Ce film n'est pas une histoire d'amour. Tout est là. Évidemment, lorsque la voix off nous annonce ceci dès le début du film, on s'attend à une histoire qui en cachera une autre. Si ce film n'est pas une histoire d'amour, c'est parce que c'est d'abord l'histoire d'une personne, une personne qui se réconcilie avec une autre réalité petit à petit. On peut s'identifier à lui, ou à Summer, mais peu importe. Les quelques passages grotesques, clichés (les potes, la vie professionnelle...) sont peut-être là pour apporter de la légèreté au long métrage, mais pour moi c'est aussi simplement pour mieux souligner l'essentiel, le vrai derrière tout ça. Ce film est sans prétention mais diablement intelligent car il rend justice, hommage, à la désillusion, mais surtout à l'ordinaire. L'amoureux est enfin réhabilité, il n'est ni un héros, ni une victime. Le déroulement de leur relation est secondaire, car pour moi ici il s'agit plutôt de décrire un état d'esprit, des bribes de vie, à un instant. On suit les réflexions du jeune homme, qui a tous les symptômes du type qui va tomber dans le panneau de la pathologie romantique. Cet enchantement qui nous fait guetter les signes, les évidences, combler les vides. Tout faire pour que nos attentes correspondent à la réalité, tout faire pour que la réalité corresponde à nos attentes, l'éternelle quête de soi, et à la clef, trouver l'absurde, le non sens, la platitude.Eh puis zut, non ! Finalement c'est pas comme ça tiens ! La vie, la nature, reprend ses droits et c'est reparti pour un tour.
Ce qu'il y a de dangereux dans le coup de foudre, c'est pas que c'est illusoire, c'est ce qu'on en fait après, ce qu'on en interprète. A la base, ni Tom ni Summer ne sont dans la bonne mesure. Mais finalement, au fur et à mesure du film, la déconvenue de Tom est assez bien décrite pour nous faire tout relativiser. Il y a des comédies qui nous dépriment parce que trop dramatiques, et il y a les comédies qui nous dépriment parce que c'est trop beau et juste faux. Donc, ici, on met un pansement sur nos échecs et nos chimères pendant 1h36. On se laisse emporter par la chanson, par ce qui n'est pas autre chose qu'une fiction de plus, mais on peut y trouver son compte à un moment de nos vies. On ne ressent aucune amertume après l'avoir vu, pour ça, il faut remercier Marc Webb.