Une comédie drôle et cynique qui épingle l'univers du show-biz, porté par des dialogues corrosifs et un duo d'interprète génial, même si la dernière partie se transforme en bluette évitable.
Une sympathique comédie sur les affres de la célébrité et l'envers du décor, dénonçant avec style la sur-importance de l'image, de la "vitrine", au détriment de la personnalité des gens. Entre un Michael Pitt tout en candeur et un Steve Buscemi au cynisme bourré de désillusions, le film fait tourner sa petite musique avec doigté, même si DiCillo lâche parfois un peu vite le côté subversif de son sujet pour regagner le sens commun et boucler dans un happy end ficelé à la va-vite et qui force la note. Plaisant à suivre toutefois.
Drôle, corrosive et touchante : voila comment l'on pourrait qualifier cette comédie avec un duo d'acteurs attachant, Steve Buscemi et Michael Pitt. Le premier, paparazzi de profession mais se définissant comme artiste photographe, va prendre sous son aile le deuxième. Buscemi est un régal à voir jouer, incarnant avec brio les dérives de cette profession. Il y a de la tendresse dans ce duo et malgré une deuxième partie un ton en dessous, le film est un régal, surtout au niveau des dialogues et de la description de la vie hollywoodienne très juste.
Delirious nous propose une vision intéressante du journalisme, notamment l’acharnement qu’ont les paparazzis à s’octroyer le meilleur cliché d’une star en vogue, quitte à outrepasser les limites de la vie privée. C’est un fait, les situations embarrassantes ou compromettantes sont leur gagne-pain. Une réputation salie par un simple click. « Souriez, vous êtes filmés ! » Tom DiCillo nous fait part d’une relation insolite entre un photographe de seconde zone et un jeune SDF qu’il recueil sous son toit. L’un, frustré, égoïste et sanguin, l’autre, replié sur lui-même, compréhensif et modeste. On constate rapidement que la popularité naissante, et pour tout dire, insoupçonnable du jeune homme, ne peut que faire envier un vieux garçon qui n’a rien réussi d’autre dans sa vie que quelques malheureux clichés de peoples. Un film contrasté de part sa tournure, l’orientation que prennent les évènements. Lorsque les rôles s’inversent, on comprend que rien n’est impossible. Steve Buscemi et Michael Pitt forment un étonnant duo, dérangeant parfois, sympathique malgré tout. Après une première demi-heure peu convaincante, cette comédie imagée sur fond de reality show fini par mettre le grappin sur notre attention, et nous révèle les dessous d’un business peu glorieux. Lorsque du plus bas étage on finit par atteindre les sommets, le regard porté sur le monde n’est plus le même. Il faut savoir garder les pieds sur terre et conserver un semblant d’intégrité et de dignité. La preuve en image. Un divertissement intelligent, pour ne pas dire peu conventionnel, tourné de manière satirique, qui écorche gentiment la vie des stars et leur entourage. Original en son genre. 3,5/5
DiCillo de retour...il nous a presque manqué. Cinéaste indépendant au service d'un synopsis (bande annonce selon d'autres) un peu bleuette...Il en ressort un film plutôt jouissif porté surtout par un casting et une direction d'acteurs impeccable (merci Buscemi et Pitt)...histoire qui tient très bien la route sans pour autant être originale. DiCillo sait tenir le rythme de son film avec rien d'inutile comme checkpoint pour allez de A à Y (Z est en fin de générique et qq part permet un regard avec une oblique différente sur le film). Les répliques font mouche, les acteurs sont très à l'aise dans leur rôle. On finit par avoir de l'attachement et presque une petite émotion naissante sur le personnage de Buscemi et de la séquence de fin. La forme reste sobre mais le rythme toujours là...En plus d'un récit construit on peut en 2ème lecture lire une critique subtile du cinéma paillette (celui devant la caméra, on attend le mm traitement sur le buisiness Hollywood, et pourquoi pas par le mm metteur en scène)...Les acteurs et le star system sont déshabillés de façon intelligente légère mais en outre jamais clichée...Quand on repense à Living in oblivion on se surprend à se dire que ce cinéaste ne devrait sans doute que faire du cinéma auto critique détourant et détouré de ses aspects les plus vils...un moment frais, presque rassurant de ce qu'on peut nous proposer ces derniers temps...pas transcendant juste efficace et léger...
“Ça tourne à Manhattan” l’avait déjà montré : Tom DiCillo aime taper sur le monde du spectacle. Absent des plateaux pendant près de 6 ans (son dernier film, “Bad Luck !”, avait été un échec, autant public que critique), il revient donc donner quelques coups de griffes au showbiz, en visant notamment les célébrités. Mais sans se contenter de simplement égratigner les stars, il élargit son champ d’action, et tout le monde en prend pour son grade : stars, fans, presse, attachés de presse, sans oublier les papparazzi. C’en est d’ailleurs un qui est au cœur de “Delirious” : Les Galantine (Steve Buscemi, une fois encore excellent), photographe professionnel (et pas “papparazzi”, il insiste) devant sa renommée à son cliché de Goldie Hawn en train de déjeuner. Le jour où il fait de Toby (Michael Pitt), jeune SDF un peu paumé, son assistant bénévole, il offre au jeune homme l’occasion unique de pénétrer, par le bas, dans ce monde de paillettes qu’est celui des stars, avec tout ce que cela inclut de séances de guet, de sac-cadeaux récupérés aux fêtes où ils s’arrangent pour se faire inviter, et de recherche de LA photo qui leur vaudra le respect de leurs confrères pendant quelques temps. Mais quand Toby, par un concours de circonstances, tombe dans les bras de K’harma Leeds, la star de ses rêves, c’est son amitié avec Les qui en prend un coup, tandis qu’une potentielle nouvelle vie s’offre à lui. Voilà qui permet à DiCillo d’aller et venir entre le sommet et le pied de l’échelle du monde des célébrités, passant, d’une scène à l’autre, de la fête d’anniversaire hyper select de K’harma, à l’appartement miteux de Les, sans oublier d’égratigner un peu tout le monde au passage, à coups de piques souvent très drôles. Mais, construisant son récit sur le modèle du conte (ici, Toby entre dans un monde mystérieux, guidé par le grand méchant loup qu’est Les), le réalisateur se lime hélas les crocs, et cède au happy end qui casse un peu l’aspect satirique et délirant de l’ensemble.
Tom DiCillo a déclaré : « Notre monde est de plus en plus fasciné par la célébrité et le show business, et je suis moi-même de plus en plus fasciné par cette fascination. » Soit. On comprend donc le choix de ce sujet, et la volonté satyrique du réalisateur. Certains passages confirment ce propos, comme celui où les assistants de K’Harma lui lisent la lettre de ses parents qui annoncent leur intention de réclamer 7 millions de $ pour ses frais d’éducation, ou le clip de la même K’Harma, où elle débite ses paroles sirupeuses en sous-vêtements de cuir sur un ring de boxe en dansant une choré digne de Kamel.
Mais à vouloir parodier les contes de fées des tabloïds, DiCillo finit par tomber dans le travers qu’il entend stigmatiser, et la dénonciation se limite trop souvent à un humour pesant, style Elvis Costello himself annonçant qu’il prépare une comédie musicale sur la vie de Britney Spears, ou les parents de Les se scandalisant que leur fils ait osé photographier une vedette de série télé en pleine érection.
DiCillo aligne consciencieusement tous les poncifs du genre La princesse et le Ramoneur, et on attend sagement le grain de sable qui dynamitera le gâteau rose bonbon. Quand Les se sent trahi par Toby devenu star d’une série pour ados, et qu’il bricole un vieux Leica en flingue d’agent secret bulgare, on espère que Tom DiCillo et lui iront jusqu’au bout et que le récit se rapprochera enfin d’une version Fan de de "La Valse des Pantins". Las, tout rentre dans l’ordre, et on se retrouve avec une morale diablement ambiguë, où une nouvelle fois le rêve américain a fonctionné, et où Les semble finalement se contenter de l’aumône d’un salut de sa nouvelle star d’ex-pote.
Certes, on retrouve par moment ce qui faisait le charme de "Ça tourne à Manhattan" : la tendresse pour la mauvaise foi des mégalomanes, la fascination pour le système D et la carabistouille élevés au rang de stratégie, l’insertion du récit dans la vie new-yorkaise. La manière de filmer est la même, avec la caméra portée à l’épaule, la mise au point qui se cherche, et une image aux contrastes saturés. Certains détails font sourire, comme ces têtes de rongeurs présentés sous forme de trophées de chasse, ou la manie de Les d’énoncer une règle n° 1, jamais la même.
Mais ces qualités ne font pas oublier la déception qui se transforme parfois en gêne devant le jeu sans nuance de Steve Buscemi, dont les mimiques outrées finissent en troubles obsessionnels compulsifs. Trop sage, trop conventionnel, trop prévisible, "Delirious" ne confirme pas les promesses de "Ça tourne à Manhattan", et ne ressort finalement pas du lot des teen movies qu’il prétendait pourtant caricaturer.
Ah Pitt ! Ah Buscemi ! Ah Alison ! Pitt pour ton air de petit ange tombé du ciel ! Buscemi pour ton jeu, une nouvelle fois formidable ! Alison pour ton nom que j'ai oublié et tant mieux tellement tu joues mal, heureusement que tes partenaires sont réellement présents pour faire le film ! Une oeuvre, sans prétention, qui fait son petit show, pour cet été pas très chaud, à consommer sans tarder, il ne restera pas dans les annales ! Annales, Joyce ! Qu'ouis-je ?
Une trame à la "Coup de foudre à Notting Hill" le comique en moins, le côté doc de l'envers du décor en plus. La casting est parfait, Steve Buscemi égal à lui-même, Alison mimi comme tout et Gina Gershon toujours aussi "pimentée"... Michael Pitt déçoit ou plait mais il fait toujours du Michael Pitt. Le scéanrio bien écrit nous offre plus une histoire d'amitié qu'une comédie sentimentale qui à le mérite d'avoir su éviter le cliché "la vengeance de la manager lourdée". Un conte d'aujourd'hui très bien fait. Point faible : La chanson niaise de la star !
Delirious est une bonne comédie de Tom DiCillo. La mise en scène reste simple, mais ça fonctionne, l’humour est efficace, les dialogues sont travaillés et le scénario est recherché. On passe un très bon moment tout le long et personnellement, je n’ai pas vu le temps passer. De plus, les acteurs comme le grand Steve Buscemi, mais aussi Alison Lohman et Michael Pitt sont convaincants dans leurs rôles. Bref, trois étoiles.
Une comédie cool sur les paparazzis et les stars. Steve Buscemi fait sont numéro et ça fonctionne. Quelques chouettes répliques même si j'aurai préféré que ce soit plus critique.
Ce n’est pas « Delirious » qui nous fera oublier le magnétique et euphorisant « Ca tourne à Manhattan » mais Di Cillo réussit quand même ici une bonne comédie. Il s’attaque à une satire sucrée salée sur ce phénomène omniprésent qu’est la représentation de l’image dans notre société. Jusqu’où faut-il aller pour « briller » et avoir son quart d’heure de gloire, la notoriété résout-elle tout où vient t-elle tout détruire ? Ce sont les thèmes touchés à travers le savoureux numéro de duettiste de Les (Steve Buscemi) et Toby (Michael Pitt). Sur un scénario un peu gras, Di Cillo distille le second degré bien à propos et ajoute une pointe de tendresse à un tableau acerbe. Niveau interprétation, Michael Pitt est vraiment formidable, son charisme fait des merveilles, quant à Buscemi, il campe à nouveau un rôle de looser au cœur gros auquel il ajoute une démesure frénétique espiègle. Bref un film idéal pour se détendre.