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Un visiteur
2,5
Publiée le 29 septembre 2007
On est très loin des magnifiques chronologies émouvantes de "Volver" et de "Parle avec elle" réalisés par le même auteur. Malgré tout, La fleur de mon secret est surtout plaisant à regarder, pour voir un Almodovar en pleine expansion culturelle dans une voie cinématographique nouvelle consacrée exclusivement à celle de la femme. Car dans le fond, La Fleur de mon secret n'est pas une franche réussite. Mais elle garde en elle-même un réel charme, avec un très bel éventail d'acteurs et de personnages. C'est déjà pas mal.
Almodovar s'attelle à décrypter l'imaginaire féminin de la femme mure en grand danger dans son combat avec le temps C'est un film qui sous des aspects exaltés transpire la bonté d'âme, l'humanité à partager ..On touche ici aux liens de Pedro avec sa mère d'où sa capacité à comprendre et illustrer les sentiments des autres ...
L'histoire n'est pas totallement inintéressante...Mais bon, c'est quand même le genre de film où il faut prévoir une autre activité en parallèle, pour ne pas trop avoir l'impression de perdre son temps. Sinon, j'ai quand même noté une petite réplique qui m'a bien amusé "Qu'est-ce que tu as ? Tu as une voix bizarre" "Non, c'est juste que je parle sans les mains". Je ne sais pas si c'est la traduction française ou le dialoguiste espagnol qu'il faut féliciter, mais personnellement, j'aurai plutôt dis "je téléphone sans les mains"... A part cela, la seule véritable découverte que j'aurai fais pendant ce film, c'est la ressemblance de Rossy De Palma avec Gad Elmaleh ! Oui bon d'accord, c'est pas super intéressant du point de vue cinématographique, mais bon...
Jolie portrait de cette femme qui vit un amour qu'elle enjolive grâce à ses livres mais que la réalité met face à ses désillusions. Comme toujours chez Almodovar il y a l'amitié et l'amour entrecroisés. Les personnages qui tournent autour d'elle sont en quelque sorte des anges gardiens et même l'homme écrit pour elle gratuitement!!! Il y a toujours cette fragilité féminine qui donne des scènes très belles comme celle de la danse à la fin où l'éditeur fait sa demande. Très belle actrice.
En étant parfaitement objectif, on pourrait, sans provoquer d'esclandre, retirer 2 étoiles à cette "Fleur de mon secret". En raison d'une histoire extrêmement faible. Mais... Almodovar est un spécialiste du portrait de femmes, ne l'oublions pas, il sait parler des femmes, tout simplement, surtout de celles qui sont sur le fil du rasoir. Il est un véritable féministe que le tout noir ou le tout blanc n'intéresse pas. Et surtout, il n'a pas son pareil pour employer l'actrice idoine. Marisa Paredes dans le cas qui nous intéresse. Elle porte le film à elle toute seule et donne de l'intérêt à un récit qui, foncièrement parlant, n'en n'a strictement aucun.
"La fleur de mon secret" est un Almodovar tout ce qu'il y a de plus classique, avec ses thèmes et sujets habituels mais aussi sa patte visuelle, reconnaissable entre mille. Il n'est peut-être pas le plus inspiré mais reste divertissant d'un bout à l'autre avec des actrices au top et une touche d'humour pour parfaire le tout.
Ce film, réalisé par Pedro Almodóvar et sorti en 1995, n'est pas le moins réussi du réalisateur mais fait en tout cas partie de ceux qui m'ont le moins emballé ! Ici, pas de twist, pas de scénario alambiqué, pas de relation mère/fille conflictuelle (quoique) mais simplement le portrait d'une femme qui écrit des romans à l'eau de rose depuis vingt ans mais qui n'en a soudainement plus envie, notamment à cause du progressif naufrage de son couple. Voilà, nous ne sommes donc pas dans un scénario extraordinaire, on pourrait même le comparer à un soap opera plutôt classique tant les codes y sont repris. Et d'ailleurs, le film a du mal à tenir sur la longueur ! C'est d'ailleurs le principal reproche que j'en ferai. Car j'avoue avoir beaucoup apprécié le début. Ce n'est certes pas le film le plus palpitant du réalisateur mais ce dernier a toujours le don pour dresser un portrait de femme avec soin. C'est-à-dire une femme aux états d'âme complexes qui passe par de nombreuses émotions différentes, autour de laquelle gravite d'ailleurs, comme d'habitude dans les films du cinéaste, d'autres femmes aux comportements et états d'âme tout aussi complexes et bien écrits ! Mais malgré ça, le film s’essouffle dans sa seconde partie. Le film ne donne donc pas dans le twist mais essaye malgré tout d'être quelques fois surprenant, ce qui tombe à l'eau car son côté soap opera rend le tout très prévisible. Pourtant, le réalisateur précise qu'il ne tombe pas dans le sentimentaliste mais qu'il met en scène de la "douleur authentique" dans un "drame dur". Alors c'est certes quelques-fois le cas mais là où le réalisateur y décrit du "drame dur", j'y trouve surtout du mélodrame un peu bas de plafond. Ce qui est bien dommage, surtout venant d'un réalisateur comme celui-ci ! Concernant le casting, nous retiendrons surtout Marisa Paredes qui porte complètement le film. "La Fleur de mon secret" est donc un film plutôt oubliable et quelques fois ennuyeux.
Le film se disperse dans 2 histoires d’intérêt inégal : d’abord, celle, la plus originale, d’une romancière, Amanda Gris (que personne ne connait, à part sa maison d’édition) qui écrit des romans sentimentaux (3 par an) pour femmes et qui décide, à la suite de problèmes personnels, d’écrire des romans plus sombres, plus fidèles à la réalité. spoiler: Pour franchir le pas, Amanda (Marisa Paredes, 49 ans, 3e collaboration sur 6 avec le réalisateur), de son vrai prénom Leo, commence par rédiger une critique à charge sur Amanda Gris dans la rubrique littéraire du quotidien « El País », grâce à l’intervention de son responsable, Ángel. Malheureusement, ce récit de personnage à double facette, est pollué par ses déboires conjugaux qui relèvent plus du théâtre de boulevard spoiler: (son mari, Paco, ne l’aime plus, la fuit en tirant partie de son travail, étant lieutenant-colonel dans l’armée de l’O.T.A.N., en charge du conflit yougoslave en Bosnie, et a même une maitresse ). Rien de bien passionnant et vu et revu. Sans compter les relations de Leo avec sa mère (Chus Lampreave, 65 ans, 5e collaboration sur 8 avec le réalisateur), qui, telle « une vache sans sa cloche », se trouve désorientée et souhaite rentrer dans son village, au grand dam de son autre fille, Rosa (Rossy de Palma, 31 ans, 5e collaboration sur 7) qui l’héberge. Le film constitue une œuvre intermédiaire, 15 ans après son 1er film : il est un mélange des films précédents, « Qu’est-ce-que j’ai fait pour mériter çà ? » (1984) et « Femmes au bord de la crise de nerfs » (1988) car on y retrouve des thèmes récurrents du réalisateur : mari infidèle, belle-mère envahissante, trafic de drogues, abus de somnifères et d’alcool. Sans oublier son amour du cinéma et sa cinéphilie [références à « La garçonnière » (1960) de Billy Wilder et « Casablanca » (1942) de Michael Curtiz, citation de son confrère Bigas Lunas, ainé de 3 ans]. On y trouve aussi les thèmes qui seront développés dans ses films ultérieurs : la digression sur le tournage d’une vidéo sur le don d’organes, sera recyclée par le réalisateur dans « Tout sur ma mère » (1999). Le roman noir « Chambre froide », spoiler: écrit par Leo (et non plus Amanda Gris) et qui raconte l’histoire d’une fille qui tue son père qui la violait et cache, avec sa mère, son cadavre dans le congélateur d’un restaurant , sera recyclé dans « Volver » (2006)].
Ce film m'a beaucoup plu, l'histoire de cette femme délaissée mais qui cherche à s'accrocher au moindre espoir, au moindre signe positif de son mari est très touchante, elle est tellement amoureuse qu'elle n'accepte pas la réalité. Marisa Paredes l'interprète parfaitement. On vit avec elle l'impatience et l'attente de son mari, on espère de chaudes retrouvailles même si, au fond de nous (comme Paco) on craint que ça ne se passera pas aussi bien que ce qu'elle voudrait. Le personnage d'Angel est aussi très touchant à essayer par tous les moyens de la réconforter même s'il n'a pas beaucoup d'espoir avec elle. Enfin, il y a aussi beaucoup de moments d'humour avec les personnages de la mère et la soeur interprétés par Chus Lampreave et Rossy de Palma, leurs échanges sont très drôles, j'ai adoré ces personnages et leurs répliques.
Très joli portrait de femme fragile au moment où celle-ci bascule progressivement dans ce qu'on appelle l'âge mûr et que sa vie d'épouse, d'écrivain, de famille lui échappe. On est certes loin de l'exubérance de "talons aiguilles" ou "tout sur ma mère", plus près me semble-t-il du Blue Jasmin que tournera Woody Allen 15 ans plus tard.Excellente prestation de Marisa Paredes. De très bons seconds rôles comme la bonne, danseuse de flamenco,, la copine qui lui a volé son mari et tourne des clips pour promouvoir le don d'organes (sujet qu'Almodovar développera en 2011 dans La piel que Habito). Au total film plaisannt émouvant et très bien construit.
Avec La Fleur de mon secret, Pedro Almodóvar s’aventure sur le territoire de l’introspection, là où l’écriture, l'art au sens vaste, devient un échappatoire ou se fait miroir.
Leo, romancière de romans en crise, incarne une dualité poignante : d’un côté, ses récits idéalisés lui permettent de transcender une réalité insupportable, de l’autre, ils révèlent une incapacité à affronter les vérités qui l’écrasent. Almodóvar interroge, avec mélancolie, le rôle de la fiction : peut-elle guérir l’âme blessée ou n’est-elle qu’un écran qui obscurcit davantage le regard sur la vie ?
À travers ce portrait de femme, le cinéaste scrute la frontière entre l’art et l’existence. Leo, dans sa quête désespérée d’amour et de sens, devient une figure tragique et universelle, à la fois alter ego et muse de son créateur. Elle est une héroïne almodovarienne dans toute sa complexité : déchirée entre indépendance et dépendance, entre désir d’authenticité et contraintes du monde extérieur. Almodóvar, à travers elle, questionne ses propres ambitions artistiques : peut-on rester fidèle à soi-même tout en répondant aux attentes d’un public ?
Le film peut être vu comme un prélude aux œuvres plus graves d’Almodóvar, telles que Tout sur ma mère, Parle avec elle mais surtout Douleur et Gloire.
Dans le personnage de Leo, Almodóvar exprime une empathie profonde pour les femmes, en particulier celles qui résistent aux tempêtes de la vie. Son regard sur la féminité est à la fois tendre et impitoyable, refusant les clichés. Leo n’est pas simplement une femme en quête d’identité : elle est l’écrivain à la recherche d’un langage pour traduire ses douleurs et ses espoirs, tout comme Almodóvar semble chercher, à travers ce film, une nouvelle voix pour son cinéma.
Avec La Fleur de mon secret, le cinéaste amorce un tournant. La subversion laisse place à l’introspection, et le feu d’artifice de ses débuts se mue en une flamme plus douce mais tout aussi ardente.
Marisa Paredes, une de ses muses (avec Carmen Maura, Victoria Abril et Penélope Cruz), est tout simplement grandiose. Almodovar met en marche le processus créatif ; sorte de genèse de deux futurs coups de cœur du Festival de Cannes : le spot pour inciter les gens au don d’organes (Tout sur ma mère) et le livre qu’elle écrit... qui est en fait le scénario de Volver !!! Sublime ! Almodovar ou l’alchimie parfaite entre cinéma d’auteur et cinéma populaire. Olé !
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3,5
Publiée le 31 mai 2012
Dans "La fleur de mon secret", Pedro Almodovar se fait plus grave avec une histoire centrèe autour d'un personnage d'âge mûr, qui fait l'expèrience de la solitude, du passage d'une ètape de la vie à une autre! Interprètèe avec une grande justesse par l'èmouvante Maria Paredes, le personnage va se ressourcer à son village natal! C'est l'occasion pour le rèalisateur madrilène de mettre en scène une sèquence dont la simplicitè, la justesse et le rèalisme sont très loin de ce à quoi il nous avait habituès! Un tel registre est rèvèlateur d'une rèelle èvolution, comme il le reconnaît lui-même! Un beau film, qui traite sur le mode mèlodramatique, les trouvailles visuelles pour traduire les sentiments...
Pour mon premier Almodovar, je dois reconnaitre que la surprise a été plutot bonne. En effet, malgré quelques petites longueurs, c'est un très beau portrait de femme qui nous est offert ici, avec une réelle sensibilité par un réalisateur apparemment très attaché aux couleurs (notamment le rouge) et aux rapports humains. Quelques passages sont d'ailleurs vraiment très droles, et l'ensemble se révèle tout de même assez touchant, grace à une Marisa Paredes émouvante. En bref, un beau moment de cinéma, sensible et touchant. Que demander de plus?