J'adore John Boorman qui a le mérite d'être un touche à tout multi-genre et très talentueux. Il offre ici un rôle à la mesure du talent de Lee Marvin qui part à la recherche de son ex associé et accessoirement ami qui l'a fortement entubé sur leur dernier coup. Un bon film de vengeance au milieu de la mafia San Franciscaine qui mérite d'être érigé comme classique du genre!
Malgré une intrigue relativement classique, ce film reste prenant grâce à une réalisation musclée de John Boorman et à la prestation de Lee Marvin que l'on retrouvera dans son film suivant "Duel dans le pacifique".
Thriller emblématique du nouvel Hollywood,"le point de non-retour"(1967),imposait sa narration déstructurée,sa vision stylisée et son personnage inarrétable de vengeur avec une aisance propre à John Boorman.Filmé en écran large et en Métrocolor,le film montrait un San Francisco décadent(en réalité,le tournage eut lieu à Los Angeles)et renouvelait le thème de la vengeance.Laissé pour mort par son ancien complice et sa femme,après qu'ils aient dérobé un butin dans la prison d'Alcatraz,Walker n'a de cesse de traquer sans relâche celui qui l'a trahi,usant de méthodes expéditives et s'occupant peu de moralités.Mais l'organisation qu'il pourchasse est un hydre à plusieurs têtes,et dès qu'il en coupe une,une autre repousse...Ironie d'un monde où la loi du Talion et les principes vertueux ne sont pas bon ménage.Lee Marvin incarne avec économie de mots et force de persuasion ce Walker traqué.Boorman joue habilement de flash-backs parallèles,de montages sonores déstabilisants et de débauches de couleurs pop aux moments incongrus pour dérouter le spectateur,qui se croyait en sécurité au coeur d'une intrigue classiquement agencée.Malgré une psychologie sommaire,l'ambiance générale reste durablement en mémoire.
"Point Blank" est un polar magnifiquement bien réalisé et interprété. L'intrigue, pourtant classique, trouve une autre dimension dans les mains de John Boorman qui y insuffle tout son talent pour en faire une oeuvre unique et novatrice (influencée néanmoins par les films noirs). Le rythme soutenu, malgré une petite baisse de régime durant le dernier tier du film, nous maintient en haleine constante. Pour son deuxième long métrage, Boormanfait déjà preuve d'une grande maturité en signant cet excellent "Point Blank".
Le scenario est classique,est le montage n'a pas peur de prendre un certain nombre de raccourci.Amputant ainsi pas mal de scènes.Mais la réalisation est l'image choisit par John Boorman sont splendides.Les expérimentations visuel de Boorman sont bien menés ainsi que les effets sonores.Le bruit des talons de Lee Marvin frappant le sol,deviennent hypnotique et rajoute une dimension d'oppression de la scène.les effets stylistiques servent totalement l'histoire,dommage que celle ci ne soit pas mieux développée,et surtout que les scènes soit coupés a la hache.
Deuxième film de Boorman et premier grand succès. Avec ce "Point de non retour", le réalisateur montre qu'il faut désormais compter avec lui, mélangeant habilement un sens inouï de la mise en scène (le piège le long du canal !) et des fulgurances à couper le souffle (les hallucinations de Walker !). Le résultat est bien au-dessus de la moyenne faisant de ce polar à la nature plutôt classique un très grand film noir qui inspira toute une génération par sa manière de déposséder le corps de l'esprit, puis de le ré-imbriquer dans la minutes suivante... Exceptionnel.
Un classique du polar de série B où le héros est victime puis agresseur de malfrats dépassés. Le style est sec, classe et drôle. Lee Marvin est génial, à la fois élégant, paumé, et nerveux. John Boorman assure également une mise en scène stylée, qui suit son anti-héros à la semelle. Certains plans sont magiques, notamment celui où Lee Marvin parcourt un couloir sans fin d'une démarche déterminée. Il résume l'état d'esprit du personnage, sérieusement énervé. Simple, efficace.
Montage original pour un film qui doit tout à la performance tout en profondeur de l'excellent Lee Marvin qui prouve que c'est un des meilleurs acteurs de sa génération. Si le film peut paraitre gentil il est en fait comme son personnage, une violence retenue, finalement il ne tue personne. Un film à voir.
Comme souvent chez BOORMAN, on assiste à une oeuvre vraiment prétentieuse bourrée de flash backs, de cadrages insolites, de jeu sur les costumes totalement gratuits et pour tout dire ennuyeux. Heureusement l'intrigue sans être vraiment originale, se tient, les acteurs sont excellents et quelques séquences sont vraiment réussies.
Boorman signa là un maitre polar qui a considérablement influencé le polar en inventant un des premier personnage hard boiled. Dans un style froid et déshumanisé, il orchestre la revanche d'un laissé pour mort pour récupérer une part de butin quitte à défier des ennemis puissants. Le grand Lee Marvin est aussi pour beaucoup dans le succès de cette entreprise et il trouve là un de ses meilleurs rôles ce qui n'est pas peu dire.
Un classique du genre gangsters, Lee Marvin imperturbable. Le récit en parallèle est un peu déconcertant au début mais à la longue devient un atout du film. L’atmosphère est pour le moins spéciale et pas commune. Bonne mise en scène même si Boorman a fait mieux depuis.
Le réalisateur John Boorman a fait là un film ambitieux, notamment du fait d'une narration non conventionnelle et d'une mise en scène recherchée. Le résultat est inégal. Certains plans, notamment au début, n'apportent rien à l'intrigue et cassent le rythme, tout en alourdissent le propos. D'autres scènes sont beaucoup plus réussies, nerveuses. Le tout est un film haché, parfois passionnant, parfois pesant. Les personnages ne sont pas très travaillés et le scénario simpliste. Lee Marvin, plus froid que jamais, peine à incarner un type assoiffé de vengeance obnubilé par ses 93 000 dollars. Angie Dickinson a un rôle mal défini. Quant à John Vernon, sa prestance et son jeu sont très limités. Le principal attrait du film est finalement cette "Organisation" mystérieuse, qui symbolise l'hydre capitaliste, pyramide féodale dont chaque strate défend égoïstement sa position et protège ainsi malgré elle le niveau directement supérieur, pourtant honni. Vision cynique mais plutôt réaliste de toute société humaine.
C'est exactement avec ce genre de films que l'on reconnaît un excellent metteur en scène d'un tacheron. Car si le scénario s'avère tout de même efficace bien que très classique, c'est avant tout la mise en scène de Boorman qui impressionne ici. Sèche, intense, elle n'en demeure pas moins déroutante à plusieurs reprises, et cela notamment durant trois premiers quarts d'heure tout à fait mémorables, jouant habilement sur les flashbacks et un montage assez prodigieux. Mais Boorman a la grande intelligence de ne jamais tomber dans l'exercice de style gratuit et vain, le récit se faisant même assez haletant par la suite. Plus classique certes (à moins que...) mais toujours aussi brillant, d'autant plus que Lee Marvin est impeccable dans le rôle de ce personnage pour le moins désabusé mais jusqu'auboutiste. Ainsi, pas de bavardages inutiles, ni de grands moments d'émotion, mais un film, un vrai, tenant ses promesses jusqu'au bout et qui ne saurait en définitive mieux résumer ce mot qui nous fait tant rêver : cinéma.