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Un visiteur
5,0
Publiée le 10 mars 2013
Il y a un génie de la narration, de la mise en scène, dans "L’homme de la rue", qui ravale la plupart des réalisateurs morts ou vivants à leur bac à sable. C’est absolument dingue ! Les personnages, et surtout les relations entre eux, sont d’une complexité folle. D’où vient le salut ? Qui provoquera la perte ? La scène finale, à cet égard, est bouleversante : John Doe veut sauter du toit de l’immeuble, mais trois groupes de protagonistes l’en empêchent : l’un par haine, l’autre par amour, le troisième parce qu’il demande de l’aide. Qui croire ? Qui suivre quand John est englué dans les intérêts des autres ? Les dernières images laissent une impression de joie tout autant que d’amertume… Ce film est très beau, parce qu’il laisse les personnages parler et exister. J’ai rarement vu tant d’écoute, attentive et bienveillante, de la part d’une caméra. La caméra juge peu, ici, elle aime les personnages qu’elle filme, salauds ou braves gens.
"Meet John Doe" est un film de Capra passablement oublié, et, il faut bien le reconnaître, d'un niveau inférieur à ses grands films sociaux de la fin des années 30 comme "L'Extravagant Mr Deeds" ou "Mr Smith au Sénat", chefs d'oeuvre du genre. Si ces deux films étaient des comédies, celui-ci se montre rapidement plus grave, non sans un certain optimisme naïf assez mal amené sur la fin. On a l'impression que Capra se répète sans rien apporter de nouveau. Faut-il lui en vouloir ? Doe m'est apparu comme un ersatz de Deeds et Smith, moins fouillé, moins attachant, moins convaincant. Sur le plan formel, même si le rapport est assez lointain, on peut comparer le film à "Citizen Kane", qui à sa façon, un an plus tôt et d'une manière moins académique, parlait également des liens entre le monde des médias et le monde politique. Les films de Capra des années 30 demeurent si étonnamment modernes qu'on est un peu déçu de voir que ce film de 1942 a assez mal vieilli. Il n'en demeure pas moins toujours intéressant sur le fond, car les choses n'ont malheureusement guère changées depuis. Moins rythmé, moins passionnant, un Capra mineur.
Ce film souffre d'être trop bavard et d'avoir trop de longueurs pour avoir le rythme léger et puissant d'autres oeuvres du réalisateur comme "New York-Miami" ou "Monsieur Smith au sénat". Et au niveau de l'interprétation, Edward Arnold excellent dans le rôle d'une crapule n'a aucun mal à voler la vedette à Gary Cooper et à Barbara Stanwyck, deux acteurs pourtant pourvus d'un charisme incroyable mais qui n'ont jamais paru aussi ternes et effacés. Mais Frank Capra arrive tout de même à faire passer son message, plus cynique et moins optimiste qu'à l'accoutumé, où le monde politique et les médias en prennent plein la figure. La fin même si elle est heureuse laisse une certaine amertume. Sans être un des meilleurs films de Capra, il reste un essentiel du réalisateur.
Une fable sociale au message idéaliste et humaniste, qui dénonce (déjà à l'époque !!) la manipulation du populisme à des fins politiques, desservie par quelques longueurs, mais portée par un casting séduisant, avec notamment Gary Cooper et Barbara Stanwyck tous les deux excellents.
Encensé lors de sa sortie par une partie de la critique , notamment en France,le film est pour moi une vraie déception tant il se contente seulement de dérouler en la surexposant la petite mécanique, la recette du -film-de Frank-Capra-. ou tous les personnages n'existent qu'en tant qu’éléments du scénario, surjouant la ou on les attends une partition quelque peu interchangeable, d'un film à l'autre. Impression déjà ressentie par ailleurs dans de nombreux films de Ken Loach, par exemple.
L'Homme de la rue est un film typique de Frank Capra. En effet, il mélange à la fois de grands moments cinématographiques spoiler: (la marche de Gary Cooper écoutant les différents reproches qui lui sont faits) et des passages très bavards et très naïfs. En effet, ces moments assez nombreux ont comme souvent chez Capra tendance à ennuyer car ils manquent de crédibilité (il est difficile de croire que le "bon peuple" américain puisse être suffisamment naïfs pour s'enthousiasmer à ce point pour ce personnage fictif) malgré quelques passages comiques assez réussis. Heureusement, vers la fin, Capra devient plus cynique (notamment sur les manipulations des hommes politiques et la facilité avec laquelle il est possible de retourner l'opinion publique) et donc plus réaliste. Dès lors, le film gagne en intérêt. On regrette juste que l'optimisme un peu béat du personnage principal et du film en général ait été trop longtemps présent. L'appréciation de ce film est donc lié à l'amour que l'on porte ou non en général à l'œuvre de Capra, cinéaste mêlant grands moments cinématographiques et optimisme un peu naïf envers le peuple et les Etats-Unis.
On retrouve dans l’homme de la rue un message qui s’apparente à celui de la vie est belle que d’aucuns pourraient penser naïf mais qui est profondément humain avant tout. La solidarité et prise de conscience de l’autre. C’est simplement lorsque la politique entre en jeu que le film devient tragique. On y ressent le vice humain de transformer une idée en marchandise. Écœurant. Et on a hâte de retrouver le fondement de l’être: l’amour qui peut tout sauver.
C'est par le biais de ce long métrage que j'ai enfin pu découvrir l'univers et le style de Frank Capra et je dois bien avouer que je n'ai pas été déçu. Car entre la très belle partition musicale de Dimitri Tiomkin, une subtile réalisation et une interprétation de grande qualité, je peux même dire que j'ai passer un excellent moment de cinéma. Barbara Stanwyck est radieuse et bien convaincante et Walter Brennan campe avec beaucoup de talent un second rôle qui aurait par contre mérité d'être un peu plus présent durant la seconde partie. Mais c'est évidemment la performance du grand Gary Cooper, dans le rôle d'un joueur de base-ball qui deviendra un héros d'une campagne politique, que je retiendrais le plus tant sa prestation s'avère impeccable tout au long du film.
Comme beaucoup de gens je connais de réputation Capra, célèbre pour ses comédies qui sont l’archétype de la comédie à l'américaine. Pourtant ce film n'est pas à proprement parler un comédie; plutôt une fable. Comme pour une fable on est parfois charmé par quelques éclairs d'inventivité mais la morale est un peu lourde et discutable. Au final je n'ai pas complètement été conquis par ce film. Je n'ai pas envie de le revoir mais j'espère tomber bientôt sur un autre film de Capra moins moralisateur et plus divertissant.
Très belle critique de la nature humaine, manipulation, politique, les réalités des choses au sein du genre humain (cupidité, jalousie, haine...). Belle idée de fédérer tout le monde autour d'un homme idéalisé et criant au scandale pour tout mais la politique possède la force des moyens de communication et de dénigrement efficaces. Heureusement la fin, très manichéenne nous redonne l'espoir en symbolisant le choix du héros entre : le bon (lumière, visages éclairés, le peuple) d'un côté et le mauvais de l'autre (ombre, visages à demi cachés, les politiques)! Mais le peuple gagne toujours!!!
Comme nul autre pareil, Frank Capra savait extraire le meilleur de l'homme ordinaire américain. Qu'il s'agisse de ce John Doo, magnifiquement interprété par un Gary Cooper au sommet de son art, ou de Mr Deeds ou Mr Smith, Capra détient ce génie de rendre l'ordinaire extraordinaire. Qui aujourd'hui miserait un seul dollar sur une histoire aussi invraisemblable qu'un homme de la rue (le titre français du film) amené à devenir en quelques cuillères à pot le symbole et l'espoir de toute une nation plongée dans la pire des récessions que les USA ont jamais connue ? Sans doute personne. Il fallait donc tout le génie de Capra pour faire tenir une histoire pareille. Et ça marche ! Mieux, en moins de deux heures de temps, le réalisateur de "New York-Miami" parvient à peindre une peinture au vitriol de l'Amérique capitaliste qui laisse sur sa route des milliers d'Américains moyens... A la fois drôle, touchant, ironique, tendre, parfois méchant, cette peinture de l'Amérique des années 30 est une satyre d'une humanité exceptionnelle. Un film tout simplement magique.
Difficile de rentrer dans ce film qui démarre sur les chapeaux de roues sans prendre le temps de faire exister ses personnages et sa situation initiale. On est dans une sorte de version optimiste et screwball du Network de Lumet, avec des acteurs en surjeu et un rythme trop rapide. La deuxième moitié est meilleure et ressemble beaucoup plus à du Capra, avec quelques scènes plus longues aux dialogues brillants et une montée en puissance qui rappelle celle de Mr Smith au Sénat. Mais le décalage entre ce début très daté et trop étriqué, et cette fin très ambitieuse m’a donné l’impression d’un film brouillon et mal dégrossi.
Comme souvent avec Frank Capra, un film théatral et avant-gardiste d'une grande profondeur, qui s'articule autour d'une manipulation médiatique des plus pertinentes. Tres bien réalisé bien qu'il porte le poids de ses années, Meet John Doe semble parfois touché par la grace, et ces passages lumineux méritent à eux-seuls le détour.
Superbe fable réalisée avec talent par F.Capra. G.Cooper étonne, plait et détonne dans un rôle d'une puissance intellectuelle remarquable. Peut être conclu trop vite, le long-métrage reste en mémoire tant les forces qu'il mobilise importent.
Il faut prendre ce film pour ce qu'il est : une fable sociale et vu de cette façon on peut sans doute parler de chef d'œuvre. Le genre "fable" permet d'appuyer les effets, de les rendre plus théâtraux et de se permettre toutes les facilités de scénario. Le film réalisé magistralement est très riche. spoiler: Cooper n'a rien d'un héros, il se contente d'être beau (ce qui plait à Stanwick) et gentil, quand à cette dernière elle a sans doute un bon fond mais c'est une manipulatrice (qui se fait manipuler à son tour) on fait donc avec deux personnes qui n'ont rien d'exceptionnels mais que les circonstances vont transformer. La politique est montrée comme le côté obscur de la société, mais la foule n'est pas mieux traitée, manipulable et réversible à souhait . Côté acteurs, Cooper crève l'écran, Stanwyck joue très bien même si d'autres réalisateurs l'ont bien mieux mise en valeur… Mais peu importe le film est bluffant et grandiose et ce n'était pas gagné d'avance.