Drôle d’histoire de pulsions, d’amour et de folie douce, adaptée d’un roman de Christian Gailly, L’Incident. À 87 ans, Alain Resnais témoigne encore d’un goût étonnant pour la fantaisie, l’expérimentation narrative et formelle. La fantaisie est ici gentiment bizarre, truffée d’éclairs surréalistes ou absurdes, avec quelques scènes franchement comiques (au commissariat, notamment) et des acteurs irrésistibles (Dussollier et Amalric en tête). Sur le plan narratif, le réalisateur développe une polyphonie : voix du narrateur (Édouard Baer), voix off des personnages, dialogues… Visuellement, le résultat est à la fois kitsch et très maîtrisé (beau travail du chef op’ Éric Gautier) : images incrustées en médaillon, effets de zoom, personnages souvent filmés de dos (surtout au début), filtres de couleur, etc. On s’amuse de ce coup de folie, de cette fraîcheur, de ce décalage ludique. Cela dit, on passe aussi son temps à se demander, un peu perplexe, quel est le sujet du film. Resnais cultive étrangeté et légèreté, mais pour dire quoi ? Est-ce un pur exercice de style, sans consistance ou ambition autre que de surprendre ?
Sympa ce Resnais, mais sans plus. J’aime toujours autant la folie du réalisateur, ainsi le fait qu’avec les années ses histoires se soient faites de plus en plus socialement situées. Mais ici on sent aussi beaucoup de choses qui à mon sens relèvent d’automatisme ou d’une routine et font de ces herbes folles un petit Resnais : par exemple le casting, s’il est très bon et fait de quelques habitués, il ne m’a pas semblé très honnête de faire passer Dussolier, 63 ans au moment du film, pour « un homme de la cinquantaine » et la mari d’Anne Consigny, 46 ans au moment du film, et j’ai pensé au départ que Dussolier jouait son père. Il y a aussi le fait de broder sur le thème de la rencontre amoureuse, c’est un thème universel alors pourquoi pas si on apporte quelque chose de personnel et d’honnête, mais là j’ai clairement eu l’impression de facilités et de paresses dans l’écriture du scénario. Reste la fougue de Resnais, la qualité des acteurs, et ce final assez métaphysique et qui vaut par contre lui vraiment le détour.
Je n'ai jamais pu supporter un film d'Alain Renais en entier mis à part On connait la chanson mais avec celui-ci je me suis fait violence .J'aurais du m'écouter car on retrouve ici tout le vieux cinéma de grand papa horripilant et à périr d'ennui. Lumière moche,néon horrible, effet spécial époque Méliès,jeu d'acteur approximatif , pas de fin & une dernière ligne de dialogue absurde confirment ce que je pensais déjà de ce réalisateur : un cinéma vieux,très vieux & très très ennuyeux.
Film déroutant, les acteurs sont convaincants dans leurs dialogues mais l'histoire ne décolle pas ! La fin est très surprenante, bref une fin comme s'il fallait finir faute de film dans la caméra ! ce film sera bien vite oublié...
Je dois dire que ce film en plus de m'avoir profondément ennuyée m'a également passablement agacée. spoiler: Il s'agit donc d'un homme qui a des pensées de viol, de meutre, qui harcèle une femme car il lui a retrouvé son portemonnaie. Et cette femme, au lieu d'être inquiétée et de prendre ses distance...tombe amoureuse de lui. Quel est donc le message que beaucoup de femmes ou d'hommes harcelés doivent comprendre?
De plus cet homme a des réactions de colère à des moments inatendus et trouve bon d'embrasser qui bon lui semble sous le nez de sa femme qui, évidemment ne bronche pas...
Suzanne, la femme de Georges a par ailleurs 45 ans au moment du film et est déjà grand-mère, alors que le petit dernier n'a pas encore d'enfants, le coquin! Bref, beaucoup trop de détails qui ne me permettent pas de m'autentifier à ce film.
Grand film jouant avec les attentes des spectateurs, jouant avec les mots et les formes. Des grands acteurs, un grand réalisateur et une fin qui restera dans les annales.
J'ai décroché au bout de 5 minutes. Les réactions des personnages ne sont pas crédibles !! Je ne comprends pas le personnage de Dussollier ni les réactions du personnage d'Azéma ; même E. Baer ne m'a pas emballé. Ce n'est pas la palme pour moi.
Joli petit écrin, la mise en scène des Herbes folles est irréprochable... Dommage qu'on ne croit pas un instant aux personnages et aux situations de ce bien faible opus.
J'avais beaucoup aimé ces "Herbes folles". Un second visionnage me rend ce film moins essentiel. L'histoire, absurde, semble en effet trop invraisemblable et le personnage joué par Dussolier trop antipathique pour pouvoir légitimement susciter un tel intérêt. Malgré tout, la mise ne scène reste d'une précision, d'une modernité et d'un élégance inégalées et la direction d'acteurs est, comme d'habitude chez Resnais, parfaite.
Un marivaudage empli de fantaisie et de poésie. C’est pétillant, brillant et fantasque avec deux interprètes merveilleux et une brochette de seconds rôles irréprochables. Un grand Resnais qui manie avec brio les dialogues, les cadrages, les lumières, les musiques et les voix off. Il fallait son talent pour ne pas faire de cette histoire de douce folie un film abscons, prétentieux et ennuyeux. Un bel exemple de création libre et originale.
Formellement ludique, foncièrement loufoque, un peu foutraque mais décomplexé, "les Herbes folles" est plutôt un bon Resnais mais, sans que je puisse m'expliquer pourquoi, on sent que ça s'adresse à un certain public, celui qui suit les recommandations 3T dans Télérama, par exemple... Sinon, Dussolier est génial.
Quelle est la différence entre Cineman dont je viens de faire une non critique et les Herbes folles : un film de cinéma ! Mr Resnais, continuez à nous enchanter ainsi, l'échappée belle vous va à ravir ! Folles, folles, c'est vite dit Camille !