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Un visiteur
4,0
Publiée le 15 avril 2014
Dans ce huis-clos bien ficelé, Lino Ventura enfile le costume d'inspecteur et convoque Michel Serrault au commissariat le soir du 31 décembre. Appelé comme simple témoin, son statut va rapidement changer en suspect lorsque le dossier sera ouvert et que des éléments de l'enquête feront surface. Ces deux grandes figures du cinéma français vont se livrer un duel intarissable et poignant, écrit d'une main de maître. Le spectateur assiste à cette altercation assoiffée sans savoir sur quel pied danser. Une grande intensité concentrée sans temps morts.
De part son sujet le film est déjà fort et ce n'est pas les acteurs qui vont contrarier la montée en puissance du scénario. Une interprétation de haut vol pour cette histoire sordide et l'ambiance glaciale et malsaine qui dérange. Une tension qui se ravive avec l'arrivée de Romy Schneider, volontairement laide par son aspect et sa façon d'être en se vengeant de son malheur auprès du policier. Le suspense final n'est même pas salvateur pour le spectateur qui va rester sur une note de misérabilisme tenace. Fort.
"Garde à vue", c'est le genre de film qui vaut pour son duel d'acteurs. Lino Ventura incarne un flic façon force tranquille, à l'apparence calme mais qui parvient à passer sur le grill à petit feu son suspect. Ce dernier, incarné par Michel Serrault, est un riche notaire accusé d'avoir tué et violé deux fillettes. Arrogant, intelligent, faisant preuve de détachement et d'humour, semblant jouer un trouble jeu, il se montrera coriace face à la police. La mise en scène est très sobre, exploitant un lieu quasi unique pour se focaliser sur cette incroyable passe d'armes entre deux vétérans du cinéma français, ici à leur sommet. Et si les dialogues de Michel Audiard sont moins théâtraux que d'habitude, ils n'en demeurent pas moins relevés et fins. De même que le scénario, très habile. Le film démarre d'emblée sur l'interrogatoire, sans présenter l'affaire au spectateur, et se centrant sur des détails qui vont embourber le notaire. Une progression maîtrisée, qui épaissit peu à peu ses personnages. Et livre des rebondissements étonnants dans les dernières minutes. Le film étant court (1h24), on n'a d'ailleurs aucunement le temps de s'ennuyer ! Au passage, on y trouvera quelques techniques pour débusquer le mensonge (utilisées par la police ?). Telles que poser des questions ouvertes, ou forcer un suspect à construire son histoire, pour mieux la démonter.
Récompensé par quatre Césars, un huit-clos oppressant mettant face à face deux acteurs ne lâchant rien, transcendé par les dialogues aux couteaux d'Audiard.
L’un des fleurons du cinéma policier français se déroule depuis 45 ans, à huis clos, dans un face à face entre deux hommes au milieu desquels se glisse plus ou moins adroitement un troisième personnage . Un notaire suspecté de deux viols et crimes, sur des fillettes. Un inspecteur de police et son adjoint, bien souvent désaccordés sur la manière de mener l’interrogatoire. C’est la matrice du système que Claude Miller élabore sur les écrits du romancier John Wainwright ("À table!") et les dialogues d’un Audiard en très grande forme. Ils le sont d’ailleurs tous dans ce polar sans rature, Michel Serrault, Lino Ventura, Guy Marchand et l’unique femme de l’aventure, Romy Schneider dans un second rôle aux accents majeurs . Miller embrigade tout ce petit monde dans l’angoissant dédale des consciences étouffées par l’orgueil, le mépris, la suffisance. Le constat du verdict est aussi froid que la démesure de l’engagement humain porté par ce film à haute définition. A jamais présent ! AVIS BONUS Beaucoup d’interventions, diverses et enrichissantes, autour du film, du thème, de la particularité de la mise en scène, de la notion de travail au cinéma Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Une confrontation sur le mode du chat et de la souris, sur des mots de Michel Audiard, entre Lino Ventura et Michel Serrault. La temporalité de la nuit est magnifiquement retranscrite. Au delà de l'intrigue sordide, se dessine une peinture de la réussite sociale et de la jalousie qu'elle engendre dans les milieux provinciaux. Michel Serrault est formidable d'ambiguïté, mi agaçant et mi-attachant. Enfin, le film montre les secrets intimes qui traversent les relations humaines. Le dénouement est par contre un peu raté jouant sur trop de coïncidences mais cela reste un grand film cloisonant et palpitant.
Un huis clos captivant dans lequel faux-semblants et secrets se dévoilent à l'ombre d'un mot ou d'un regard grâce à des acteurs efficacement subtils, une mise en scène pensée avec maîtrise et des dialogues savoureux qui ajoutent une dimension psychologique à ce sombre policier dont le parti pris de laisser un doute planer jusqu'à l'ultime image renforce l'impact sur le spectateur - quoi que la tension toute nerveuse ne joue pas sur l'émotion. Indubitablement réussi!
Je l'ai vue quand j'étais gosse et je l'avais trouvé très long. Mais là la seconde fois, le film reste très prenant. Il persiste une bonne ambiance de confinement. La nuit de Saint-Sylvestre en l'occurrence. Lino Ventura joue vraiment très bien, avec Michel Serrault. L'ambiance reste pesante et bien réfléchi.
Un soir de réveillon pluvieux, un notable est convoqué au commissariat pour une simple formalité. Mais au fil des heures, l’interrogatoire s’épaissit, les questions se resserrent, et la vérité se dérobe. "Garde à vue", c’est l’art de faire monter la pression sans bouger d’un bureau. Claude Miller signe l’un des plus grands huis clos du cinéma français, en maîtrisant à la fois l’espace, le rythme, et les bascules de pouvoir. Ventura, massif et fermé, face à Serrault, d’une ambiguïté déroutante : le face-à-face est tendu, précis, sans effet. Rien n’est forcé, tout est tenu. Et les dialogues d’Audiard, fins, secs, parfois presque banals, renforcent l’authenticité de l’ensemble. Pas de punchlines pour briller, juste ce qu’il faut pour faire glisser les silences. C’est un film d’acteurs, mais surtout un film de mise en scène, discret et redoutable.
Le prototype du film qui me met dans l'embarras pour en écrire une critique. D'un côté un duo magnifique d'acteurs à l'apogée de leur art, Lino Ventura et Michel Serrault. De l'autre une fin brutale, comme s'il manquait une scène pour expliquer ce qui s'est passé. Le spectateur reste en suspens avec ses questions. Pourquoi la seule découverte de la fille dans la voiture de Jabelain suffit à disculper Martinaud ? Qu'est-ce qui motive Chantal (Romy Schneider) dans son geste ? Pourquoi aucun policier n'entend rien dans la cour du commissariat ? Et surtout : que s'est-il passé ? Alors on se régale des répliques de Michel Audiard. Comme lorsque Belmont (Guy Marchand) dit à son chef : "Antoine, je ne sais pas ce qui me retient de lui envoyer la machine dans la gueule." Réponse d'Antoine (Lino Ventura) : "Le règlement Belmont." Ou encore Martinaud (Michel Serrault) à propos de sa femme : "Le contraire de Chantal : les putes sont des femmes qui vous donnent beaucoup de choses pour relativement peu d'argent." On notera au passage un marqueur très années 1980 affiché au mur du commissariat : un calendrier de pin-up. Ce doit être plus rare en 2026...
Un très grand film qui n'a pas pris une ride. Ce quasi huis clos voit s'affronter deux immenses comédiens : Lino Ventura et Michel Serrault. Les deux acteurs sont au sommet de leur art. Les dialogues ciselés fusent et le scénario est très prenant. Cette garde à vue devient une joute verbale entre un commissaire (Ventura impérial) et un notaire (Serrault prodigieux) suspecté du meurtre de deux petites filles. On notera aussi la très jolie prestation de Romy Schneider dans un petit rôle sans oublier Guy Marchand excellent en flic revanchard. Michel Serrault trouve ici un de ses plus beaux rôles et sa prestation magistrale sera d'ailleurs justement récompensée d'un césar. Claude Miller filme ce duel avec efficacité. Bref un petit bijou dans son genre.
Un huis-clos particulièrement prenant où le face à face entre un inspecteur incarné par Lino Ventura et un notaire qu’il soupçonne du viol et du meurtre de deux fillettes campé par le trouble Michel Serrault tient en haleine. La précision des dialogues de Michel Audiard associé à la mise en scène très sobre de Claude Miller ainsi qu’à sa direction d’acteurs remarquable permet à « Garde à vue » de maintenir l’intérêt jusqu’au dénouement final inattendu.
"Garde à vue" a pris un sacré coup de vieux mais reste un huis clos de référence grâce aux grands acteurs qui se partagent l'affiche et qui servent à merveille d'excellents dialogues.
Voila comment le jeu d'acteurs de 2 immenses mastodontes du cinéma Français ainsi que les dialogues pertinents du maître Audiard peuvent totalement sublimer un scénario intéressant mais somme toute assez banal. Claude Miller n'a pas du s'employer beaucoup sur son film avec des atouts comme tels dans sa manche. On peut juste regretter le dénouement un peu étrange.
Un film policier plutôt de qualité et prenant d'un bout à l'autre, on ne s'ennuie pas , même si sa tourne vite en rond . Tous le casting arrive à être au top avec des excellente interprétation . Des dialogue de Michel Audiard qui sont pas tous de qualité hormis quelque phrase (réplique ) au dessus de la moyenne il ne sait pas bien fouler on va dire . Intéressant dans son originalité traiter une garde à vue intégralement en huit clos je crois même que c'est première fois, c'est réussie ! la durée courte permet de ne pas décocher c'est un plus pour le film . une gageure brillamment tenue, dont le succès prévisible sera dû à l'intérêt du sujet et à la qualité de la mise en scène tout autant qu'à la réputation des interprètes. . Le face à face Lino Ventura (l’inspecteur Gallien) avec Michel Serrault (le notaire) est dantesque. une savoureuse étude de personnages, une enquête passionnante retournement de situation et imprévue viennent rythmée tous cela.
Le film raconte la garde a vue le soir du reveillon d'un avocat réputer ( Michel Serrault ) mis en examen pour le viol et le meurtre de deux petites filles . Alors qu'il clame son innocence l'inspecteur ( Lino Ventura ) charger de l'enquête ira jusqu'au bout pour denouer le vrai du faux et connaître la vérité .