C'est assez moyen pour du Lautner ! Jean Gabin en fait trop à mon goût et les dialogues d'Audiard sont un poil forcés je trouve. Enfin bon on ne gardera de ce film 2 choses en fait : cette phrase mythique "quand on mettra les cons sur orbite, t'aura pas fini de tourner" et puis "Requiem pour un con" de Gainsbourg pour la musique !
Une bonne intrigue, des dialogues humoristiques ciselés, des scènes extérieures remarquables, une musique géniale, des acteurs très bon, et enfin une rencontre mythique entre Gaisnbourg et Gabin en prime. Mon polar français préféré.
Seule et unique rencontre cinématographique entre le géant Jean Gabin et le réalisateur Georges Lautner, "Le Pacha" occupe une place à part dans le polar français. Scénarisé par Albert Simonin et dialogué par le génial Michel Audiard, le film est une œuvre de transition fascinante, suspendue entre le cinéma classique "de papa" et la modernité pop de la fin des années 1960. Une proposition de cinéma très plaisante, bien qu'un peu figée par moments.
Le film tire sa plus grande force de sa confrontation générationnelle captivante. Gabin y incarne le commissaire Joss, un flic fatigué et désabusé, dernier vestige d'un monde ancien obligé de se frotter au psychédélisme des boîtes de nuit hippies et à l'esthétique ultra-moderne de l'époque . Face à lui, André Pousse livre une performance mémorable et glaciale en truand sans scrupule . L'ensemble baigne dans une superbe atmosphère de film noir, hivernale et crépusculaire, sublimée par les dialogues cultes de Michel Audiard qui fusent avec une ironie jubilatoire. Enfin, l'œuvre est indissociable de la partition musicale mythique de Serge Gainsbourg . Son titre agressif « Requiem pour un con », rythmé par des percussions entêtantes, résume à lui seul l'insolence et la noirceur ironique du film .
Pourtant, "Le Pacha" montre ses limites à travers une intrigue policière très simpliste et linéaire . Le parcours de vengeance de Joss est attendu, sans surprise majeure ni réelle complexité scénaristique. De plus, la réalisation de Georges Lautner, bien que soignée, s'avère par moments un peu laborieuse et statique, peinant à retrouver la fluidité et la folie de ses précédentes comédies de genre.
"Le Pacha" n'en demeure pas moins un classique du polar hexagonal. S'il n'évite pas quelques lourdeurs scénaristiques, la classe insolente de ses dialogues, son ambiance crépusculaire et son hymne signé Gainsbourg en font un divertissement d'une grande efficacité.