Dixième opus de la saga James Bond, réalisé par Lewis Gilbert qui avait déjà officié derrière la caméra sur le cinquième épisode, L'Espion Qui M'Aimait est un bon cru. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui se lance dans une mission suite à la disparition de deux sous-marin nucléaire, l'un britannique et l'autre soviétique, et après que les deux pays ennemis aient décidés de collaborer afin de découvrir qui est derrière tout ça. C'est ainsi que Bond part enquêter avec son homologue soviétique Anya Amassova. Ce scénario, adapté librement en reprenant très peu d'éléments du roman de Ian Fleming paru quinze années plus tôt, s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée de deux heures et cinq minutes. L'introduction se veut prometteuse en nous faisant sauter vers un générique d'ouverture à l'esthétique charmante. S'ensuit une intrigue riche en péripéties ne renouvelant aucunement la formule mais fonctionnement très bien à la faveur de ses scènes d'action spectaculaires, originales et sacrément ambitieuses. En effet, cet opus se montre généreux en courses poursuites en tout genre, en fusillades et en explosions, notamment dans sa dernière partie. Le tout se déroulant aussi bien dans les airs, sur terre ou en mer. La dimension aquatique étant ici l'élément central. Autre apport, le binôme formé par Bond et son pendant soviétique féminin. Le fait que l'espion soit accompagné dans cette aventure est un vrai plus appréciable. Le ton se veut lui toujours aussi sérieux tout en distillant de nombreux moments plus légers à la faveur de son humour empli de flegme. L'ensemble est porté par un James Bond très bien interprété par Roger Moore pour la troisième fois. On sent l'homme de plus en plus à l'aise dans le rôle qu'il incarne désormais pleinement. Barbara Bach fait équipe avec lui alors que Curd Jürgens campe lui le grand méchant secondé par son homme de main joué par Richard Kiel qui est juste mémorable de part son charisme et sa particularité physique. Le reste de la distribution comporte entre autre Caroline Munro, Geoffrey Keen, Walter Gotell, Edward de Souza et bien entendu le fidèle trio comprenant Bernard Lee, Lois Maxwell et Desmond Llewelyn. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la confiance ou la trahison selon les motivations de chacun. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture comportant des répliques amusantes sortant de la bouche de l'agent secret. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique s'avère qualitative. Sa mise en scène atteint une sacrée ampleur et nous gratifie de séquences impressionnantes se déroulant dans de superbes lieux entre l'Écosse, l'Égypte, l'Italie et la base se situant en Mer Méditerranée. Les environnements sont aussi beaux que variés. Ce visuel dépaysant est accompagné par une b.o. signée par Marvin Hamlisch qui remplace John Barry. Et le nouvel arrivant s'en sort bien avec des compositions appréciables se mariant à merveille aux différentes situations. La chanson du générique d'ouverture interprétée par Carly Simon est parfaitement dans l'esprit de l'univers de la licence, mais est pourtant loin d'être mémorable malgré le fait qu'elle soit convaincante. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à L'Espion Qui M'Aimait, qui, en conclusion, est un épisode méritant le coup d'œil tant il fait passer un moment divertissant offrant du grand spectacle.