourtant si l'on en croit les critiques , le réalisateur Jérôme Bonnell serait l'un des dignes héritiers de Maurice Pialat. Peu connaisseur de ses films , je ne pense pas que ces films brassaient dans le vide pendant 1 heure et demi et se clôturer par un événement « tragique » qui tiendrait deux lignes dans la rubrique « faits divers ». L'histoire prêtait pourtant à sourire , un homme un peu beauf sur les bords (Jean-Pierre Darroussin) , tombe amoureux de la prostituée (Florence Loiret) qui éclaire ses jours routiniers de tenancier de bar. Leur relation est montré comme incongrue plutôt que honteuse dés le départ et donne lieu à un comique de situation légèrement décalé qui laisse augurer des scènes truculentes , puis elle devient vite répétitive , sans aucune évolution , et les bâillements du spectateur arrivent. A ce couple mal assorti, vient se greffer des personnages tous plus mélancoliques les uns que les autres , mais qui n'apporte rien de neuf au récit et du coup le spectateur décroche et n'est captivé que par les scènes entre Darroussin et Devos (frère et soeur à l'écran) , qui sont d'un naturel assez attendrissant. Pour le reste , « J'attends quelqu'un » est une déception , un film qui semblait au départ décalé et original , mais qui s'enfonce au fur et à mesure dans de la banalité ennuyeuse et dont on ressort ni chaud ni froid. Drôle d'OVNI !
de la poésie, de la tendresse, de l'humour, de l'émotion et des acteurs magnifiques sont au programme de ce très beau film de Jérôme Bonnell. Un des grand films de 2007 !
Ni drame, ni comédie, c'est un film sur la vie et l'attente. Car on attend tous quelque chose à un moment donné. Filmé avec simplicité, les acteurs jouent justes. Mais ça aurait mérité d'être un peu plus énergique.
L'air de rien, Jérome Bonnel trace son chemin juste après son surprenant "chignon d'Olga". Toujours très proche de ses personnages et surtout de leur banal quotidien, le cinéaste tarde ici à nous toucher. Effectivement, on met du temps à saisir l'intérêt de ces nombreuses saynètes vides de sens qu'il nous impose pendant une bonne heure. Agréable à suivre, on se demande sérieusement l'intérêt d'un tel film au cinéma...et puis la dernière partie emporte le morceau grâce à d'excellents acteurs dont un J.P. Darroussin magnifique en homme solitaire et secrètement amoureux de la prostituée qu'il fréquente souvent. Sa dernière scène se révèle être bouleversante et laisse augurer ce qu'aurait pu être le film sans la première longue heure.
Un joli film, sensible et sobre sur les désillusions de la vie et ses espoirs. La mise en scène subtile sert admirablement le portrait de ces provinciaux interprétés avec talent par Darroussin, Devos et le jeune Sylvain Dieuaide, révélation.
C'est le film français chiant et barbant par excellence. Devos, toujours égale à elle-même avec son attitude nunuche, et Daroussin, toujours aussi paumé et socialiste. On cherche inlassablement une histoire, une issue, mais on n'en trouve pas. Le film est soit prétentieux soit mauvais!
Un film francais comme on les aime. Plein d'humanité, mais aussi d'intelligence et qui sait aussi se faire émouvant. Grace à des acteurs au sommet (notamment Jean-Pierre Darroussin et Emmanuelle Devos, époustouflants), ce film arrive à bien conjuguer certains jolis moments, de coémdie, et d'autres, plus graves. Les relations entre les personnages sont bien tissées, avec subtilité et élgance, mais aussi pudeur et sobriété. Le film fait penser à une ronde, ou les gens s'enlassent et se défont, avantde se retrouver et de se requitter. Et cela sans fin... On peut seulement regretter que le personnage de Sylvain Dieuaide n'est pas un grand intérêt. Sinon, J'attends quelqu'un est une très belle réussite.
Au départ on se laisse porter par la réalisation assez naturelle et la bonne mise en place des personnages. Jusque là pas de fausse note mis à part le personnage et le jeu de Sylvain Dieuaide qui agace un peu mais on est impatient de voir la suite. Malheureusement comme trop souvent le scénario se montre minimaliste, la suite du film n'apporte rien.
Contrairement à ce que laissent penser certaines critiques spectateurs, le film n'est jamais ennuyeux. Il se passe sans arrêt quelque chose, et le fim réussit à donner aux 5 ou 6 "héros" de cette chronique une épaisseur suffisante, aidé en cela par le jeu de très bons comédiens. Ce n'est pas le type de film où il faut s'attendre à je ne sais quel suspens un peu artificiel, comme l'affectionne en particulier le cinéma américain, et dont "Ne le dis à personne", avatar français, constituerait un archétype peu engageant, au succés bien surestimé. Non, c'est juste le destin de quelques personnes qui ont toutes un peu mal à l'âme, qui pour des raisons sentimentales, qui parce qu'il est au chômage, qui parceq'elle n'a pas d'enfant. Bien sûr, pour construire un film à partir d'une idée, il faut savoir agrémenter la vie des protagonistes de quelques artifices, ici légèrement trop sensibles. Un tel mange 10 bananes par jour, un autre trouve un très gros chien auquel il s'attache, avant de le perdre, un troisième se vante de ne jamais pleurer, avant de fondre en larme face à ce qu'il vit comme une séparation. Mais le message du titre est, quant à lui, assez subtilement transmis au spectateur : il ne faut pas attendre que les choses se passent comme on l'a planifié, sous peine de dépendance affective et de mélancolie.