Le Pacha
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128 critiques spectateurs

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Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

27 abonnés 880 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juillet 2023
« On n’amène pas des saucisses quand on va à Francfort. »

Avec des dialogues d’Audiard (en caméo photo de suspects à la 18ème minute), il n’est pas utile, faute de place, d’accumuler les tirades de cette œuvre, dont certaines sont culte.

Démarrant sur l’exceptionnel « Requiem pour un con » de Gainsbourg (en guest à la 52ème), en raccord millimétré au générique, le film maintient la cadence rythmée et incantatoire pendant près de 10 minutes, durant lesquelles s’égrènent les images de Lautner, virtuose. Le thème reviendra tout au long de la réalisation pour redonner du punch dans un rythme parfait, secondé par la musique de Michel Colombier, collaborateur de Pierre Henry (Messe pour le temps présent) et de Gainsbourg.

Au niveau, précisément, de la réalisation, notons le réalisme apporté par la caméra à l’épaule, révolutionnaire pour l’époque (classique aujourd’hui), en plus des caméras au sol et des champs-contrechamps (avec miroirs parfois) chers à Lautner. Moderne, ce Pacha l’est résolument. Même si les décors et les costumes sont bien d’époque (Zitrone annonçant l’arrivée du tiercé sur la télé en noir et blanc aussi), la façon de traiter le sujet, mêlant humour noir et décalé et violence crue, voire cynique, ne ferait pas tâche aujourd’hui (que l’on pense aux films de Quentin Tarantino, notamment Reservoir Dogs, ou Guy Ritchie, Wrath of man, par exemple). C’est d’ailleurs ce qui marque le plus ce film et qui a choqué la censure à sa sortie, sans oublier la scène érotico-esthétisante du bar « Hippies » (entre fascination corporelle et cynisme réac, on reconnaît bien la patte d’Audiard, là aussi). C’est dans cette scène qu’on retrouve Dany Carrel, déjà présente dans Un Idiot à Paris, déjà scénarisé par Audiard.

On pourrait regretter que Gabin fasse du Gabin, qu’Audiard fasse du Audiard, mais l’auto-caricature ne fait-elle pas partie du charme tant que ça tient la route ? D’autant que ce film, avec les élans musicaux de Gainsbourg, la présentation du poste de police façon open-space avec des ordinateurs et l’inventivité moderne de la caméra de Lautner, est aussi une fabuleuse fresque sociale, pas toujours objective, sans doute, mais néanmoins propre, comme une forme de résignation, parfois, comme, surtout, un passage de témoin. La scène, anodine pourtant, de Gabin en train de se raser au rasoir électrique en est un symbole parfait. Au niveau des interprétation, on oscille entre seconds rôles habitués (Louis Seigner, Robert Dalban, Dominique Zardi) et d’autres moins connus, plus ou moins dans le ton. Dany Carrel (trop souvent cantonnée au rôle de prostituée honnête à l’instar de Mireille Darc dans d’autres films de Lautner/Audiard, en sex-symbol) et André Pousse (déstabilisant de froideur assassine) équilibrent parfaitement le casting.

Au final, on a un film où semblent s’opposer deux visions du même monde, une de l’avant (le scénario, les dialogues, Gabin), une de l’après (la réalisation, la musique, l’informatisation), où la moindre image est signifiante, le tout sorti au moment précis où, dans la société, le point de basculement est atteint avec les événements de mai. Ce moment, fugace, où Gabin croise Gainsbourg dans le studio d’enregistrement, est très révélateur et assez magique de l’avant et de l’après.

Cette œuvre est plus qu’un chef d’oeuvre, c’est un exemple d’objet cinématographique à montrer dans toutes les écoles d’art. Un joyau, une perfection.
Pernille
Pernille

31 abonnés 264 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 août 2025
Ce que j'aime dans le cinéma, c'est revoir et revoir des films passionnants, le Pacha est un de ceux-là, je viens de le revoir encore, et j'ai encore découvert de nouvelles choses tant le film est riche, court, mais intense. Un grand film, n'en déplaise à ceux qui le qualifie d'autre chose, voire de vieillot ! Pour ceux nés en même temps que ce film, très appréciable !!!...Un grand Gabin à la fin de sa carrière, qui a là un grand rôle qu'il endosse avec puissance, autorité, détermination : Joss, le boss ! Une histoire de vengeance ...d'un flic, près de la retraite, pour un ami d'enfance, flic aussi, Robert Dalban (éternel second rôle des polars français), Albert. Ceux qui écrivent que le scénario est banal, pas tant que ça, justement. Film noir à la Melville, mais très bien construit, magnifiquement filmé par un Lautner au sommet de son art, qui prend une autre orientation que la plupart de ses films précédents. Un beau coup monté par un flic pour assoir sa vengeance et qui s'achève tragiquement. Il y a une "patte" indéniable dès les premières images, une atmosphère. Et quelle galerie de seconds rôles accompagnant Gabin et s'opposant à lui. En premier lieu, André Pousse. Je ne suis pas certaine que la jeune génération connaisse cet acteur, reconverti du cyclisme, entre autres, devenu acteur à plus de quarante ans. Il a souvent joué dans les films policiers, côté gangster c'est sûr et là, l'un de ses plus beaux rôles, même si c'est un salaud ! Magique Dany Carrel, quelle présence aussi. Etonnante la BO, Gainsbourg. Bien sûr la censure s'attaqua à cette chanson pas correcte pour les codes de l'époque. Mais avant, la censure s'attaqua aussi au film. Devant le refus de Lautner de changer son montage, il faut interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, puis aux moins de 13 ans, quand le réalisateur céda et modifia certaines scènes. Et pourtant, la violence qui était reprochée au film ne transcende pas. Mais autre temps, autre vision des choses. Ce ne sont pas les quelques scènes de nus qui expliquent ce classement Ah j'oubliais d'écrire le plus important : film tourné fin 1967 et sorti en mars 1968, oui avant les évènements de la même année ! Donc inutile de faire le lien entre les deux !
C'est encore un polar à l'ancienne, à la française, mais avec des prémices d'autre chose, car il est déjà très moderne. Cette remarque est pour ceux qui ne comprennent rien aux films et à tout ce qui a plus de vingt ans et qui le traite de "vieillot", quand ce n'est pas pire !
Ce que l'on retient surtout de ce film et qui en fait sa richesse et son charme, ce sont les dialogues ! Qui aujourd'hui irait voir un film juste pour les dialogues, sur le nom d'un dialoguiste, personne. On les connait peu é bien là, oui, on allait voir non un Lautner, mais Lautner avec les dialogues d'Audiard. LA référence des films policiers français des années 60-70. Savoureux, mémorable, inoubliable. On les récite encore presque 60 ans après. Je ne peux pas tous les écrire ici, les morceaux savoureux, pas possible de faire un choix. Ceux qui aiment ce film et Audiard les connaissent. Ils se les récitent, comme s'ils appartenaient à un cercle privé dont il faut avoir les codes : "connaître Audiard par coeur !"
Petite anecdote sur le temps qui passe et la nécessité de transmettre l'histoire du cinéma et de ses grands films comme celui-ci pour ne rien oublier : il y a quelques années pour faire un bon mot, je cite un morceau de dialogue d'Audiard et la personne ne réagit pas ! Je lui dis mais c'est du Audiard ! Réponse hallucinante : "c'est qui Audiard" ?.....J'avoue avoir vu rouge et que j'en suis référé à plein de dialogues célèbres du même Audiard pour imaginer ma réaction. Je n'en fis rien, pas "d'éparpillement façon pulse", non plus !
Si je replace ce film dans l'immense carrière de Gabin, c'est un grand rôle pour lui. Alternant souvent entre policier et truand dans cette partie-là (de sa carrière), il y est un policier hors norme marquant, moins classique. Il a souvent joué des truands, la liste est vraiment longue, les policiers, c'était souvent des raisonnables, et pas seulement Maigret ! Je l'aime dans toutes les phases de sa carrière : au hasard, des "Gaités de l'escadron" à l'"année sainte", mais le Pacha reste un film à part, un rôle remarquable pour lui. A voir pour ceux qui ne connaissent pas, et revoir, revoir encore !
Ykarpathakis157

6 233 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2021
Il n'a peut-être pas si bien vieilli que ça notamment le scénario qui est assez linéaire mais Le Pacha possède néanmoins quelques atouts plus que décents. La distribution Gabin joue le rôle principal ou plutôt le rôle principal en roue libre mais regardez le reste de la distribution c'est un éventail impressionnant de seconds rôles distinctifs dont beaucoup peuvent être repérés dans de nombreux autres films de l'époque qui font un travail remarquable même lorsqu'ils sont silencieux. Par exemple André Pousse a le visage parfait pour le rôle de gangster impitoyable qu'il joue dans le film. L'ambiance est une sorte de version poisseuse brumeuse et terriblement carrée de la fin des années soixante. La scène finale dans une usine délabrée est vraiment impressionnante. Cette atmosphère est renforcée par la partition splendidement et sobre de Serge Gainsbourg basée sur des boucles de percussions hypnotiques ou des parties d'orgue très douces. L'élément qui ne peut être pleinement apprécié qu'avec une bonne maîtrise du français est le scénario et les dialogues de Michel Audiard avec certaines de ses répliques hilarantes qui s'appuient sur l'argot et un débit adéquat pour donner une texture inimitable aux répliques. Les seuls points négatifs sont les scènes de boîte de nuit embarrassantes et branchées agrémentées de rock chargé de sitar qui sont assez difficiles à regarder selon les normes actuelles...
Julien Vasquez
Julien Vasquez

46 abonnés 1 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2011
Dialogues signés Audiard, Gabin égal à lui-même, une apparition de Gainsbourg et le Requiem pour un con en bande originale. Que du bon.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pas du meilleur Gabin... Un film à voir une fois par curiosité.
marmottefurieuse
marmottefurieuse

13 abonnés 523 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2018
Un très bon polar avec Jean Gabin toujours fidèle à lui-même (toujours bourru) dans le rôle d'un policier à quelques semaines de sa retraite qui élabore un plan afin de venger son collègue et ami assassiné. André Pouce dans le rôle de Quinquin est excellent dans le rôle d'un tueur qui n'a aucun scrupule pour abattre de sang froid n'importe qui pour l'argent. Notons également la bonne musique de Serge Gainsbourg.
Cependant il est regrettable que la fin soit si brutale avec un guet-apens de la police qui abat les malfaiteurs sans être en situation de légitime défense.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2010
Menné "tambourg battant",un scénario dynamique, alerte, riche en péripéties, en rebondissements, traité avec sobriété, avec impact !...
Une excellente direction d'acteurs !...
A mon avis le film de Georges Lautner le plus convaincant,
le plus expressif, le plus percutant !...
Une authentique réussite !...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 mars 2009
CULTISIME ET INTENPORRELLE!!!!!!!!!!!!!!! Un des meilleur Gabin. Avec une réplique culte de chez culte << Le jour ou on mettra les cons sur orbite t'est pas près d'arrèté de tourné>>.
Antarès
Antarès

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2021
Un convois chargé de bijoux part de Paris au petit matin sous bonne escorte de la police. A un carrefour une bande de malfaiteurs surgit, tout les membres du convois sont tué à l'exception d'un policier, Albert Gouvion. Voulant garder l'argent pour lui seul, Quinquin, chef de la bande tue froidement uns à uns tout ses complices ainsi que le policier Gouvion (assassinat maquillé en suicide/accident) qui lui avait donné les indications pour l'attaque du convois. Louis Joss (Jean Gabin), supérieur hiérarchique de Gouvion ne croit pas à l'accident mais penche plutôt pour un crime et décide de venger par tous les moyens son ancien ami. Il rencontre une jeune femme, sœur d'un complice de Quinquin et accessoirement maitresse de Gouvion, qui va l'aider à remonter la piste du truand et lui tendre un piège...

Le Pacha sortit sur les écrans en 1968 avait subit la censure, la faute à des scènes jugées violente et une image peu reluisante de la police passant à tabac des hommes dans un bar. Le film à quelques faiblesse la faute à un scénario trop simpliste ? Gouvion ne m'inspire rien il est creux. Pourtant dès le début on accroche: sortit dans les années 1960 il a tout du résumé de cette époque, les voitures, les bars, les chansons. Mention spéciale à Gainsbourg qui joue son propre rôle dans une scène où il interprète "requiem pour un con" qui est la musique en filigrane du film. Outre l'ambiance des années 1960 c'est aussi une atmosphère très très sombre, l'hiver, la neige, les règlements de comptes entres truands. Et que dire de la fin, dans la brume en Picardie une véritable chasse à l'Homme, une guerre entre malfrats dans lequel s'introduit la police...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 novembre 2013
superbe film, servi par des acteurs en plein dans leur rôle, rien à redire, et oui il ose dire que le milieu c'est tout saif des enfants de coeurs, q'ils s'entretuent pour le pognon, et que voir les truands s'entretuer est parfois et le plus souvent bénéfique pour la société quand dans la tuerie et au nombre des morts on met les dirigeants
Rorechar
Rorechar

14 abonnés 1 060 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 janvier 2020
Le Pacha est un bon polar français. Il raconte l'histoire d'un commissaire français qui à la veille de la retraite , organise le coup du siècle, il monte un coup, où deux bandes rivales vont s'affronter et s'entretuer, afin de venger son collègue décédé. Jean Gabin incarne ce commissaire. Une bonne interprétation et charismatique de ce Monsieur du cinéma français. On voit à travers ses yeux la détermination. André Pousse est tout aussi charismatique dans son rôle de truand. Le film est servi par les dialogues de Michel Audiard (rien que ça) avec la musique de fond composé par un certains Serge Gainsbourg. Du bon polar.
Chevtchenko2
Chevtchenko2

50 abonnés 1 393 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 juillet 2021
Un scénario banal, un Gabin fatigué, quelques répliques bien senties d'Audiard et un final difficilement compréhensible, voilà résumé "Le Pacha" en quelques mots. C'est donc à un un polar très classique auquel nous avons droit et qui souffre d'une mise en scène vraiment peu inspirée. On a déjà vu beaucoup mieux.
Vador Mir

307 abonnés 999 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 juillet 2022
Avec le recul, les dialogues font exagérés et on sent une image de la police complètement biaisée.
Gabin est censé avoir la classe dans ce film, il est hautain et désagréable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 octobre 2006
De croustillants dialogues signés Audiard, une réalisation originale et rythmé de Lautner, un Gabin toujours aussi juste et impressionnant, un Gainsbourg plus en forme que jamais... Un film jouissif qui nous laisse dans tous nos états. Un très bon polar à la française avec des scènes d'actions parfaites... Bravo!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 mars 2008
Un film comak, musique entêtante, dialogues aux petits oignons, bon scénario et bons acteurs (André Pouce parfait dans son rôle de salopard).
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